#623
Pascal LamachèrePascal Lamachère
Maître des clés

    Bonjour,

    ces derniers temps, ma curiosité m’a amené à m’intéresser un peu au rififi autour des municipales en France et au résultat dans un certain nombre de villes, comprenant la lecture de déclarations. Encore que, la lecture de certaines déclarations, c’est plus parce que zyeuté article sur résultat pour une ville où n’y aurait pas dû y en avoir à priori de ailleurs d’autres, mais que les journalistes-pigistes ont dû croire intéressant d’y ajouter des bribes d’ailleurs, pour « rentabiliser » et tenter de capter le plus possible le temps de cerveau disponible ?

    Bref, même si je fatigue sature de la « politique politicienne », je m’y suis un peu intéressé à cette occasion, et mais m’a pas mal conforté dans mon « ennui critique ». Entre ceux qui ont fait de la morale sur la manière, le ton, une forme d’électoralisme sans morale éthique clairement défendue, par dont la « posture politique » me semble contestable de ce prisme, et mais où pas tort sur soucis par la manière tels que certains slogans qui jouent la provoc’ alors que relativisables, sujets à débats voire un que j’ai trouvé un peu du non sens grand n’importe quoi trollage, et puis les sempiternels usages de langue de bois dont par la réduction de l’essence de la démocratie à ce qui me semble être une scène théâtre jouée par de très bons acteurs mais aux dialogues et scénario contestables, sans trop de rapport à mon sens avec les enjeux de civilisation et ce qu’il faudrait pour en prendre acte. De quoi décourager les bonnes consciences bonnes volontés.

    Pour la considération de l’essence de la démocratie, je ne vais pas reclavarder autour, cf. notamment le message partagé le vendredi 26 avril 2024 : https://www.cuisine-art-politique-et-compagnie.com/forums/r%C3%A9pondre/467/

    Ceci dit, je pense que peut être une bonne occasion de militer pour des idées idéaux de changement, de ce qui était une des principales intentions mobiles notamment de Larry Lessig quand il avait cherché à se présenter à des élections américaines (cf. « Larry Lessig : la rébellion du professeur de Harvard »), et ne serait-ce que tribune pour contrer des infox, droits de réponse contre des considérés préjugés propos contestables quand participe à des débats et via la synthèse des programmes, et je tire mon chapeau à celles et ceux tendance végans anticapitalistes antispécistes qui ont eu le courage et ont encore le courage de s’y engager, sont arrivés / arrivent à une certaine effectivité efficacité, à faire évoluer des mentalités et de l’action concrète pour vers de ces idées idéaux.

    Toutefois, je suis toujours dans l’expectative. Je pense que la cause animale, pour le/les vivants, avec tout ce que cela implique, devrait impliquer, y compris pour les « animaux humains », a besoin d’engagement « pluridisciplinaire », convergence jusque par la façon de s’organiser politico-économico-socialement-civilisationnelement, mais je me sens toujours un peu tiraillé, frustré, à ne pas trop savoir vouloir trouver ma place dans tout ce « fatras ».

    Je veux dire ; quand je repense à mes préjugés, de mon cheminement, je dirais que j’ai évolué remis en question dans mes considérations en fonction de la matière à penser, et même si j’ai encore à apprendre, je suis ferme dans de mes convictions idées idéaux, sont inébranlables, fixes, le resteront, je pense ; toutefois, je me sens un peu comme une girouette, d’une certaine façon.
    Au sens que : j’ai à cœur le véganisme antispécisme, je rêve de vivre dans un monde où les humains sont « vegans friendly », autant d’espèces que possible. Pour y arriver, il y a une certaine complexité, de la doxa, des lobbies, un état des lieux, un mode de fonctionnement à faire évoluer révolutionner. Et quand des aspirants à remettre en question le système mettent l’accent que sur la structure, je suis tenté de m’engager plus pour la cause animale véganisme antispécisme, et tout du moins leur rappeler que l’un n’empêche pas l’autre, que pourraient avoir le courage d’évoquer la potentialité du véganisme et l’intérêt du véganisme anticapitalisme antispécisme zoopolis. Et mais quand des engagés militants pour la cause animale occultent le souci de la structure système pour les humains, et aussi pour les animaux non humains de cause à effets, même si par stratégie à court terme et moyen terme, à vouloir tenter le changement par la scène économico-médiatico-politique. Et mais considérant l’état des lieux du mode de fonctionnement de l’échiquier politico-médiatique, tendances, des forces d’inertie au changement qu’on pourrait considérer du fait d’une certaine structure système, et du fait des urgences, je repasse par la case souhait de concrétiser un lieu comme l’ont fait les membres de EOTOPIA, un engagement dans par une structure hors système capitaliste. Et cetera.

