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  • Pascal LamachèrePascal Lamachère
    Maître des clés

      Sirwen et Astrysh sont dans une pièce où il y a un carton au sol près d’une table mise dans un coin, des pots en dessous. Deux cartons sont dessus, de part et d’autre des sacs de riz, de lentilles, de haricots rouges, de pois chiches, de farine, de pommes et de raisins secs, et quelques papiers sur lesquels sont imprimés une lettre dont les spectateurs devraient pouvoir deviner le logo « Utopistes ».

      Sirwen donne 27 coups sur un tambour, huit séries de 3, une de 2 et une de 1.

      Sirwen : « Super, j’aime bien le son que fait ce tambour chaman végan,
      merci Astrysh pour le cadeau, je m’en servirai pour me défouler, exorciser,
      mais aussi à chacune des réunions, pour inaugurer, consacrer. »

      Astrysh : « Avec plaisir Sirwen, et euh, pour revenir aux cartons d’aliments,
      j’ai des scrupules d’y ajouter nos tracts en pareilles circonstances. »

      Sirwen : « Idem, mais même si cela peu paraître limite indécent pour les endeuillés,
      ils devraient comprendre l’intention, que c’est pour en éviter d’autres, de la résilience,
      que sur les cendres, passée l’affliction, tel tuteur, pour du meilleur, cela peut être une opportunité. »

      Deux personnes rentrent dans la pièce. Une femme vêtue d’un t-shirt et pantalon noir et un homme d’un t-shirt gris et d’un pantalon beige, une besace végane en bandoulière.

      La femme : « Bonjour ! Désolé pour le retard, nous venons prêter main forte ! »

      Sirwen : « C’est vous qui m’avez écrit avoir eu une révélation, en quelque sorte,
      après avoir lu une de nos affiches, que cela entrait en résonance avec vos préoccupations ? »

      Les deux acquiescent. L’homme sortant deux sacs de denrées et des billets de sa besace :
      « Oui, et euh, ceci dit, pour mettre cartes sur table, me taraude une question,
      même si je pense que la réponse va de soi, que dans l’absolu pas besoin de la poser  :
      c’est pas un peu contradictoire de vouloir créer une société sans argent, ou au moins une révolution de l’économie,
      mais d’avoir besoin, pour ce faire, de dons, de compter sur les rouages classiques de l’économie ? »

      Astrysh, secouant la tête : « Ah, si vous savez déjà que la réponse va de soi, a-t-on besoin d’expliciter ?
      Si on considère que le système est un océan, il faut composer avec, pour en changer.
      Bon, la comparaison se discute, mais l’important c’est d’être d’accord sur où on veut aller
      et de comprendre les besoins, les difficultés et la stratégie pour essayer d’y arriver. »

      La femme donnant une petite tape sur le crâne de l’homme :
      « Pardonnez-le, il ne peut s’empêcher de jouer le capitaine évidence,
      et bon, euh, vous avez besoin d’aide pour les cartons ? Par quoi on commence ? »

      Sirwen fait oui de la tête en montrant la table :
      « Nous préparons un envoi pour la Turquie et un pour la Syrie,
      puis nous mettrons des graines en pot, en prévision du printemps,
      pour lancer les incroyables comestibles ici, l’esprit de leur mouvement. »

      Pendant que Sirwen, que l’homme et la femme s’affairent, Astrysh consulte un téléphone portable, le dos tourné à la scène, et lorsqu’il se retourne, se tourne vers le groupe, il a le teint un peu livide.

      Astryh : « J’ai reçu la notification d’un média dédié à l’écologie,
      alertant à propos du glacier de l’apocalypse, son état, sa fonte à se briser.
      Bon, le surnom du glacier Thwaites est peut-être exagéré,
      mais c’est un signe révélateur de l’urgence, des hors contrôles rétroactions. »

      La femme : « Nous avons songé à rejoindre le groupe Extinction Rébellion,
      peut-être se joindre à de leurs actions tout en militant pour une révolution de l’économie ? »

      L’homme : « Oui, ceci dit, n’oublions pas, comme un ancien président du GIEC l’a dit,
      il y a une cause plus importante à défendre que les problèmes environnementaux :
      celle du respect de la vie, et même si quand il l’a dit il pensait surtout à moins de cadavres d’animaux,
      il ne faudrait pas en délaisser pour autant l’aspiration au véganisme, quand possible, pour l’humanité. »

      Tous acquiescent.

      Astryh : « Je suis entièrement d’accord, il faudrait que nous puissions militer
      à la fois pour les soucis environnementaux, le besoin de système viable, de révolution de l’économie,
      et pour le véganisme pour l’humanité, favoriser ce qui permettra un tel mode de vie,
      c’est d’ailleurs notre projet, le mobile du groupe des Utopistes, des idéaux à concrétiser.
      Toujours est-il que savoir que le glacier de l’apocalypse est sur le point de céder
      et que pendant ce temps la plupart ne s’en soucient pas, c’est décourageant. »

      Sirwen : « Oui, mais ne nous laissons pas décourager pour autant,
      faisons de notre mieux tant que nous sommes encore vivants,
      advienne qu’adviendra, et puis nous pouvons en faire un argument
      pour sensibiliser, pour la prise de conscience, éveiller des gens,
      faire passer à l’action, multiplier les actions, au fil des instants. »

      Tous acquiescent et continuent leur tâche. »

      Œil d’aigle prit quelques gorgées de sa tisane, les yeux rivés sur l’écran, les leva ensuite au ciel, du moins au plafond, en pensant à moi et à la tâche que nous nous étions donnée, puis alla se reposer.

       

      Essai de lecture du 25 et 26 février : https://indymotion.fr/w/p/jWBKt8zcJK9NQZgfzQ67cY?playlistPosition=28

       

      Pascal LamachèrePascal Lamachère
      Maître des clés

        Assise devant son ordinateur, une tisane de réglisse à côté du clavier, elle les relut, laissa infuser son inspiration, savourant son escapade imaginaire, dans la brume de tous les possibles avant d’y continuer de former les paysages lettrés, de forger par l’esprit ce qui sera ancré, en suivant les grandes lignes de l’histoire, du synopsis qu’elle avait en tête.

        « Titre provisoire : Utopie,
        du rêve à la réalité.

        Sirwen, une dame vêtue d’une robe végane blanche, la tête levée, contemple une photo montage de mise en abîme du Penseur d’Auguste Rodin encadré et accroché au mur d’un salon sobrement meublé avec des matériaux végans, et après quelques instants prononce quelques mots comme si elle s’adresse à lui.

        Sirwen : « Alors, mon bon monsieur, c’est pour quand
        que vous arriverez à vous redresser ?
        Ne croyez-vous pas qu’il serait temps
        de passer des pensées aux actes, idéaux concrétiser ? »

        Astrysh, un monsieur vêtu d’un trench-coat vegan noir ouvre une porte et rentre au cours de la troisième phrase.

        Astrysh, s’approchant d’elle : « Tu parles aux tableaux, maintenant ?!
        Si tu veux parler à une personne, tu m’as moi ! »

        Sirwen : « Pfff… Arrête de faire l’idiot, de te moquer de moi,
        et tu devrais pourtant savoir, depuis le temps,
        que les images peuvent s’animer dans nos esprits,
        et qu’il n’y a pas plus grand pouvoir que l’imagine dans la vie
        aligné à l’intention du cœur, des cieux en contingence. »

        Astrysh : « Pardon, oui, tu as raison, ma belle essence,
        ceci dit, il y a eu un drame en Turquie et Syrie,
        un tremblement de terre dévastateur,
        à cause de bâtiments non adaptés, en partie,
        certains considèrent du fait du Capitalocène qui renforce les malheurs,
        et avec le risque de dégénérescence en Ukraine et souci climatique,
        et les crimes, le massacre quotidien d’animaux à cause des spécistes non végans à la politique,
        je me dis que nous sommes pas rendus, qu’il faudrait que nous militions
        pour que les vivants se secouent vers un meilleur horizon.
        Peut-être commençons par unir notre imagine ? »

        Sirwen : « On a déjà fait plusieurs fois le tour de la question,
        on va pas faire éternellement comme le penseur pour l’action. »

        Astrysh : « Oui, mais nous en avons pas encore ancré une doctrine,
        cela peut être utile pour se le rappeler, ne pas se laisser mal influencer. »

        Sirwen : « Peut-être, mais d’autres l’ont fait, on pourrait compiler ?
        Et pour le moment ouvrir le quartier général des Utopistes
        et inviter les bonnes volontés à sa joindre sur la piste,
        et envoyer ce que nous pouvons pour la Turquie et Syrie,
        avec une invitation à remettre en question le système et l’alimentation ? »

        Astrysh : « Oui, d’accord, très bonne idée, ainsi faisons. »

        Pascal LamachèrePascal Lamachère
        Maître des clés

          Précision, au cas-où certains comprendraient mal du fait de la polysémie des mots et du fait du sens premier de l’expression : quand j’écris « Citoyennes et citoyens du monde,
          mettons les voiles pour ne plus accepter les bêtises, »

          ce n’est pas un appel à fuir ses responsabilités mais à ne pas subir, à essayer autant que possible d’être proactif, à faire comme Stan Thuret. C’est-à-dire métaphoriquement mettre son « bateau » en route, écrire son histoire, son destin, pour ses idéaux, ne pas se laisser décourager par la conscience de certaines difficultés, sans trop pouvoir savoir si nous y arriverons.

