#620
Pascal LamachèrePascal Lamachère
Maître des clés

    Bonjour,

    Pour aujourd’hui, j’ai été tenté de faire un nouveau « vendredi silence ». En partie parce que de nouveau coupure de fibre, si ce n’est que cette fois ne devrait pas durer, juste un journée de panne, devrait être rétablie ce jeudi (ah, non, finalement pour une durée indéterminée pour le moment : le technicien qui est passé pour tenter de réparer a déterminé que souci coupure sur partie du réseau qui serait gérée par SFR, indépendante de Free, et doit attendre que SFR réagissent de leur côté) ; en partie parce que dépité par l’actualité mondiale, les tendances, à se sentir comme le héro de « La Ligne verte » vers le fin du film, de ce que je me souviens ; en partie parce que – lié au dépit – impression que ce serait / que c’est vain.

    Qu’écrire de plus pour tenter d’arrêter les guerres, contre l’extinction de masse, pour de l’éthique, des idéaux, qui n’a pas déjà été écrit ?

    Peut dire autrement à sa façon ce qui a déjà été exprimé, d’une manière ou d’une autre, mais après ? Action ?!

    Je pense que le monde aurait besoin d’Agapè, de cohérence, de cultiver l’altruisme, d’état d’être altruiste au service d’idéaux, d’une éthique, du – autant que faire se peut – véganisme anticapitalisme antispécisme zoopolis, de s’y appliquer, de s’appliquer à des solutions en conscience de diverses problématiques.

    Concrètement, une façon d’y parvenir, cf. le programme de la « Révolution écologique pour le Vivant », de la REV, et le projet « Integral Collective » de Peter Joseph, qu’il devrait bientôt mettre en place, lancer, ouvrir aux bonnes volontés pour commencer.

    Reste que cela fait « une belle jambe » (comme disait mon père à une époque, pour humour : « what a fair foot ») pour celles et ceux qui auraient besoin d’un cessez-le-feu, de paix, maintenant, sans pouvoir plus attendre. Et de quoi être découragé de la tendance.
    Je n’écris pas cela pour décourager les bonnes volontés. Je pense que même en état de lucidité jusqu’à l’amertume défaitisme, il ne faut pas en tout cas renoncer à faire sa part de colibri.
    Juste que de quoi être désolé, se dire qu’il y a eu et qu’il y a du « gâchis » empêchant de l’épanouissement de vivants sur terre, d’un point de vue potentialité pratique avec pour base système qui aurait pu être adapté, l’ayant dans son essence ciel, et qui ne l’est et a pas encore.

    Je pense notamment à la potentialité et aux projets autour de la technologie qui me semblent révélateurs. Bon, je ne me suis pas bien tenu au courant de l’évolution technologique et de certains développements, mais cela fait près de 14 ans que je m’étais intéressé à la potentialité et intérêts dans un système où « dispensables mais utiles », et ainsi que des freins et dangers du fait du capitalisme néolibéralisme, une tendance dans son cadre qui semble être la même. Et en fait, près de ces 14 ans plus tard, vu passer il y a quelques semaines une vidéo extrait d’un spectacle où des robots humanoïdes ont fait une chorégraphie élaborée, guidés / imitant un certainement moine shaolin, lors du nouvel an chinois. Certains commentateurs se demandaient si c’était pas fake, vidéo générée par IA, d’autres ont exprimé leur admiration face à des considérées prouesses, et une poignée ont évoqué risques éthiques, et théorie du complot par la normalisation rampante induite, par la crainte de l’endoctrinement au transhumanisme. J’ai trouvé la fluidité des mouvements des robots humanoïdes assez étonnante, mais encore plus étonnant, qu’un moine shaolin se mette au service de la machine. Certes, on pourrait considérer cela comme une façon de servir la Chine, le spectacle telle une vitrine pour illustrer ce qui pourrait servir du collectif plutôt que l’ego à faire démonstration de ses propres capacités. Reste que cela fait déjà plus d’une décennie, si je me souviens bien, qu’il y a eu des publications sur le développement de robots à des fins militaires, à propos des technologies développées d’alors, et je pense que celles et ceux qui s’inquiétaient de la potentialité / voie / applications prise/s au service / dans le cadre d’un système jugé délétère, si arrivait pas à révolutionner le système économique à concrétiser de l’anticapitalisme antispécisme, avaient raison.