    Alors, vous pourriez me dire, je me dis que l’un n’empêche pas l’autre, que peut être sur « plusieurs fronts ». Ce que font sûrement la plupart des militants végans anticapitalistes antispécistes. Notamment celles et ceux engagés dans pour la « Révolution écologique pour la Vivant », alias la REV. Beau rêve qui se concrétise épanouit au fil du temps.
    Et que donc, c’est pas tant un dilemme, ne devrait pas être considéré comme tel. Que si je ne sais pas encore trop où est ma place dans ce « paysage militants », cette « industrie activiste », c’est surtout parce que j’aspire à une remise en question de fond alors que dans une situation précaire et que je ne me sens pas de faire de la politique. Et peut-être par lucidité de certains travers avec soucis urgences qu’il y aurait à acter plutôt que pensées stratégiques, et difficultés à côté mission impossible.

    Au passage, par rapport aux problèmes engendrés par une « économie non économique » qu’il faudrait faire cesser à concrétiser une « économie au sens noblement économique », de ce qui me semble être du pire : quand vous constatez que la pluie et le beau temps sur les marchés boursiers tient parfois à des déclarations et non pas tant à l’état d’une problématique économique réelle, ou dont dépendant de paroles sur des actions sans forcément d’action concrète réelle par rapport à ce qu’annoncé tel l’électoralisme jusqu’à l’extrapolation et mais pouvant être considérées délétères vis-à-vis des soucis écologiques pour conditions environnementales et de cause à effets sociales pérennes, vous pouvez vous demander de qui cela fait le jeu, avec ou au-delà de sortes de « délits d’initiés » qu’il pourrait y avoir avec autour.

    Et préoccupations dilemmes exprimés, j’ai récemment lu un message de Peter Joseph qui cristallise ce genre de souci critique contre « le complexe industriel militant » et qui me semble évoquer à propos l’importance d’arriver à se concentrer sur de la solution concrétisation d’un système anticapitaliste plus que de tenter de convaincre par la rhétorique, même quand beaucoup plus pertinente que des slogans : https://www.instagram.com/p/DWDVsPiDlPU/

    Au passage, si pas encore écouté, cf. le troisième épisode de sa sous-série « Crier au vent » (Yelling at the Wind) de sa série Web/TV « Culture en déclin » qui a débuté en 2012 : https://www.cuisine-art-politique-et-compagnie.com/forums/sujet/serie-culture-en-declin-vostfr/

    Après, ceci écrit, je suis tenté de remettre l’accent rappeler la potentialité du véganisme anticapitalisme antispécisme zoopolis, car si il y a plusieurs façons d’être « végans », plusieurs « véganismes », considérant que l’un n’empêche pas l’autre, c’est une forme d’action pouvant être compatible avec révolution de système, avec un système anticapitaliste ;

    cf. entre autres les principes essence de EOTOPIA : https://www.eotopia.org/wordpress/fr/home/

    ,

    le programme de la REV et l’article entretien de Jérôme Ségal où il a répondu contre des critiques, a évoqué le souci des prétentions apolitiques de végans et non végans, ainsi que du « vegan washing », tout en défendant la cause animale, expliquant la distinction à faire, et dont ce qu’implique le véganisme antispécisme ;

    et besoin envie de vivre dans un « environnement » « végan-friendly », qui soit végan anticapitaliste antispéciste. Ce qui ne me semble pas incompatible, pouvant aller de pair avec le projet « Integral Collective » : https://www.facebook.com/integralcollective

    En fait, j’ai à cœur la cause animale pour ne pas la considérer à traiter tel un effet et aussi à cœur conscience de l’importance de mettre en place un système structure qu’évoque Peter Joseph, et d’accord avec ses critiques contre le capitalisme, et donc y compris contre « l’industrie activiste ».