          Ceci étant précisé, la lecture du texte et l’écriture de ces vers me ramena aux objectifs, au questionnement sur la stratégie.
          Le modèle WikiLeaks nécessiterait un travail journalistique de fond, de grande envergure, de pouvoir faire confiance à des gens qui savent fait la part des choses. Ce que faisait WikiLeaks et des médias indépendants. Donc peut-être plutôt lister les divers scandales et soucis avérés par eux pour celles et ceux qui n’auraient pas encore lues leurs publications.
          Pour la partie bibliothèque d’informations des idées de solutions, se concentrer sur la remise en question systémique, et ce qui est écologique et éthique, tel que le véganisme antispécisme.
          Pour le groupe, j’hésitais encore. Pour rappel, je voulais mettre en place ou participer à la mise en place de ce qui permettrait une société viable tel que l’avait évoqué Peter Joseph au cours de la conférence « Une société viable » : https://peter-joseph.medium.com/a-viable-society-full-transcript-ac12c123fa53
          Mais je commençais à perdre confiance quant à ma capacité à fédérer et je ne connaissais pas encore de groupe avec ce genre d’objectif dans mon pays.

          Je fis une petite recherche avant de me reposer pour le reste de la nuit. Je découvris le mouvement des Incroyables comestibles, de citoyens voulant démocratiser les lieux de jardinage, l’alimentation végétale, accessible gratuitement tant qu’il y en a, tant qu’il y en aura. Je lus certains adeptes de guerilla potagère considérer qu’il ne fallait pas attendre d’avoir d’autorisation de jardiner dans tel ou tel lieu, mais je trouvai l’initiative excellente, à encourager, il y avait complémentarité et non antinomie.
          Je mis de côté, sur la liste, les liens en question :

          Site des Incroyables comestibles : http://lesincroyablescomestibles.fr/

          Apéro visio – Comment s’est passé votre Incroyable Printemps ? : https://www.facebook.com/events/585492173460428/

          Guerilla potagère : https://jardinons.wordpress.com/2008/04/19/guerilla-potagere/

          Et puis je découvris les initiatives pour de la « démocratie plus directe » sur le plan politique et économique, dont certains pensaient que cela devait être notre cause commune. Pourquoi pas ? J’ajoutai dans ma liste de livres à lire « Notre cause commune » et « Vaincre Macron » et en site internet à compulser, le site du réseau salariat.

          J’étais tellement fatigué que je m’endormis presque sur le clavier au cours de la lecture de L’enjeu du salaire : https://wiki.gentilsvirus.org/index.php/L%27enjeu_du_salaire

          Je m’étais demandé si au cours de la nuit j’allais me réveiller dans le futur / mon présent, reprendre conscience dans mon corps, mais je me mis à dormir et rêver comme si j’étais encore incarné dans cette ère.

          Je fis une série de très étranges rêves. Certainement liés aux lectures et préoccupations. Je ne puis m’en souvenir en détails, surtout des symboles forts, tels que danger latent en méditerranée, une lutte contre un sentiment d’injustice, une empoignade, et rencontre d’une dame ressemblant à Œil d’aigle, et une phase le cœur battant la chamade.

          De son côté, avant de s’endormir, Œil d’aigle s’était mise à écrire les premières lignes de sa pièce.

           

          Essai de lecture du 23 et 24 février : https://indymotion.fr/w/p/jWBKt8zcJK9NQZgfzQ67cY?playlistPosition=27

           

          Pascal LamachèrePascal Lamachère
          Maître des clés

            Pendant que je m’affairai au site, une végane envoya un message de soutien à la cause, à en mettre les points sur les i.

            Œil d’indignée : « Bande de réactionnaires, bande d’hypocrites !,

            c’est très bien de se faire du souci pour diverses formes de vie, mais si vous étiez un tant soit peu logique, cohérent, honnête, plutôt que de vous en servir comme prétexte pour vous conforter dans votre consommation de cadavres d’animaux et de produits issus de leur exploitation et de fil en aiguille de leur massacre génocidaire,

            vous vous informeriez mieux, et si votre souci devait être sincère, vous en deviendriez frugivore. C’est ce qu’ont fait et font des jusqu’au-boutistes.

            Aussi, clairement, vous n’avez aucune bonne excuse à préjuger comme vous l’avez fait sur le véganisme. Alors même si pour l’instant vous n’arrivez pas à remettre en question vos mauvaises habitudes, merci de cesser d’intoxiquer le sujet par vos préjugés, par vos mauvais jugements, votre inconscience, votre inconsistance. »

            Je fis une pause pour lui répondre :

            Moi : « Merci de nous avoir éclairé par votre avis,
            votre réflexion, votre conscience des soucis. »

            Et ensuite lire et écouter quelques informations du jour, du moins de la période.

            L’horloge de l’apocalypse avait été rapprochée du point de non retour, la peur de l’usage d’armes nucléaires prégnante : « Nous n’avons jamais été aussi près de la catastrophe nucléaire » : https://www.investigaction.net/fr/helen-caldicott-nous-navons-jamais-ete-aussi-pres-de-la-catastrophe-nucleaire/

            je tombai sur un lien évoquant les responsabilités originelles : Poutine a-t-il bombardé le premier en Ukraine ? : https://www.youtube.com/watch?v=VikTgHIT9O0

            et les indicateurs climatiques étaient de mauvaise augure, le directeur de l’institut d’urgence climatique et d’autres alertaient sur l’urgence, suggérant en solution, entre autres, de cesser immédiatement l’utilisation des énergies fossiles : https://twitter.com/PCarterClimate

            Sur le fil de notre ligne temporelle, une tragédie nucléaire n’était pas censée arriver aussi tôt, de même que le carnage de la vie dans les océans. Des événements du passé avaient-ils été / seront-ils changés par un autre voyage temporel, ou les informations anxiogènes prennent-elles source du dépit face au manque d’actions concrètes ?
            Je n’étais pas certain d’avoir bien compris le principe des branches du temps, il me semblait peu probable que cela soit à cause d’autres voyages, d’autres changements, et les informations basées sur l’interprétation des indicateurs me semblaient pertinentes.
            Je me dis alors que certaines actions à venir devraient limiter les dégâts pour quelque temps, pacifier le conflit en Ukraine, même si pas suffisant.

            Ma curiosité me poussa à lire sur d’autres sujets, divers articles de divers médias qui ne seront plus accessibles à mon époque, dont certains faits divers sordides et la situation en Palestine et en Ukraine, à en être écœuré. Et la situation personnelle de mon étant fit qu’il se sentait assez seul, pas mal démuni, ce qui renforça le souci.

            Synchronicité bienvenue, je reçus un lien d’Œil d’arbre qui me mit un peu de baume au cœur :

            « Tiens, lis cela, c’est d’un média indépendant qui informe et milite pour du bien commun :

            Présentation de la publication : Un peu d’inspiration aujourd’hui avec Stan Thuret, cinéaste-navigateur dont l’engagement pour la cause environnementale l’a mené à arrêter la course au large, après sept ans de compétition.

            A lire sur : https://www.facebook.com/M.Mondialisation/posts/pfbid02mm2fpUALJ3WqHfNAXkGXsEqe9kiTA5YsSjm8NezfjfYuD6x7aPF5AUSTKBSvDpojl »

            Après lecture, pour exorciser des maux, pour l’effet cathartique que procure l’écriture, je laissai s’encrer l’inspiration sur quelques vers :

            « Ô monde

            D’un côté les faiseurs de guerre,
            les massacreurs, les pilleurs de mer,
            les intoxicateurs de bonne volonté,
            les forces systémiques cherchant à réifier

            De l’autre, les guérisseurs, les pacificateurs,
            à vouloir prendre soin de toute la vie,
            les consciences à s’éveiller par cœur,
            s’élever, s’opposer pour des lendemains ravis

            Ô monde

            De la Palestine à l’Ukraine, la Russie,
            des animaux en cage à ceux en sursis,
            tout est en péril, tout peut encore être sauvé,
            des paroles aux actes, des eaux aux terres, par solidarité

            Citoyennes et citoyens du monde,
            mettons les voiles pour ne plus accepter les bêtises,
            fermes dans l’aspiration et souples face aux crises,
            vers un avenir radieux, des pensées fécondes. »

            Pascal LamachèrePascal Lamachère
            Maître des clés

              Œil d’aigle rentra chez elle en réfléchissant aux grandes lignes d’un scénario.

              Pendant ce temps, j’aurais dû l’anticiper, m’y attendre, je faisais plus un bide, je reçus une nouvelle salve de messages qui m’étaient « du non sens ». D’animistes obscurantistes et de trolls qui s’ignorent ou pas.
              Pour détailler un peu, l’une me trolla sur la nature et d’autres sur les plantes et le régime pour lequel serait soi-disant fait l’humanité. Ce fut comme si j’avais donné un coup de pieds dans une fourmilière peuplée de gens de mauvaise foi, de gens anti végans, de gens persuadés d’avoir fait le tour du sujet et s’étant convaincus que les végans étaient ceci ou cela et que les végans avaient tort d’être végans et qu’il ne fallait pas suivre leur exemple.
              En fait, pour enfoncer le clou, pour qui a sérieusement étudié le sujet, même avec les connaissances – à jour – de l’époque, ces messages étaient clairement un ramassis de mauvaise foi et d’inculture préjugeant, sur la base de mal pensé. De lobbies carnistes, ou influencés par eux ?
              Cela me rappelait mon étude des sites internet du « passé actuel » et ma conversation avec l’intelligence artificielle de notre cloche urbaine.