    En fait, si il y a le souci de la limite des ressources, des pollutions à prendre en compte, vous réalisez que fait déjà pas mal de temps qu’il y a la capacité de construire des maisons, et cetera, par l’impression 3d, qu’avec des robots suffisamment souples et pouvant être paramétrés pour des tâches plus ou moins complexes, la main d’œuvre humaine est plus ou moins remplaçable pour nombre de travaux essentiels pour le bon fonctionnement de la civilisation ? Et avec l’IA, même la supervision pourrait / pourra l’être dans une certaine mesure. Et je ne sais pas vous, mais ce qui me fait le plus peur, ou disons ce que je trouve le plus désolant, c’est pas tant le risque d’engendrer un Skynet. C’est le fait que l’in-humanité reste embourbée dans un état d’esprit va-t-en-guerre, un système qui l’alimente / le favorise, une « économie de guerre » où la technologie de pointe est utilisée pour tuer plutôt qu’au service d’un mieux être collectif, plutôt qu’à tenter de résoudre les enjeux de l’ère. Et si de ce point de vue préoccupation, de quoi craindre que les capacités technologiques utilisées de la sorte creusent un peu plus la tombe de l’humanité et d’autres espèces, renforcent des travers, dont le périclitement de la « civilisation » ; à de quoi penser que l’humanité est à une bifurcation dangereuse / périlleuse ; à la base, le souci, n’est-il pas clairement objectivement le système qui orchestre, « les capacités technologiques utilisées de la sorte », l’intention, les intentions ?

    En fait, plutôt que de se dire : pour un mode de fonctionnement pérenne, éthique, un but, une finalité digne, dont prendre en compte les contraintes limites environnementales, une justice « climatique et sociale » qui éradiquerait la précarité pauvreté, permettrait des bases saines inconditionnellement, sans exclure le souci pour les autres espèces et l’état de l’environnement, ok, il y a ceci et cela comme problématique, on pourrait faire ceci et cela, mettre en place ceci et cela, s’accorder « civilisationnellement » à fonctionner de la sorte, à telle ou telle solution ;

    des gouvernants sont allés à l’encontre du droit et devoir international, des entreprises à polluer encore toujours plus, et cetera reproches qui pourraient être faits pour qui a le souci du bien commun, dont les limites planétaires, et semblerait des points de non-retour bientôt franchis si arrive pas à stopper le mode de fonctionnement capitalocène.

    Ce qui me fait penser à l’épisode 46 du podcast « Revolution Now ! » où il est évoqué entre autres les manipulations dont ont été capables les États-Unis pour contrer une autre façon d’organiser « l’économie » au Chili, une tentative de s’organiser autrement que par le capitalisme néolibéralisme sabordée, et où pourrait considérer que le président Chilien d’alors avait tenté de mettre en place une « économie planifiée » en utilisant la potentialité technologique de l’époque (dans les années 1970) : https://www.revolutionnow.live/episode-46/

    Évoqué entre autres au cours du message du 9 août 2024 : https://www.cuisine-art-politique-et-compagnie.com/forums/r%C3%A9pondre/493/

    Et au passage, de nouvelles réflexions critiques reproches à évoquer contre des « contenus culturels », dont surtout de la série évoquée critiquée en fin de message d’il y a deux semaines, celui partagé le 20 février : https://www.cuisine-art-politique-et-compagnie.com/forums/r%C3%A9pondre/618/