    Et toujours est-il que concernant la cause animale, je ne peux m’empêcher de repenser à la critique sur les « braves gens », notamment ancrée avec par le poème « Tout est lié » partagé au cours du message du 10 janvier de cette année : https://www.cuisine-art-politique-et-compagnie.com/forums/r%C3%A9pondre/529/

    Car n’est-ce pas monstrueux in-humain ce qui a été fait et est fait vivre à d’autres espèces en certains lieux, çà et là, dont à des êtres sentients, ainsi qu’y compris à des membres de l’espèce humaine du fait d’un mode de fonctionnement qui pourrait devrait être autre ?

    Entre les essais expériences tortures pour des cosmétiques, les conditions d’enfermement d’existence déplorables dans des zoos, pour des « divertissements » dispensables, pour de la consommation – jusqu’à l’écourtement de leur vie – alors que pourrait s’en passer, de quoi considérer qu’il est fait vivre un enfer à d’autres espèces et à de nous alors que capable de mieux être et mieux faire à sauver, à soigner et favoriser l’épanouissement.

    D’autant que ce n’est pas comme si un certain nombre ignoraient la potentialité possibilité, que la majorité ne pouvaient pas. Même si il y a eu de la mal-information infox, la viabilité me semble prouvée, éprouvée, et il me semble qu’un certain nombre en ont conscience, le savent. Cf. fiches, conseils programmes, sites dédiés évoqués au fil des vendredis.

    Ce qui me fait penser que si toujours pas lu, par rapport à la « dette morale » qu’a l’humanité envers des animaux, cf. articles tels que « Jean-Marc GANCILLE : « Sixième extinction de masse et inégalités sociales sont liées » ».

    Et si toujours pas écouté, cf. le documentaire pièce de théâtre « Écocide changer ou disparaître » : https://www.cuisine-art-politique-et-compagnie.com/forums/sujet/documentaire-piece-de-theatre-et-entretien-a-propos-de-la-biodiversite/

    Bref, il me semble que certains, pour une raison telle que doxa formatage difficulté à remettre en question des habitudes, n’ont pas encore acté, sont en état de ce qui me semble pouvoir être qualifiée d’une monstrueuse dissonance cognitive.

    De ce qui fait que je l’évoque de la sorte, sans « mâcher mes mots », je dirais pas tant une épiphanie re prise de conscience, mais plus un ras-le-bol de la mauvaise foi, de formes d’hypocrisies et de ce que considérées inconséquences, et dont à force de regarder de ce qui n’est pas « végan friendly » et où saute au yeux des considérés travers insouciances critiqués. Dont une série que j’avais commencé à regarder.

    Contrairement à celle où histoire de survie de l’espèce humaines sous fond d’utilisation d’IA que j’ai pas mal critiquée au cours de messages, dont celui pour le 6 mars : https://www.cuisine-art-politique-et-compagnie.com/forums/r%C3%A9pondre/620/ , pas grand-chose à redire sur les grandes lignes directrices de l’intrigue, de ce que j’en avais vu, mais contrairement à celle-ci, les « à-côtés » « non végans friendly » et spécistes fréquents à me donner envie de cesser de la regarder même si assez captivé par de ses personnages et l’intrigue. Et même si cela peut plus ou moins s’expliquer justifier par leur volonté de servir la « métaphore », le côté anthropomorphique contes et légendes, considérant la potentialité d’être végan même pour des carnistes, assez insupporté. Car en fait, on pourrait dire considérer parce que aspect réaliste et contestable, à être « réalistement contestable ». Je veux dire, par sorte de contre-exemple, les histoires de vampires ont mis en scène des êtres surnaturels parfois humanisés, où ont soit eu le rôle d’antagonistes, où / et soit les « gentils vampires » à se refréner et en quête d’alternatives pour ne pas participer d’industries mortifères, et je me suis laissé plus porter à les regarder sans être autant agacé. Alors qu’au cours de la série cessée de regarder, il était question de renards humains, dont d’un « ancien dieu de la montagne » censé prendre soin de toutes les formes de vie mais dont l’alimentation mortifère, et puis celui qui veille sur lui, prêt à mourir pour lui, un vétérinaire pouvant – pouvoir permis par une sorte de collier – dialoguer avec les animaux, aux petits soins avec ses patients et jouant les justiciers contre certaines maltraitances tout en ayant une alimentation complice de la maltraitance et du crime d’animaux. Et notamment son cas illustre la mise en scène d’une dissonance cognitive patentée du spécisme, du spécisme carnisme véhiculé par de la culture. Et combien l’in-humanité peut être monstrueuse, que je pense que c’est une une forme de monstruosité quand on a conscience des contradictions dissonances cognitives par les implications.