              Ainsi, j’eus du mal à ne pas les insulter, à maîtriser le tempérament indigné de l’étant décuplé par mon indignation et connaissances du futur, tant les réponses et les remarques, le « chipotage » sur la conception de la nature et la sensibilité des plantes me semblaient manquer de bon sens, relevaient d’un aveuglement, un sophisme, ne pas suffisamment y réfléchir, un subterfuge, une construction idéologique d’inconscients pour ne pas avoir à affronter leurs inconséquences, ne pas remettre en question leurs mauvaises habitudes. Et je ne sus trop quoi leur répondre pour ne pas être contre-productif, les amener à se remettre en question.

              En repensant aux séances de méditation avec Œil de souris et Œil d’abeille, je pris une grande bouffée d’air, j’essayai d’apaiser mon esprit, et dans la foulée j’évoquai les articles déjà partagés, leur demandai de bien prendre le temps de lire tous les articles déjà listés, en ajoutant à la liste un article philosophique sur la notion de nature : Discussion avec Paul Guillibert : vers un « communisme du vivant » ? : https://www.revue-ballast.fr/discussion-avec-paul-guillibert-vers-un-communisme-du-vivant/

              L’article : Les animaux-emballages : https://www.cahiers-antispecistes.org/les-animaux-emballages-2/

              Et l’article : Quelques réflexions au sujet de la sensibilité que certains attribuent aux plantes : https://www.cahiers-antispecistes.org/quelques-reflexions-au-sujetde-la-sensibilite-que-certainsattribuent-aux-plantes/

              En précisant que dans tous les cas, même en considérant les plantes comme des proies, l’article répondait aussi au souci, que c’était pas une raison pour continuer de consommer des « animaux emballage » et paradoxalement une bonne raison pour végétaliser son alimentation.

              En suggérant pour ceux qui manquaient de temps d’écouter en particulier l’épisode du podcast antispéciste : Sentience et principe de précaution : https://www.youtube.com/watch?v=9AJRqIQww80

              Et : Lecture Débat avec un carniste : https://www.youtube.com/watch?v=_F3N3ebIf9c

              Au final, pour moi, des railleurs, la seule remarque « critique » plus ou moins pertinente, bien que d’essence trolleuse et cocasse venant d’un dont la militance politique est qualifiée de telle par ses opposants, fut l’évocation d’un penchant sectaire et prosélyte. Non pas comme une secte prosélyte « déconnectée des réalités », comme une secte au sens péjoratif tel que devait l’entendre le troll, mais comme une tendance à ne plus pouvoir accepter le massacre d’animaux, ne plus arriver à accepter l’inconscience, les écocides, les crimes commis par la majorité des contemporains, un mode de fonctionnement contestables. Si ce n’est que suivant les mobiles ayant poussé à adopter un régime végan, et le temps passé à l’être, tous les végans ne devaient pas le ressentir de la même façon, c’est plus en ce qui concernait l’étant de ma vie antérieure et me concernait. Pour ce souci, nous étions sur la même longueur d’onde. Ce fut mon seul réconfort de l’instant.

              Et ce qui me fit penser à rajouter en post-scriptum du message du reproche de sectaire prosélyte :

              « P.S. : En fait, du point de vue végan antispéciste, c’est comme si un cannibale accusait les non cannibales – voulant l’empêcher de tuer et de manger ses congénères – de toutes sortes de travers, avait recours à de la rhétorique de sophiste, de mauvaise foi, pour justifier sa pratique, sa difficulté à remettre en question ses mauvaises habitudes.

              P.-P.-S. : Pour l’exprimer autrement, en plus d’être hypocrite de la part de militants politiques, de gens ayant une idéologie dont ils se revendiquent, l’accusation de prosélytisme reflète une carence d’empathie, une bêtise monumentale. A défaut, avant éventuellement évolution, d’éprouver de l’empathie envers les autres espèces d’animaux, essayez de comprendre que pour les végans antispécistes qui se sont éveillés à la cause animale, savoir le carnage quotidien et le mauvais sort fait aux animaux est intolérable, d’autant plus que l’humanité pourrait globalement, majoritairement adopté un régime alimentaire végan. Même si vous, vous avez du mal à concevoir de vous alimenter autrement, le végétalisme humain bon pour notre santé est un fait indéniable, prouvé et approuvé par des millions, voire plus, de gens. »

              En suivant le fil de mes réflexions, j’en vins à penser à la difficulté de communication, la citation de Bernard Weber : http://www.bernardwerber.com/unpeuplus/innerview/pages/Communication.htm

              et à la résistance au changement de ceux qui commentent en réaction sans prendre le temps de s’informer, cherchant probablement à jouer au plus malin ou se leurrant dans des « biais de confirmation ».

              Et j’en vins à me poser des questions sur la « nature humaine » influencée par cette époque, sur l’obscurantisme de la part de ceux qui prétendant lutter contre, mais aussi à ceux qui s’affichent de tel ou tel courant tout en ayant un comportement qui n’est pas cohérent avec ces étiquettes. Mais ce qui fut le plus ennuyeux pour moi, c’était moins la non conformité avec ce qu’ils affichent, avec l’apparence qu’ils cherchent tant bien que mal à se donner, une forme d’hypocrisie, que le fait qu’ils en étaient relous et mettaient des bâtons dans les roues du véganisme.

              Bon, certains me trouvaient sûrement aussi relous par rapport à leur ordinaire, leur mode de fonctionnement, mais bon, j’étais et je suis convaincu que je milite pour la bonne cause.

              Toutefois, craignant de desservir la cause dans ma façon de répondre, me vint l’idée de demander l’aide de quelqu’un qui ait une bonne compréhension des comportements de l’époque, sur le plan psychologique, pour m’aider à être efficace.

              A ma petite annonce, un m’envoya la pensée de la semaine partagée par un sage, un certain Matthieu Ricard :

              « La patience est, en essence, la capacité de supporter la souffrance sous toutes ses formes. Cette vertu est comparable à un terrain fertile où les fleurs des trois disciplines peuvent s’épanouir en répandant le parfum suave de leurs qualités. Pareille aussi à clôture qui protège ces fleurs, la patience présente trois aspects : il y a d’abord la patience qui permet d’assumer le fardeau des souffrances et des difficultés rencontrées lorsqu’on œuvre à son propre bien et à celui des autres ; puis la patience d’accepter, imperturbablement, tous les maux que les autres peuvent nous infliger ; et enfin, la patience qui consiste à ne pas craindre les enseignements profonds, comme ceux sur la vacuité [….].

              KANGYUR RINPOCHE (1897-1975)
              Le Trésor de précieuses qualités, p. 393-6.

              Source : https://www.instagram.com/p/Co65sWiuKPA/ »

              Je fis l’aveu de manquer de patience en certaines circonstances et de probable vacuité dans ma façon de procéder, et j’entamai une petite conversation en message privé avec celui – que je baptisai Œil d’arbre – qui m’avait envoyé cette citation. A la fin, après lui avoir fait part de ma lassitude et d’être interloqué de voir qu’autant de gens ne comprenaient pas le souci pour les animaux et le lien avec les luttes sociales et écologiques, dont le dérèglement climatique qui menaçait toute vie sur terre, il me répondit :

              Œil d’arbre : « Étant donné l’intensité à laquelle la cause animale te tient à cœur, tu devrais te ménager. Laminer les trolls sur le plan du raisonnement fracassera peut-être certains esprits obtus à provoquer de l’ouverture d’esprit et évolution vers le véganisme antispécisme, mais tu as déjà passé en revue les principales tirades de mauvaise foi. Quand ils prendront le temps de mieux s’informer à tête reposée, si ils ne se font pas avoir par leur tendance au biais de confirmation qui les conforterait dans leurs préjugés, ils évolueront sûrement.

              Maintenant, tu devrais plutôt te concentrer sur la lutte contre le système économique, pour la construction d’un nouveau. D’autant que pour le moment, on est pas si nombreux que cela à pouvoir et vouloir prendre le temps de participer. »

              Je considérai que les salves de messages trolls – que je ne pouvais m’empêcher de qualifier comme tel – reçus étaient rédhibitoires, reflétaient un manque de bonne volonté, un formatage, une inconscience, une mauvaise foi de la part des émetteurs, dangereux à l’ère où il y a risque d’apocalypse du fait du manque d’actions concrètes, sachant que le véganisme en est une même si problème systémique, mais je me dis qu’il avait raison sur la stratégie, que je devais laisser une chance à celles et ceux prêts à participer. Je m’accordai toutefois jusqu’au lendemain le temps de prendre une décision sur la structure du collectif, en commençant, en attendant, à mettre en place le site internet qui y sera dédié.

               

              Essai de lecture du 21 et 22 février : https://indymotion.fr/w/p/jWBKt8zcJK9NQZgfzQ67cY?playlistPosition=26

               

              Pascal LamachèrePascal Lamachère
              Maître des clés

                A cet instant, elle, son étant, discutait avec le metteur en scène d’une pièce dans laquelle elle allait jouer avec de ses élèves, de sa troupe, en soutien à l’Ukraine. Elle était contrariée de devoir ainsi prendre parti, sans connaissance approfondie du conflit, de la cause à effets, même si le bon sens de la solidarité était d’apporter de l’aide aux populations attaquées, mises en danger.