    Bon, de ce que j’ai trouvé à redire sur ce que j’ai regardé ensuite, revient aux mêmes réflexions, si ce n’est des travers que j’ai trouvés encore plus flagrants. J’en ai d’ailleurs failli cesser de la regarder. Car même si cela a été juste quelques lignes de dialogue et de l’intrigue contradiction contestable, m’a semblé y avoir une intention contestable (du genre tenter se payer la tête des végans, par de la mauvaise foi / mesquinerie de scénariste dialoguiste tendance carniste manquant d’éthique), qui l’ont dénotée, plus que de la maladresse basée sur des préjugés qui ignoreraient la richesse potentialité gustative de l’alimentation végane, relative bien entendu à la flore à disposition. Et puis il y a eu le développement du travers du spécisme et du manque de souci réflexion sur / par façon de s’organiser, le cause à effets relatif fonction différences selon le système, dont on pourrait considérer que l’intrigue et thématique enjeu de la dernière saison en a été représentative, le paroxysme.

    Bon, si cela n’a pas été explicitement clairement évoqué, on pourrait considérer que certains éléments évoquent / reflètent l’impact nuances par façon de s’organiser plus que de faire porter le poids du sort uniquement sur le comportement individuel. Si ce n’est que ce qu’on pourrait considérer que ce qui devient plus ou moins le mantra leitmotiv « faire mieux / s’améliorer » fait plus porter le poids sur façon dont des individus se comportent que questionner et remettre en question le souci influence bonnes / mauvaises du cadre système. Car même si paraît à certains moments évident le souci des influences bonnes / mauvaises selon tel ou tel mode d’organisation, du fait des prétextes à intrigue, à peine évoqué ce qui pourrait être mis en place pour du mieux être collectif, à faire mieux qu’avant, à (s’)améliorer.

    Et en tout cas, l’enjeu mis en scène, développé au cours de la dernière saison a été ultra spéciste, et m’a semblé « spirituellement et scientifiquement contestable ».

    Par rapport à l’aspect « spirituel et scientifique contestable » à l’aune des connaissances de certaines notions, au cours du message écrit pour le 19 décembre de l’année dernière : https://www.cuisine-art-politique-et-compagnie.com/forums/r%C3%A9pondre/602/

    sans avoir encore regardé cette série dont je critique du développement éléments du scénario, j’avais notamment écrit

    « Et dés lors, les « upload de conscience », transfert de conscience, des termes trompeurs. Uniquement la possibilité de créer un ersatz d’IA conscient qui se rapprocherait le plus possible au niveau comportemental, de l’étant qui a été connu, mais cela ne serait pas l’être soi qui a été biologique, pas le même être conscient.
    Bon, c’est une réflexion théorique à l’aune de comment je comprends le lien entre les informations du plan désincarné et « l’incarnation », les « lois notions de l’univers ». Peut-être qu’une technologie pourrait être développée me donnant tort. J’en doute, mais qui sait ? »

    et il ne me semble pas que le genre de technologie mise en place dans cette série puisse réellement exister, ou disons en confirmant le souci limites à ne pas vouloir l’utiliser, ne pouvant réellement remplacer un être par un autre dans le même corps : pas tant une technologie qui permettrait un transfert d’âme, d’esprit par une reprogrammation, mais une « imitation », tel un état d’être caméléon où la personne reste la même en tant qu’être, l’âme liée au corps, juste influencée à se comporter et ressentir autrement du fait d’un programme.

    Et si d’autres séries telles que « Upload » sont contestables de ce prisme, je me suis moins laisser porter par les intrigues, j’en ressors avec plus l’intention de la critiquer en particulier, je suis peut-être plus critique envers celle dernièrement vue, par rapport aux enjeux et intention, pour raisons évoquées.