    Et ce qui est cocasse d’une certaine façon, c’est qu’au cours du premier épisode, si je me souviens bien, il est fait dire au personnage principal qui a plus de mille ans, comme conseil de vie, un propos du genre de ne pas perdre son temps s’épuiser à ce qui nous met dans l’inconfort insupporte à un certain degré, alors qu’à mon sens des considérés travers en ont été à vouloir zapper dans plus ou moins la foulée.

    Bref, j’ai beau me dire qu’il y a l’excuse que ce genre de « détails », dissonances cognitives, on y pense pas toujours voire rarement quand influencé par un mode de vie alimentation carniste-spéciste, que nombreux végans le sont devenus en remettant en question leurs propres préjugés, par des prises de conscience connaissances, et qu’avant d’acter un certain nombre étaient comme des personnages de cette fiction, il n’en reste pas moins que de quoi être contestée, évoquer et aspirer à une culture civilisation « végane friendly », anticapitaliste, antispéciste.

    Ceci écrit, j’ai exprimé de ce que j’avais sur le cœur, maintenant, pour la suite et fin du message d’aujourd’hui, je vais tâcher de me concentrer sur de la réécriture de la suite de « Les pages déchirées » et continuation de la compilation des messages.

    • Et pour finir le message d’aujourd’hui, nouvelle version de la dernière partie du chapitre 1 :

    Les pages déchirées Histoire à suivre

    Suite 4 (partie 5) et fin du chapitre 1Greendle et la plume chinée

    Dehors, la chatoyante faisait frémir les rues animées de couleurs.
    Après quelques pas séparant l’antre de son immeuble de la route, l’aspirant chineur de porte-plume se figea. Les boites à 4 roues et compagnie semblèrent l’inviter à se joindre à leur danse motorisée. Greendle se sentit attirer et fit un pas, puis deux, puis… hésita, et s’arrêta finalement comme un automate qui a stoppé sa série de mouvements car à court de jus. Il était à deux mètres de la crêpe humaine, le regard perdu dans le vide.

    Dans la foulée d’un instant de flottement hors du temps, il se tourna vers la direction opposée à Saint-Sernin et se figea de nouveau. Une drôle de sensation le submergea, un peu comme si il venait d’avoir une prémonition indescriptible dont seul comptait la répulsion. L’Anglais en tressauta et secoua la tête, se retourna dans la direction qu’il avait prévu de prendre…, et la suivit.

    « Hors du temps, la lueur des possibles est dé-voilée.
    À l’instant, un chemin unique a été pris, une trame tracée
    et il ne semble plus possible de faire marche arrière.
    Reste calame en témoin pour souffle incarné sur terre. »

    Greendle passa par le jardin des plantes, se mit à flâner lorsqu’approcha la statue en hommage à Saint-Exupéry et à son petit prince. Un groupe de jeunes jouait au rugby non loin, en grande partie sur la pelouse. Il porta son regard de la statue à leur ballon ballotté d’une main à l’autre, « déconnecta » son oreille saturée par les appels au ballon des uns et des autres, les conseils de placement des capitaines et entraîneurs de fortune, concentra ses sens sur la vue qu’il dirigea vers le ciel. Des anges lui semblèrent danser dans les interstices des nuages.

    Quelques oraisons plus tard et plus loin, le photographe-reporter se planta un instant sous la branche d’un arbre, subjugué par quelques fleurs aux alentours. L’ovale échappé des mains d’un joueur arriva dans sa direction. Il essaya d’apprécier la trajectoire de manière à bien le réceptionner et se rendit compte qu’il était déjà parfaitement placé. Lui avait-on sciemment envoyé le ballon ? Le fruit du hasard ? Sans plus pousser l’enquête, il rendit l’objet à l’envoyeur et se pressa d’aller au marché aux puces.