                Après avoir rejoint les coulisses, elle s’isola dans un bureau pour étudier le sujet, apprendre des informations de médias alternatifs, tels que :

                INVESTIG’ACTION : https://www.investigaction.net/fr/?s=Ukraine

                Et des articles de la Revue Ballast, dont celui où il fut question du regard de Noam Chomsky, un penseur reconnu de cette époque : https://www.revue-ballast.fr/?s=Ukraine

                Et des avis d’écologistes sur le cause à effets, qui dénonçaient le rôle des énergies fossiles, invitaient à cesser de les subventionner et ne pas faire le jeu des marchands de guerre.

                Cela la fit penser à des vidéos du journal de Personne, dont deux en particulier :

                LES TERRORICHES : https://www.youtube.com/watch?v=R2J6hfpFWFw

                Les yeux de Gaza : https://www.youtube.com/watch?v=nPyP_RevhbQ

                Avec le fait qu’un certain nombre qui prenaient parti pour l’Ukraine ou la Russie, un camp ou l’autre, avaient tendance à occulter des victimes de la guerre : l’environnement, les écosystèmes, les animaux.

                Elle décida de jouer son rôle dans la pièce en ajoutant quelques lignes de dialogue – au cours d’une joute verbale où son personnage devait donner la réplique à un groupe de membres d’une ONG en partance pour Kyïv – destinées à embarrasser chaque camp :

                Œil d’aigle : « Et le gaz, le pétrole, les énergies fossiles qui mettent la planète en danger,
                les animaux, l’environnement, les victimes sans voix, vous y pensez ?
                Les politiques de la Russie et de l’Ukraine, le système qui fait marcher le monde
                et l’Otan nous font risquer une guerre mondiale nucléaire, une fin de ronde,
                pendant que les marchands d’armes, d’essences et de charbons se frottent les mains.
                Citoyens, citoyennes, soyons solidaires envers ceux qui ont de nous besoin,
                mais n’oublions pas la cause des causes, pour être efficace même si plus compliqué,
                car il y a aussi le souci pour la Palestine et d’autres pays, la nature et toute l’humanité. »

                Elle fit grincer quelques dents, dont celles du metteur en scène, sans décontenancer ses camarades de scène, une actrice et deux acteurs qui devaient lui répondre, les ayant prévenus de son initiative, avec laquelle ils étaient d’accord.

                A la fin de la représentation, ils furent applaudis et les dons pour la cause assez généreux, et nul ne lui fit de reproches. Et à partir de ce moment elle se mit en tête d’écrire et faire jouer une pièce de théâtre inspirée de nos idéaux.

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                Maître des clés

                  Je reçus assez rapidement des réponses. Certaines assez déplaisantes, des « trolls provocations », des pleines de clichés d’idiots mal informés sur la richesse de l’alimentation végétale, du véganisme et sur l’intérêt santé d’un régime végétalien, et de propos de lobbies carnistes couplés à un certain nombre de moqueries.

                  Du style : « Oui à la verdure dans les jardins, non aux herbes, même hachées, dans mon assiette. »

                  « Encore un qui veut se la jouer Fsociety. Un conseil, prenez un raccourci : réveillez-vous ! »

                  « C’est bon, les filles et les gars, profitez comme moi de la fin du monde sur un transat. »

                  « Jésus, tu t’es trompé d’époque, va te faire voir et multiplier les pains chez les Grecs. »

                  « Les produits végans ne sont pas vos amis pour la vie. »

                  En réponse, je me contentai de les inviter à lire des articles, celui de Jérôme Segal « Qui sont les animaux ? » qui répond à des critiques, et d’autres :

                  Et de consulter les fiches nutritionnelles d’associations dédiées à la cause animale :

                  Et s’inscrire à un programme d’aide à la transition s’ils devaient manquer de motivation pour s’informer par eux-mêmes :

                  Et d’écouter le podcast Comme un poisson dans l’eau : https://www.youtube.com/@poissonpodcast/videos

                  Et de lire le livre Le mal du sucre pour limiter leur consommation de sucre en même temps.

                  Curieusement pour moi, le plus dur à convaincre, à inviter à remettre en question leurs préjugés et idéaux politiques, fut les adeptes de l’idéologie libertarienne se revendiquant du courant anarcho-capitalisme, semblant assez nombreux, peut-être bien majoritaires dans cette dimension d’internet que je découvrais. Non pas dur à convaincre par défaut d’arguments ou parce qu’adhéré à une thèse climato-sceptique complotiste où toute information contraire à leur point de vue serait douteuse. Juste que par principe ils n’étaient pas prêts à lutter contre le capitalisme, et encore moins passer du temps à compulser des documents qui chercheraient à leur expliquer par a + b leurs torts.

                  Malgré tout, je leur suggérai de voir ou lire les transcriptions de la conférence « Une société viable » (A Viable Society) et du podcast « Révolution maintenant ! », pour quand ils auraient le temps et l’envie : https://www.revolutionnow.live/

                  De notable, de constructif, des réponses reçues, quelques-uns suggérèrent des docs ou / et des façons d’organiser le collectif, en s’intéressant à ceux déjà un peu dans cette idée, cet objectif. Et puis il y a celles et ceux qui proposèrent leur aide, leur participation, dont des qui se considéraient sans « compétences précises ». Je leurs répondis :

                  « Si je puis dire, pas de soucis,
                  certaines tâches peuvent s’apprendre sur le tas,
                  et vous pourrez participer d’une manière ou d’une autre, au choix,
                  ne serait-ce qu’offrir votre temps de cerveau disponible, vos opinions, vos avis,
                  éventuellement enquêter pour vérifier ce qui relèverait de la véracité,
                  en s’intéressant aux publications, les lire, les regarder, commenter, partager,
                  participer à la stratégie et popularisation du mouvement sur le réseau commun.
                  En bref, du moment que vous êtes de bonne volonté,
                  comprenez l’importance des idéaux, du souci commun,
                  êtes prêt(e) à une Révolutionère société,
                  à une quête de mue,
                  vous êtes bienvenu(e) !»

                  Pendant ce temps, pendant que je me la jouais apprenti révolutionnaire, de ce que j’ai retenu de ce que Œil d’aigle me racontera, celle-ci avait ouvert les « yeux de sa conscience » sur le parvis d’un théâtre.

                   

                  Essai de lecture du 19 et 20 février : https://indymotion.fr/w/p/jWBKt8zcJK9NQZgfzQ67cY?playlistPosition=25

                   

                  Pascal LamachèrePascal Lamachère
                  Maître des clés

                    J’essayai de me concentrer pour la retrouver sur le plan de l’esprit, un peu en vain, je n’arrivai à voir au-delà d’un voile. Comme nous avions pu nous retrouver la précédente fois, nous n’avions pas songé à ce genre de circonstances, à ce genre de configuration et à un moyen de se retrouver. Je me réconfortai en me disant qu’elle pourrait agir de toutes façons de son côté, que sa vie ne devait pas être en danger, tout en réfléchissant à une procédure pour la prochaine fois.

                    Tout en se faisant, je pensai aux soucis de cette époque et possibilités de lutter contre le statu quo, pour nos idéaux, pour éviter l’apocalypse. Me vint à l’esprit, par l’étant de ma vie antérieure, de celle-ci, les histoires du film 8th Wonderland et de la série Mr. Robot, et le mauvais sort réservé à des lanceurs d’alerte tel que Julian Assange. Il y avait beaucoup de bonnes volontés à agir dans des collectifs ou de leur côté, dont les efforts étaient freinés par la culture dominante de l’ère, du Capitalocène, des taupes, des instances, des lobbies, tels que les climato-sceptiques, les lobbies des énergies fossiles, des carnistes, des marchands de guerre.

                    J’hésitai à rejoindre un collectif citoyens, ou à thème, défendant une cause, pour tisser quelques liens de confiance et faire un pont pour une synergie entre causes vers un horizon de révolution. Toutefois, en repensant aux destins tels que celui de Julian Assange, je me donnai dans un premier temps pour mission de participer à éviter qu’il soit extradé, que sa vie et sa voix soient sauves, ainsi que d’autres lanceurs d’alertes. Et en approfondissant son et leur dossier, cela me conforta dans l’idée de fonder un genre de société plus ou moins secrète avec des objectifs bien définis plutôt que d’éparpiller mes efforts à participer à plusieurs collectifs. Encore qu’il pourrait y avoir complémentarité. Et en tout cas, pour le projet anti apocalypse, pour en éviter le plus possible les infiltrations, cela me donna l’idée de recruter, quand cela sera possible, parmi les étants des vies antérieures d’autres concitoyens de notre cloche urbaine, voire aussi d’autres.

                    J’ouvrai une messagerie dont je donnerai plus tard l’adresse à Œil d’aigle – quand je l’aurai retrouvée, j’apprendrai qu’elle avait participé à une école de théâtre dans un autre pays, qu’elle avait lancé une pièce inspirée du livre Utopia, déposé des graines de révolution dans l’esprit de ses jeunes étudiantes et étudiants – et j’installai un logiciel pour accéder au darknet, et j’y partageai une lettre comme une bouteille à la mer :

                    « Bonjour chers Terriennes et Terriens,

                    Vous connaissez sûrement des scandales révélés par WikiLeaks et divers lanceurs d’alertes.

                    Un des soucis pour les voix qui s’élèvent contre les diverses corruptions, c’est les propagandes, la bataille médiatique et des mémoires courtes du fait d’une multitude de diversions. Sur le plan de la critique des médias, si vous ne connaissez pas encore, l’association ACRIMED https://www.acrimed.org/ fait un travail qui me semble d’utilité publique, de même que les médias qui soutiennent Julian Assange.

                    Un des soucis de notre époque, c’est le risque de troisième guerre mondiale et le dérèglement climatique, et toutes les injustices qui y sont liées. Et à moins que vous vous soyez faits avoir par le lobby des climato-sceptiques, vous devez être conscients qu’il est urgent de plus qu’en limiter les effets, s’attaquer aux causes profondes, aux écocides, à en mettre en place un système pérenne qui respecte la vie animale (vive le véganisme anticapitalisme, vive l’antispécisme), prenne en compte les soucis écologiques, ait à cœur la cause environnementale.

                    C’est limite mission impossible pour diverses raisons, mais comme l’a dit l’éminent Carl Sagan : si nous ne faisons pas ce qu’il faut maintenant, nos enfants et petits-enfants devront faire face à de très graves problèmes.
                    Pour remplir cette mission, en base, j’ai songé au modèle WikiLeaks couplé à une bibliothèque d’informations d’idées de solutions contre les défis de l’ère, de civilisation, et un groupe solidaire, d’entraides, des idéaux en commun dont l’aspiration à un système anticapitaliste. Avant, je vous demande vos suggestions, vos avis, vos idées, et si vous seriez volontaire, vos compétences.

                    Merci de votre attention ! »

                    Pascal LamachèrePascal Lamachère
                    Maître des clés

                      Il nous invita à nous asseoir sur un banc qu’il fit apparaître sur une paroi près de la cabine à ondes rouges et nous amena deux tablettes pour nous permettre de nous rafraîchir la mémoire sur cette époque d’ébullition française.

                      Œil de jour : « Je vais préparer une cabine cloche, je vous laisse étudier et réfléchir.
                      Quand vous serez prêts, vous n’aurez qu’à appuyer sur le bouton du milieu,
                      parmi les boutons du bas de la tablette, et j’arriverai pour vous y conduire,
                      après un détour dans la cabine blanche afin de vous vêtir d’une tenue adaptée à l’époque et le lieu. »

                      Nous nous appliquâmes à la tâche. Œil d’aigle écouta une conférence d’Henri Guillemin sur cette période pendant que je parcourus des fiches sur de ses personnalités et un texte de constitution. Une fois fait, nous hésitâmes quant à la façon de procéder.

                      Œil d’aigle : « Même si on pourrait considérer l’utilité de déposer des graines à germer, un souffle d’espoir
                      d’agir sur plusieurs périodes, si nous remontons trop loin, nos efforts seront égrainés,
                      et même si nous étions tous les habitants de la cloche urbaine à être prêt et pouvoir y aller,
                      je ne suis pas certaine que nous pourrions y influencer suffisamment le cours de l’Histoire. »

                      Moi : « Oui, tu me fais penser que je serais bien allé à la rencontre de Thomas More, l’auteur d’Utopia,
                      par curiosité et aussi essayer de réfléchir avec lui comment le populariser et lancer des communautés
                      qui appliqueraient ses principes, si ce n’est qu’au fil du temps il y aurait probablement perte de foi,
                      difficulté de perpétuer, tels que pour certains idéaux, certaines religions, des spiritualités sacrées.
                      Bon, nous pourrions essayer… »

                      Œil d’aigle : « Nous pourrions essayer, nous pourrons essayer, peut-être avant voir ce qu’on peut réussir à faire
                      par des voyages de réincarnation, dans la cabine rouge, à une ou époques charnières ?
                      Car si on pourrait alterner, il a laissé entendre un souci de ressources.
                      Peut-être lui demander avant de décider, de confirmer cette histoire de ressources ? »

                      J’acquiesçai, Œil d’aigle appuya sur le bouton et Œil de jour ne tarda pas à arriver. Il nous expliqua que nous pourrions alterner les façons de voyager dans le temps tout en confirmant qu’il valait mieux d’abord explorer nos vies antérieures si nous pensons pouvoir y impulser des changements, du fait de leurs limites, du fait du fonctionnement, de ce qui était nécessaire pour passer par un trou noir pour sortir par un trou blanc pour voyager en corps puis qu’il fallait y revenir pour voyager autrement.

                      Œil d’aigle : « Dans ce cas, nous serions tentés de retenter lors de la même vie antérieure que le précédent essai.
                      Même si pour une révolution systémique il faudrait suffisamment de personnes, qu’il y aurait urgence,
                      nous pouvons toujours essayer d’en convaincre par les réseaux, de diversifier les façons de militer,
                      et puis nous essayerons une précédente, puis une précédente, d’impulser à l’avance des quêtes de sens ? »

                      J’acquiesçai derechef. Œil de jour rerégla la cabine rouge dans laquelle nous entrâmes.

                      Quand je fus conscient d’être présent dans l’existence, rouvris les « yeux de ma conscience », j’étais seul devant l’écran d’un ordinateur, sans Œil d’aigle à mes côtés, à lire un article d’un militant anglophone, pestant quelque peu face à de ses propos que je considérais de l’ordre du troll, du « mal pansé ». Il commentait un article informant sur la découverte de « Plus de 100 enfants employés illégalement par une entreprise américaine de nettoyage d’abattoirs ». Je pris mon clavier à deux mains pour exprimer de mon avis, le contredire, dans une discussion quasi instantanée du fait de sa réactivité.

                      Moi : « Je comprends votre intention d’appuyer sur le souci systémique,
                      mais vous êtes au courant que des employés adultes dans ce genre de lieu
                      c’est aussi regrettable, que ne pas le dénoncer reflète un certain manque d’éthique ? »

                      Lui : « Peu importe votre morale, l’économie de marché est responsable en premier lieu,
                      et il est compliqué, voire impossible, pour le moment, de faire sans le jeu économique,
                      et nous y sommes tous des criminels, d’une manière ou d’une autre, à un certain niveau. »

                      Moi : « Comme écrit, je comprends que vous considériez le souci d’un point de vue plus ou moins holistique,
                      mais vous vous mentez à vous-même. Pour rassurer votre mauvaise conscience ? Vous en rajoutez des maux.
                      Pour info, des anciens travailleurs d’abattoirs, de boucherie, d’élevage, se sont reconvertis,
                      ils ont changé de métier et de régime, sont devenus végans, végétaliens, et ils ont témoigné de l’horreur de leur ancienne vie.
                      Il doit aussi y avoir ce genre de témoignage, de livre en anglais, si vous avez du mal avec le français. »

                      Lui : « Ne vous mentez-vous pas à vous même ? Si vous considérez le cause à effets, c’est des effets. »

                      Moi : « Pas vraiment. Pour le dire autrement, cela ne devrait pas être une raison pour juste dénoncer
                      le souci systémique sans évoquer la possibilité de fermer les abattoirs, d’évoquer les cas particuliers
                      qui infirment votre propos. Car certains sont hors système, font à leur niveau sans argent, tout en étant végan. »

                      Lui : « Tant mieux pour eux, mais il faudrait pouvoir changer le système en priorité,
                      et le véganisme c’est surtout les riches, les aisés qui peuvent se le permettre, s’alimenter autrement. ».

                      Moi : « Certes pour la priorité, mais c’est pas une raison suffisante pour ne pas évoquer du véganisme l’intérêt,
                      et sur ce coup, vous préjugez, par manque de connaissances sociologiques sur ce genre de sujet ?
                      Et si j’ignore peut-être certaines… difficultés dans certains pays, il n’en reste pas moins que vous avez tort, que c’est une fausseté.
                      Et si vous seriez tentés, êtes tentés de reprocher à des végans, du problème systémique, de ne pas se soucier,
                      vous pouvez le faire sans renier l’intérêt de l’alimentation végane, tout en abordant le souci pour les animaux.
                      Ainsi, je vous invite à vous informer sur la philosophie antispéciste, qui est normalement une pensée systémique, et vous laisse avec ces quelques mots : »

                      « Dans le cadre de votre enquête, avez-vous pu confirmer l’idée, très répandue, que les partisans de la cause animale sont économiquement privilégiés ?

                      C’est tout à fait faux. Pour mieux connaître ce milieu, j’ai pratiqué l’observation participante : la plupart des militants rencontrés vivent très modestement, souvent au RSA, et sont parfois en rupture avec la société. Je me souviens notamment d’une jeune femme d’une vingtaine d’années qui ne pouvait venir à une action prévue à Paris le 1er novembre 2018 — il s’agissait, le jour des morts, de présenter en silence des affiches révélant ce qui se passe dans les abattoirs sur une place parisienne emblématique — car elle n’avait pas les moyens de prendre un train de banlieue. Il y a aussi le mouvement « freegan » qui prône le véganisme en récupérant les invendus des marchés et supermarchés dans les poubelles. Ces militants ne viennent généralement pas du tout des classes aisées. Bon nombre de militants vivent sur des refuges qu’ils ont créés en pleine campagne pour les animaux qu’ils ont « sauvés » (ou « volés », selon la perspective), dans les abattoirs ou dans les élevages. Il y a aussi bien sûr des militants de type « universitaire », dont je fais partie, relevant d’une sociologie propre aux milieux qui permettent de faire de longues études, donc plutôt aisés. Mais ces universitaires font partie de ce milieu car ils sont universitaires, et non en raison de leur antispécisme, souvent tardif. »

                      Extrait de :  Jérôme Segal : « Qui sont les animaux ? » : https://www.revue-ballast.fr/jerome-segal-qui-sont-les-animaux/

                      J’arrêtai là la conversation écrite, fermai le navigateur et regardai par la fenêtre de la pièce bureau où j’étais, me demandant où était Œil d’aigle à cet instant, et ce qu’elle faisait.