    Au moment où notre chineur arriva sur la place, en face de l’église, les cloches sonnèrent 11 h et… ? Il réalisa qu’elles rythmaient aussi les quarts d’heure. Il lui sembla que ce fut la première fois qu’il y prêtait attention. Celle-ci passa des cloches à un trio. Trois couvres chef de pirates sortirent d’un bar et vinrent dans sa direction. Greendle secoua la tête, essayant de chasser les bribes de son dernier cauchemar. Il fut aidé par la vision d’une dame qu’il effleura l’instant suivant. Il en fut plus mais autrement troublé. En plus du souffle coupé, son cerveau se liquéfia, il devint tout pâle, pour une sensation bien plus agréable que des sueurs froides en état malade. Le battement aurait pu être à paraître éternel si sa « raison » n’avait refait surface. Il détourna le regard, se dirigea vers l’emplacement de mister Shakire Jackson.

    Toujours assis au milieu de sa « boutique de rue », le vendeur aux merveilles enrubannées par des mots – des histoires à dormir sur une page des milles et une nuit dans l’imagination de Greendle – était en fin de conversation avec une jeune dame en robe pourpre portant sur la tête un chapeau assorti.

    – « J’vous assure que ça les vaut ! M’enfin, tant pis, j’ai un acheteur pour le porte-plume qui m’attend ! Si vous ne prenez pas le lot, ça vous passera sous la page ! », asséna Shakire en montrant Greendle de la main.

    – « Je… euh… Si vous trouvez un pigeon pour ça, tant mieux pour vous ! Moi, c’est pas mon affaire. Au-revoir ! », conclut la jeune dame sur un ton hautain après s’être tournée dans la direction de la main.

    – « Bye, belle dame ! Beau jour maille lord ! Vous êtes-vous bien enivré ? Avec le temps qu’il fait aujourd’hui, vous avez pas fini ! », s’empressa de rebondir Shakire, sans se dépareiller de son air jovial mais avec un grain qui trahissait sa déception de laisser filer une potentielle cliente.

    Greendle se sentit mal à l’aise. Mine de rien, il venait d’être dévisagé avec un regard qu’il avait ressenti comme légèrement dédaigneux et par une bouche qui l’avait étiqueté comme potentiel pigeon. Il ne laissa cependant pas transparaître sa susceptibilité et afficha un sourire poli. Il ne répondit néanmoins pas tout de suite. Ses noisettes verdâtres se tournèrent vers le porte-plume cristallin et son corps se dodelina sous l’effet de son envie de s’en saisir.

    – « Merci de votre… so… sollici… tude ? Je… Euh… On peut passer les amabilités ? J’ai vraiment envie de ce porte-plume mais il m’en coûterait de devoir me débarrasser de trésors pour un lot que je ne désire pas ! », souffla-t-il presque, en levant les mains en guise de salut clin d’œil, se rappelant le geste de la veille.

    À son tour, Shakire Jackson fit de même et la discussion fut plus rapide et le dénouement plus heureux que notre chineur ne l’avait espéré. En ne cédant que deux de ses livres, Greendle put acheter le porte-plume, de l’encre présentée comme végane parfumée au cacao et un encrier sculpté dans du bois d’ébène qui aurait appartenu à quelqu’un dont il avait déjà oublié le nom au moment où il prit congé.

    L’Anglais occupa le reste de sa journée à faire ce qu’il avait prévu : profiter du beau temps ; prendre des photos ; user du clavier ; lire ; et « faire connaissance » avec le porte-plume semblable à une baguette en cristal. Fait, et bien fait.
    Une journée presque parfaite pour l’aspirant écrivain, si ce n’est de la pénombre qui s’insinua dans son esprit au cours d’une « pause clavier » : en dehors de la parole de Shakire Jackson, nulle certitude que l’encre vendue était officiellement végane, et connaissant certaines subtilités, le doute était permis, s’insinua malgré et d’autant plus ses recherches, investigations via une « intelligence artificielle conversationnelle », consultation de fiches de fabricants d’encre du style. L’IA avait beau lui avoir assuré que cette marque avait recours à des composés végétaux, si ils avaient une gamme végane, l’équivalent de l’encre en question n’était pas officiellement référencé en tant que tel, sans non plus mention d’un ingrédient non végan. Était-ce parce que composition végane mais avait été testée sur des animaux ? Il n’arriva à mettre de côté ses scrupules mais décida de continuer à l’utiliser, se rassérénant avec l’idée qu’elle devait être végane dans sa composition, se jurant toutefois de ne plus acheter d’encre non officiellement végane, dont il douterait de la composition, qu’elle soit « végane et cruelty-free ».