                       

                      Essai de lecture du 17 et 18 février : https://indymotion.fr/w/p/jWBKt8zcJK9NQZgfzQ67cY?playlistPosition=24

                       

                      Pascal LamachèrePascal Lamachère
                      Maître des clés

                        Le retour à soi nous laissa la sensation que nos existences sont surréalistes, de vivre dans un monde parallèle, ou disons entre deux mondes. Effets d’une telle expérience ou avions-nous changé un peu le passé et notre présent n’est plus tout à fait le présent vers lequel l’univers a évolué, et nous en ressentons le décalage ?

                        Œil de jour : « Alors ? Cela n’a pas été trop compliqué, pas trop tortueux ? »

                        Œil d’aigle : « Vous nous aviez prévenu, cela ne fut pas de tout repos,
                        néanmoins agréable de pouvoir contempler de la terre et des cieux
                        sans se sentir enfermé dans un enclos, même si les cloches urbaines sont en réseau. »

                        Moi : « Nous avons pu changer un peu du passé ? C’était sûrement anecdotique
                        mais nous avons pu faire des choix et avoir de l’impact, même vivre un moment épique.
                        Et pour répondre à votre question, heureusement que nous n’avons pas de pouvoir divin,
                        mon courroux aurait été apocalyptique comme au temps de Noé. »

                        Œil de jour : « A ce point ? Et pour l’évolution, le changement de chemin,
                        vous n’avez pas été sans influence, mais vous avez été à un moment du passé
                        où il est un peu tard pour arrêter la cause des dérèglements et les rétroactions cruelles,
                        pas impossible, juste que nécessiterait un effet de masse, si je puis dire. »

                        Moi : « J’en suis conscient, de ce que j’ai retenu de mon étude du passé que nous avons eu en mire,
                        et nous avons constaté que c’est l’époque d’un système anesthésiant, d’abondance artificielle mais de rareté de l’essentiel,
                        favorisant des travers, des modes de vie sanglants, et où il est mis des bâtons dans les roues des aspirants à du meilleur. »

                        Œil d’aigle : « Par curiosité, nous pouvons savoir l’impact, si vous nous avons pu réveiller des cœurs ? »

                        Œil de jour : « Pas tout de suite, cela nécessite de pouvoir s’y connecter ou aller dans un autre fil du temps.
                        Pour le moment, vous êtes prêts pour une autre expérience ? Une autre incarnation de vos étants ? »

                        Œil d’aigle : « C’est… intéressant, merci, mais avant tout, pour notre objectif, notre mission,
                        il faudrait peut-être que nous puissions à un moment clé de l’histoire de la civilisation,
                        bien l’étudier, étudier ce que nous pourrions y faire et tenter d’appliquer notre plan ?! »

                        Moi : « Oui, et à ce propos, je serais tenté de faire un voyage dans le temps
                        au moment de la révolution française, ou un peu avant, mais pas incarné dans des étants,
                        qui sait quel sort nous a été réservé ou les exactions qu’ils, que nous y aurions commises ? »

                        Œil de jour : « C’est aussi très risqué si vous y allez en personne, après, vos soucis je comprends.
                        Bon, ce type de voyage nécessite de monopoliser certaines ressources, s’organise, toujours est-il qu’à votre guise. »

                        Pascal LamachèrePascal Lamachère
                        Maître des clés

                          Arrivés au croisement, j’eus l’intuition, si je puis dire, qu’il fallait que nous allions à gauche. Je pris la main d’Œil d’aigle et nous pressâmes le pas jusqu’aux berges d’un fleuve où nous nous sentîmes en sécurité. Il y avait non loin de nous quelques autres manifestants venus aussi fuir ici, dont un qui tenait une pancarte « Une civilisation durable est une civilisation sans technologie ». Drôle de coïncidence pas drôle, pensai-je. Nous allâmes à sa rencontre pour essayer de discuter avec lui. La discussion, le débat ne fut pas facile. Difficile pour nous de lui faire prendre conscience de ce qui nous étaient de ses erreurs de raisonnement. Non pas tant du fait de l’agitation ambiante et que nous n’étions pas préparés à débattre de ce genre de sujet à brûle pourpoint, contre des présupposés, des considérations des gens de son époque, ou pas que, plus du fait qu’il avait adhéré à une idéologie comme à une religion et semblait avoir du mal à accepter d’autres idées viables pour de la durabilité.

                          Moi : « Si j’ai bien compris, vous êtes un partisan du mouvement ATR,
                          un de l’Anti-Tech Resistance qui considère la fin de la technologie comme prioritaire ? »

                          Lui : « Tout à fait, il ne faut pas se leurrer, il ne faut pas rêver, la technologie
                          ne sauvera personne, c’est même la source des problèmes pour toutes les vies. »

                          Œil d’aigle : « Vous ne croyez pas que vous exagérez, et que vous vous méprenez entre cause et effet ? »

                          Lui : « Point du tout, seul le démantèlement du système technologique nous sauvera,
                          si vous y pensez bien, vous arriverez à la même conclusion, suffit de bien y penser. »

                          Moi, riant un peu jaune : « Je pense que vous faites probablement une erreur de stratégie, et que vous êtes plus dans l’arbitraire loi
                          que dans un raisonnement du cause à effet bien compris, et qui vous conduit à de l’aveuglement,
                          ou disons à être contre-productif, à faire ce que vous critiquez : vous leurrer et leurrer. »

                          Lui, riant jaune à son tour : « Pensez ce que vous voulez, concrètement, il n’y a pas 36 solutions pour une planète habitable, pour les êtres vivants,
                          il faut en finir avec l’ère industrielle, cela devrait être la cause commune, dans un même élan. »

                          Œil d’aigle : « Ne faites-vous pas une erreur de sémantique ? Et dans la lutte concrète, de priorité ?
                          Il y a industries et technologies, il y a dans quel but et pour quelle fin, et les moyens d’y arriver. »

                          Lui : « En fait, vous dénigrez le mouvement ATR sans bien comprendre les idéaux ?!
                          Et ne croyez pas qu’il y a de bon usage, que la croissance verte vous sauvera des flots. »

                          Moi : « Ne préjugez pas non plus. Nous sommes contre l’idéologie de croissance par principe, contre l’économie non économique pratiquée.
                          Et imaginons que vous avez raison sur les idéaux, sur la finalité, pour concrétiser
                          vous serez, vous êtes confrontés au même problème que les peuplades écologiquement irréprochables
                          qui sont les premières à subir les conséquences du dérèglement climatique, des irresponsables.
                          Et sans penser à un plan de transition ou pouvoir s’assurer que l’organisation sociale favorisera de la pérennité… »

                          Lui : « Par essence, un système non technologique, non industriel sera forcément pérenne. »

                          Œil d’aigle : « Peut-être bien, mais de quoi en douter, de quoi penser qu’il pourrait y avoir plus de peines. »

                          Moi : « Et en fait, à votre époque, beaucoup de gens sont persuadés de détenir les clés contre le système et les fascistes,
                          ou tentent de persuader qu’ils servent la cause principale, alors qu’il pourrait y avoir complémentarité,
                          que ce qui devrait compter, c’est la mise en place d’un système qui assure la pérennité
                          tout en étant raccord avec une certaine éthique telle que le véganisme antispéciste. »

                          Lui : « N’êtes-vous pas vous-même persuadés de la solution sans pouvoir être certain d’avoir raison ?
                          Et pourquoi tu parles de votre époque ? Tu es tellement rêveur que tu te désolidarises de notre époque ? »

                          Moi : « Euh… Oui mais non. Façon de parler, et de se projeter, comme si je jugeais depuis un autre rivage du temps, une autre époque
                          dans le cause à effets, en essayant d’être le plus juste et holistique possible, même si c’est vrai que je ne puis être certain d’avoir raison.
                          Toutefois, je t’invite à t’intéresser à certaines thèses, telles que celles de Bernard Friot, du réseau salariat, et de Peter Joseph, si ce n’est déjà fait. »

                          Je lui expliquai ensuite l’intérêt du véganisme antispécisme, lui envoyai quelques liens datant de son époque, tel que « Jérôme Segal : « Qui sont les animaux ? », à propos du souci économique, écologique, politique et éthique, de la cause animale, la cause palestinienne, un article où est abordé la critique de la part de certains et l’intérêt du véganisme antispéciste anticapitaliste : https://www.revue-ballast.fr/jerome-segal-qui-sont-les-animaux/ », puis nous discutâmes encore un peu des stratégies, des moyens de parvenir à un changement de système, à une révolution de système, de paradigme, tournant finalement un peu en rond dans la conversation. Avant de prendre congé, je le réinvitai à s’intéresser aux thèses évoquées précédemment, dont regarder la conférence « Une société viable » ou traduire – à l’aide d’une application – et lire la transcription dont je lui envoyai le lien :
                          Une société viable (transcription complète) : https://peter-joseph.medium.com/a-viable-society-full-transcript-ac12c123fa53

                          Je ne sais pas si nous avons réussi à le faire changer d’avis, à revoir l’ordre de ses priorités.
                          En fait, vous devriez l’avoir compris, le comprendre : nous étions raccords sur l’analyse de certains soucis, pas la cause première de sa militance « se focaliser sur la technologie comme principal levier de lutte », quand la focalisation devrait se porter tout simplement sur le fonctionnement systémique avec un objectif de pérennité, qu’une mauvaise ou pas assez bonne analyse engendre des erreurs de stratégie et freine l’avènement de solutions. Je pensais et pense qu’il manquait de conscience de la cause, des effets, de stratégies et de solutions, et que nous avons pas forcément pensé sur le coup aux meilleurs arguments pour le contredire, pour un monde meilleur. Je me rassurai en me disant qu’il y réfléchira de lui-même à tête reposée après avoir lu et vu les docs suggérés.

                          Alors que nous le laissâmes et avions commencé à nous promener sur les berges du fleuve, savourant la vue d’un paysage qui nous paraissait extraordinaire, nous eûmes une sorte de perte de conscience et l’instant suivant je me retrouvai à nouveau main dans la main avec Œil d’aigle, debout dans l’autre lieu de mon cauchemar, une arène au cours d’une manifestation d’opposition à la mise à mort d’animaux et pour la fin des abattoirs en slogans. Des gens coururent vers nous, l’air haineux. Ceux déjà arrivés à nous donnaient des coups de pieds à certains tout en tentant de secouer, de désolidariser par leurs mains. Je poussai un cri de colère, de rage qui les fit s’arrêter et me lançai dans un sermon qui m’a semblé être très inspiré.
                          Une fois terminé, la voix exténuée, nous quittâmes ce moment. Notre conscience, notre esprit fut ramené à notre époque.

                           

                          Essai de lecture du 15 et 16 février : https://indymotion.fr/w/p/jWBKt8zcJK9NQZgfzQ67cY?playlistPosition=23

                           

                          Pascal LamachèrePascal Lamachère
                          Maître des clés

                            Il nous fit nous placer dans une cabine à ondes rougeâtres dont il régla la date. Nous fûmes à nouveau, dans un premier temps, plongé en état de rêverie, pour ensuite être cette fois en état pleinement éveillé, pleinement conscient d’être vivant, d’être une forme de vie pouvant se mouvoir. Dès que j’ai ouvert les yeux à l’époque incarnée, à des instants d’une vie antérieure, je compris le côté déplaisant auquel Œil de jour devait avoir pensé : nous étions à battre le pavé le long d’une avenue, comme dans mon rêve cauchemar. Avais-je fait un rêve prémonitoire ? Ce que nous considérons « rêve prémonitoire » provient-il d’une certaine capacité de voyager dans le temps par l’esprit, ou des informations gravées dans l’atemporel qui fuitent, la conscience rêveuse qui y accède ?

                            Face à ce qui était exactement ce dont j’avais rêvé, cauchemardé, les questions affluaient, toutefois, les « événements » en arrêtèrent le flux. J’avais face à moi l’être, la dame qui avait débité des bêtises sur du consumérisme, en débitait, et qui ne devait pas être Œil d’aigle, pensai-je. Je me concentrai pour lui répondre avec ma conscience, mes connaissances du futur, faire front pour mettre un terme à ses préjugés, son inconscience, sa bêtise, avant de la laisser à ses réflexions et de continuer mon chemin.

                            Une autre dame se porta à ma hauteur. Elle avait entendu notre conversation et me fit signe. Passé l’instant de doute, je compris que c’était Œil d’aigle et lui fis le même signe en retour, puis nous parlâmes un peu tout en cheminant vers un rassemblement où trônaient des pancartes, des slogans invitant à « descendez de vos tours d’ivoire, sauvons les conditions de la vie sur terre » ; à « stopper les énergies fossiles » ; à « privilégier les humains, la vie, les êtres vivants, pas le profit » ; « justice climatique, justice sociale = anticapitalisme » ; « pas de vraie justice sans culture végane et antispéciste » ; « Vive XR, Extinction Rébellion en marche » ; « Révolutionnons l’économie, pas les retraites » ; « Macron à la retraite » ; « Une vraie économie est une économie anticapitaliste » ; « l’avenir est au véganisme, à l’antispécisme, et au non marchand ».

                            Moi : « Quand je vois cela, respire l’air libre, même si un peu pollué,
                            j’aurais presque l’impression d’être au paradis,
                            si ce n’est les propos de l’inconsciente de mon cauchemar et ce qu’on peut observer
                            en tournant la tête, en regardant certaines assiettes à des tables extérieures, qui ramènent aux soucis. »

                            Œil d’aigle : « Oui, cela me fait comme si nous passions d’un état de grâce
                            à l’enfer, ou disons au purgatoire avec des troubles en masse.
                            Au moins nous avons la chance d’être incarné dans des êtres raccord avec nos valeurs,
                            je n’ose imaginer si nous aurions dû composer avec un état de conscience de formatés
                            de cette époque où beaucoup doivent avoir de l’empathie quelque peu anesthésiée.
                            Il n’en reste pas moins qu’y assister, cela fait très mal au cœur.»

                            J’acquiesçai. Et à moins que nous puissions changer, influencer le mode de vie des « étants », des variations d’être de nos vies antérieures quand ils ne sont / nous sommes pas très éveillés, pas bien au courant, manquent de connaissances, pas encore bien conscients de ce dont nous sommes maintenant conscients, je me disais que plus qu’un purgatoire, cela reviendrait à vivre un enfer. Mais peut-être que nous le pourrions, que nous le pourrons.

                            Quand nous arrivâmes près du rassemblement qui se mouvait plus lentement, des bombes lacrymogènes furent lancées et l’atmosphère générale qui aurait pu être qualifiée de bonne humeur bien que ferme dans les convictions et dans l’aspiration à en découdre avec le statu quo et les réformes gouvernementales délétères, dégénéra, et comme dans ma « prémonition », nous fûmes confrontés à de la violence policière. Nous nous mîmes à courir dans le sens inverse, vers un croisement.

                            Pascal LamachèrePascal Lamachère
                            Maître des clés

                              Un guide, que j’ai baptisé Œil de jour, nous fut assigné et nous fit faire un tour des lieux en nous précisant qu’ils étaient en quelque sorte le fruit de l’union entre la transcendance et l’immanence, que le fil d’instant qui nous a amené à notre présent, à ce présent de l’univers, était une potentialité qui s’est réalisée mais que nous pouvions influencer le passé pour qu’une autre potentialité s’incarne, que l’univers suive un autre cours, sans que nous cessions d’être une potentialité. Un peu comme le concept des univers parallèles avec une multitude de variations, sauf qu’il y en a qu’un seul de concret et que les autres existent à l’état d’informations.
                              Il me semble en avoir compris la théorie, par contre, le fait d’incarner une potentialité qui est et pourrait ne plus être sans cesser d’être sur un certain plan dépasse un peu mon entendement, et j’ai songé à arrêter d’écrire sur ce qui nous est arrivé, arrive, arrivera, car que notre mission soit un succès ou un échec, je me suis dit que nul en aura l’utilité. Œil d’aigle m’a convaincu de continuer au cas-où.

                              Après le tour des lieux, vu la « zone de nature » qui ressemble un peu à l’intérieur de notre cloche avec une plaine d’eau et des arbres, sans nos bâtiments originaux, Œil de jour nous conduisit au sommet du « vaisseau cloche » qui est une pièce où il y a des sortes de cabines de douche à ondes, où chacune à un écran compteur sur la porte d’entrée, à hauteur de mains, et une couleur différente, correspondant à une fonction, un « pouvoir » différent.
                              Pour notre première expérience, notre premier essai, nous familiariser avec le système, il nous fit aller dans la cabine à ondes bleutées dont il régla une date. Nous fûmes aussitôt plongés dans un état de rêverie et ce fut encore plus étrange que mes plus étranges rêves :

                              nous eûmes la sensation d’être transportés au moment du bouillon de culture originel de notre planète, d’être une forme de conscience effleurant la terre, près d’un plan d’eau, d’être une des premières formes de vie, sans beaucoup de capacité de réfléchir mais ayant conscience d’exister, pouvant se mouvoir dans la matière, pouvant la mouvoir tout en ayant une sensation aérienne alors que nous étions à priori sans ailes. Du moins pour moi. Il me semble avoir pu me déplacer, influer sur la trajectoire que « je » suivais alors qu’Œil d’aigle a dit s’être sentie paralysée tout en pouvant ressentir à la fois cette sensation aérienne et « terrestre », d’avoir été incarnée dans un être à pattes.
                              Puis nous nous sentîmes aspirés et transportés. Nous retrouvâmes nos esprits au temps des dinosaures, au moment de l’extinction ? Il y eut un tsunami, nous étions sur des hauteurs en train d’observer des sortes de créatures géantes nager, ne pouvant malgré leur apparence insubmersible, à priori, échapper à la catastrophe. Nous ne restâmes pas à attendre voir et courûmes nous mettre à l’abri, du moins nous essayâmes. Nous ne sûmes pas si nous avions réussi, la suite pour ces êtres, nous nous sentîmes à nouveau aspirés et nous réveillâmes.

                              Œil de jour : « Vous vous êtes un peu familiarisé avec le voyage par esprit ? »

                              Œil d’aigle : « Ce fut un peu beaucoup trop bref, impression d’avoir juste rêvé,
                              avec peut-être un niveau de lucidité plus… réveillée, de la présence d’esprit,
                              mais d’être spectatrice et une marionnette ne pouvant beaucoup bouger,
                              encore que la deuxième fois, au temps des dinosaures, j’ai pu m’agiter. »

                              Moi : « Pour ma part, familiarisé, peut-être pas non plus, mais cela est allé,
                              nous avons ainsi pu influer sur des événements du passé ? »

                              Œil de jour : « Anecdotiquement, peut-être, et en fait, dans cet état,
                              le changement possible est relatif au moment choisi, au temps accordé,
                              et à votre niveau de conscience actuel, capacité de maître de soi.
                              Vous allez maintenant expérimenter une autre façon de voyager dans le temps
                              qui nécessite la même qualité, qui vous sera sûrement encore plus déplaisant,
                              surtout lié à l’époque dans laquelle vous allez aller,
                              ce pourquoi vous n’y resterez pas non plus très longtemps… incarnés. »

                              Malgré ses propos d’avertissement, à ce moment, nous avions plus de curiosité que d’inquiétudes.