    Le soir venu, avant de se coucher, Greendle consulta ses messages. Il lut en premier la réponse de Personne à ses conseils. Ce fut à son tour de s’inquiéter. Elle lui avait répondu en une sorte de poème dont la forme et l’envolée ne lui ressemblait guère, de l’idée qu’il s’en était fait de ce qu’il en avait lu, mais qui le prit aux tripes.

    « Quand les mots m’ont blessée,
    J’ai apprivoisé le silence.
    Quand le silence m’a blessée, « lésée »,
    Je me suis réfugiée dans le monde de l’esprit.
    Et quand mes rêves s’y sont égrenés,
    Ont été entrechoqués, brûlés dans l’« immobilité »
    Face à la mobilité du feu de la vie,
    J’ai tardé à réagir et ai rejoint l’ombre,
    La dernière parcelle avant le néant ?
    Là, mon vent et mon volcan aux nues
    N’ont trouvé que l’écho du sans temps.
    Puis, un jour, avant la grande éruption, j’ai ouvert la fenêtre
    Et dans les bras de mère poésie je me se retrouvée,
    Le calame à la main et les cimes pour seule quête.
    Ô, grande littérature, jamais je ne la lâcherai !

    Ton amie,
    Personne. »

    Greendle hésita quant à sa réponse. Se disant qu’il valait mieux qu’il évite de trop en dire, de trop s’épancher à brûle-pourpoint, il lui décrit d’abord de sa première réaction dans un état d’esprit d’exprimer avec tact, puis broda un peu ensuite autour.

    « Hello,

    Après une journée de plus ou moins flâneries, je viens de te lire juste avant de rejoindre la dimension où l’impalpable devient palpable et vice versa. Tes mots m’ont presque ôté les miens. Tu es la poétesse que je ne suis pas. Tu pourrais me dire : normal, je suis un homme. Mais sans moquerie, sans plaisanterie, tu as fait mouche, je ne t’encouragerai plus à songer à te détourner de ton chemin poétique. Ceci dit, l’invitation à écrire à deux tient toujours. Ce que tu voudras !

    Et en tout cas, au plaisir de relire tes savoureuses envolées lettrées !

    @micalement,
    Greegree »

    Notre jeune lord envoya son message, consulta les autres qu’il avait reçus, puis alla rêver…

    – « Qu’y a-t-il dans et par-delà cette brume ? »

    – « Des réponses à éclaircir. »

    – « Et si j’en ai pas vraiment ?! Si les questions m’ont échappé ? »

    – « Alors tu sauras. »

    – « Quoi ? »

    – « Ce qui est, ce qui compte, l’essence de l’être. »

    Le lendemain, les yeux ouverts, le stylo sur son calepin des rêves, il nota ce dialogue insolite qu’il se souvenait avoir eu avec le porte-plume chiné, la seule bribe du périple nocturne qui s’était gravée à s’en souvenir au réveil.
    Du plus déroutant pour lui, fut qu’il ne se souvint pas d’avoir fait d’autres rêves cette nuit, et du plus du plus, il n’arrivait pas à se rappeler le cadre du dialogue.
    Hésitant quant à l’interprétation qu’il pouvait en faire, il lorgna du côté de son ordinateur, songeant à faire une recherche sur un site dédié aux rêves. Il n’eut cependant le temps de s’attarder sur l’étrangeté, une journée de reportage l’attendait et il fallait qu’il s’empresse de se préparer.

    Fin du chapitre 1. A suivre.

    Voilou pour aujourd’hui,
    Merci de votre attention,
    Bon courage,
    Bonne journée,
    Bonne fin de semaine.