                               

                              Essai de lecture du 13 et 14 février : https://indymotion.fr/w/p/jWBKt8zcJK9NQZgfzQ67cY?playlistPosition=22

                               

                              Pascal LamachèrePascal Lamachère
                              Maître des clés

                                Une fois à l’extérieur, j’activai l’application sonore de la tablette dans l’idée que c’était le meilleur moyen de contacter les êtres visiteurs.

                                Moi : « Me submerge une vague d’appréhension :
                                mourir est une chose, mais et si c’étaient des démons ?
                                Qu’en tout cas, au lieu de servir de l’idéal,
                                dans le cause à effets, nous servions le mal ? »

                                Œil d’aigle : « Même si eux-mêmes ne devaient pas bien savoir
                                les effets de changer des événements du passé,
                                je pense que peu de chance de se tromper,
                                d’autant s’ils ont besoin de notre coopération, notre conscience en rivoir. »

                                Moi : « Oui, tu as raison, et, oh ! »

                                Nous vîmes arriver un OVNI, que nous requalifiâmes en vaisseau cloche quand le contact fut établi et après avoir visité de l’intérieur qui était composé d’une « zone de nature ».

                                Les êtres étaient vêtus du même genre de combinaison que celui qui nous avait laissé le message avant de s’évaporer. Ils nous expliquèrent : qu’ils avaient eu besoin de se connecter à nos esprits pour leur permettre d’amorcer l’interaction avec notre univers, ce pourquoi nous avions eu des pertes de connaissances ;
                                que changer des événements du passé pouvait relativement interférer sur notre « présent » mais que tout était géré comme dans une pièce hors de notre espace-temps, une pièce où l’on peut voir tout ce qui a été, est, serait, aurait pu être et pourrait être, pourra être, sera, en état spectateur d’un film infini, et des trous noirs et des trous blancs – des effets secondaires des voyages dans le temps ou créés à cette fin, ils ne savent pas eux-mêmes – servant de passages entre futur, « présent » et passé, pour en devenir un des acteurs, et qu’en tout cas en tant qu’être nous ne pouvions pas mourir et que, sauf cas particulier, ils pouvaient s’assurer de nous faire revivre sans perte de souvenir, et que si ils ne peuvent maîtriser tous les effets d’un voyage dans le temps, qu’à priori les disparus ne sont pas de leur fait, à priori car ils ne sauraient pas encore tout des agissements de certains de leurs semblables et de certaines conséquences de ce qui sera fait sans être encore fait de notre point de vue ;
                                que j’avais paniqué lors d’un essai de connexion et qu’en état de semi-conscience je les avais considérés en ennemis et détruit un de leur vaisseau, et qu’ils en avaient pas pu réintégrer tous mes souvenirs de l’expérience à m’en laisser juste les bribes d’un rêve ;
                                qu’ils pouvaient aussi bien nous faire voyager dans le temps en tant qu’esprit, qu’âme, que dans une de nos vies antérieures, qu’en tant qu’être du futur possible dans le présent d’une ère du passé ;
                                que nous pouvions comprendre ce qu’ils nous disaient sans besoin de traduction car ils nous parlaient depuis le plan désincarné, d’esprit à esprit.

                                Suite à ces explications, me vint à l’esprit : comment face à une telle capacité divine a-t-il pu y avoir l’apocalypse ? Ont-ils été en mal de sensations fortes ? Par goût du risque, pour chasser l’ennui ?

                                Pour seule réponse à ce questionnement, ils haussèrent les épaules. Se sentaient-ils coupables ? Je n’insistai pas, nous étions ravis avec Œil d’aigle de pouvoir participer à la possibilité d’éviter l’avènement de l’apocalypse.

                                Pascal LamachèrePascal Lamachère
                                Maître des clés

                                  Après m’être laissé aller à quelques rêveries de science-fiction, me viennent à l’esprit quelques contrariétés, de l’appréhension : les « crimes de civilisation », les « mauvaises habitudes » de la majorité de la civilisation humaine de l’avant apocalypse, des propagandes véhiculées par la plupart des divertissements, dont ceux précédemment cités, telles que de la consommation non végane, la consommation des produits sucrés ignorant les connaissances contenues dans certains livres tel que Le mal du sucre, l’esprit de compétition, des fonctionnements, des formes d’organisations politiques et « économiques » « contestables » ; et si en voulant changer le passé nous atténuions juste les effets délétère d’un mode de fonctionnement sans arriver à les faire évoluer pour un vrai épanouissement de la vie ?

                                  Bon, de même que certains auteurs avaient été influencés par des travers de leur époque tout en y insufflant une élévation de prise de conscience, une amorce pour de l’évolution, pour de la révolution, déposant des graines de conscience qui ont germé et se sont épanouies dans la tête, dans l’esprit de lecteurs et de spectateurs, nous pourrons sûrement composer avec les contraintes tout en influençant la trajectoire civilisationnelle vers ce que nous considérons être un fonctionnement viable, souhaitable.

                                  Aussi, je me rassure en me disant que si nous arrivons à éviter l’apocalypse sans arriver à mettre tout de suite en place, à leur époque, notre idéal de société, il y a un fort espoir que nous réussirons à éviter l’apocalypse en arrivant à favoriser la mise en place d’un système végan, antispéciste, non marchand suffisamment en avance et non pas à juste empêcher l’apocalypse et que les conneries des ancêtres continuent d’une certaine façon. Surtout que c’est le seul moyen d’éviter le pire, je pense.

                                  Mais à propos d’éviter le pire, si je suis emballé à l’idée de participer à cette aventure, il y a le problème des disparus. Ont-ils accepté la mission et comme le héros de Code Quantum, ils ne sont pas revenus pour une raison x ou y ? Ou victimes d’expériences, d’ajustements de la technologie des étranges êtres ?

                                  Je m’endormis plein d’espoir et d’inquiétudes, et fis un rêve très étrange, probablement influencé par cet état d’esprit au moment de sombrer dans l’impalpable : des écrans posés sur des gros rochers, des proéminences sur un mur de roche, un plan de bataille et une explication sur comment le futur peut affecter le passé et le présent, une variation de la théorie de la double causalité, un arbre du temps et les potentialités.

                                  Au réveil, je me suis demandé dans un premier temps si les êtres visiteurs ont voulu nous communiquer des informations, comme les télécharger dans notre conscience, l’état de sommeil pouvant favoriser ce processus, sauf qu’après en avoir parlé avec Œil d’aigle puis les autres, il s’avéra que j’étais le seul à avoir fait ce rêve.

                                  Nous passâmes la journée à notre « routine », dans l’attente de la nouvelle du retour des disparus. Au lieu de cela, en fin de journée, nous reçûmes un message rapportant une nouvelle disparition. Autant dire que pour quasi tous, il était hors de question de collaborer avec les êtres de l’extérieur dans ces conditions, tant que pas de bonnes nouvelles, et qu’ils décidèrent d’attendre encore. Quasi tous, parce que moi et Œil d’aigle étions d’un autre avis. Nous en discutâmes quand nous fûmes seuls.

                                  Œil d’aigle : « Il est possible que cela soit un des effets du voyage dans le temps ? »

                                  Moi : « Dans ce cas, pourquoi ne pas nous le dire tout simplement ?
                                  Le mystère que font ces êtres ne joue pas en leur faveur
                                  dans ces circonstances où il y a des disparitions, de la frayeur. »

                                  Œil d’aigle : « Peut-être qu’ils ne sont pour rien dans les disparitions ? »

                                  Moi : « Ah, oui, c’est vrai, nous devrions leur demander des explications,
                                  et toujours est-il que même si c’est un risque, un effet,
                                  et que j’aimerais qu’ils nous expliquent le fonctionnement, les effets,
                                  les conséquences des changements du passé sur notre présent,
                                  l’état des cloches, de notre civilisation, aussi sur nos souvenirs,
                                  je suis prêt à prendre le risque d’accepter, de collaborer à leur plan.
                                  Pour ce faire, il vaut mieux que nous soyons deux ? Si tu devais en mourir,
                                  je m’en voudrais, je te dis cela surtout pour te prévenir. »

                                  Œil d’aigle : « Je suis prête aussi à prendre le risque, advienne qu’arrivera,
                                  et je crois qu’il vaut mieux ne pas attendre l’aval des autres, ne pas les prévenir,
                                  peut-être juste laisser un mot, un message que transmettra l’IA ? »

                                  J’acquiesçai, et dans l’élan nous nous mîmes d’accord sur le message à laisser, de mettre nos combinaisons et prendre le nécessaire pour une sortie hors de la cloche et le contact avec les êtres, les esprits étrangers.

                                   

                                  Essai de lecture du 11 et 12 février : https://indymotion.fr/w/p/jWBKt8zcJK9NQZgfzQ67cY?playlistPosition=21

                                   

                                15 sujets de 166 à 180 (sur un total de 235)