    Car en fait, (attention, spoiler) tout du long il a été question de la survie de l’espèce humaine, et à la fin il a été question de la condamnation à l’extermination si arrive pas à transcender, et ce qui aurait été l’occasion d’aborder des questionnements existentiels et des bonnes idées, m’ont semblé un peu beaucoup passer à la trappe. Les actrices, acteurs, personnages, certaines intrigues intéressantes ont fait que de quoi envie de la regarder dans son intégralité, jusqu’au bout, mais voilou.
    Aussi, (re attention, spoiler) l’enjeu et la façon dont il a été traité / présenté / scénarisé m’ont semblé assez représentatifs : toute une espèce jugée à l’aune du membre arrivant en un lieu en rentrant les coordonnées y menant, n’étant pas forcément représentatif de la sorte, selon des critères prenant pas tellement en compte les circonstances, la potentialité, par une espèce censée avoir atteint un stade d’évolution qui devrait aller de pair avec une certaine sagesse mais semblant pouvoir être considérée inique par sa procédure. Ce qui peut être interprété comme du fait de diverses influences tout en cherchant à être plus original que l’originalité / à tomber dans une forme de sorte de surenchère scénaristique avec fond idéologique contestable menant à avoir du mal à s’y dépatouiller scénaristiquement. Et je dirais conclurais bien que c’est le(s) scénariste(s) dialoguiste(s) de cette série qui ont raté leur test / épreuve de transcendance.

    D’ailleurs, d’aucuns ont comparé le concept de transcendance avec celui des anciens dans Stargate, considéré qu’en est inspiré, sauf que me semble, de ce que je me souviens, y avoir deux différences fondamentales :

    • le pouvoir état de la transcendance ne s’y obtient pas par un jugement par une autre espèce même si peut être aidé, mais en arrivant à cultiver un certain état d’être, d’illumination, tel l’état christique ou de bouddha ;
    • dans l’univers de la série Stargate, ne pas arriver à transcender à un moment donné ne signe pas la fin pour soi et encore moins pour toute l’espèce, et ne formule pas de sentence sur le sort de l’âme.

    En bref, en fait, la sentence (rere attention, spoiler) vers la fin de la fin de la série récemment regardée et finie pourrait être considérée comme du fait d’une idéologie matérialiste athée qui instrumentalise le concept de transcendance pour justifier de l’intrigue sans arriver à bien l’intégrer, rendre crédible. Ce qui est dommage, c’est qu’il aurait suffit de pas grand-chose, que quelques éléments soient présentés autrement / changés. (Ce qui apparaît d’ailleurs paradoxalement dans le fait de ce qui fait revoir le jugement au « juge transcendantal ». Si ce n’est que ce qui apparaît comme une belle façon de faire prendre conscience des travers d’opposition d’un « eux versus nous » et potentialité de l’humanité altruisme, est subsumé dans la foulée par la « sentence » contestable.) Dont il aurait fallu mettre en évidence l’importance des circonstances, l’importance de la relativité selon les conditions d’existence, des influences relatives au système, différences selon les systèmes / idéologies ; ne pas rendre tous les survivants et encore moins les transcendants coupables de spécisme ; et ne pas laisser entendre que les déjà mourus et celle jugée pas apte à / pas digne de transcender, et celles et ceux qui préfèrent rester avec elle, soient condamnés à ne plus pouvoir transcender, à mener leur vie jusqu’à la mort, comme si pas d’après pour eux. Comme si pas d’âme, pas d’esprit hors du corps (de chair ou de lumière), part / lien de conscience d’être vivant qui trouve peut-être sa source dans un au-delà, un « au-delà » qui serait pas tant non plus celui à la portée des êtres dans un état « transcendé pouvant être considéré encore dans l’univers matrice, sur le même plan / dimension d’existence que celles et ceux dans leur corps de chair ». Je pense, clair et net. Et si d’aucuns diraient / seraient tentés d’arguer pour défendre le parti pris de la série que la / les notions d’âme, de part de soi liée à un « au-delà », pouvant survivre à la mort du corps terrestre, c’est de l’ordre de la croyance, de la foi, de bonnes raisons d’y croire, et la potentialité d’un état d’être transcendantal ne devrait-il pas l’impliquer ? Et quitte à ne pas trop prendre parti vis-à-vis des incertitudes, autant ne pas promulguer la sentence qu’ils ont faite dire / telle qu’ils l’ont faite dire. Entre autres.

    Ceci écrit, une qualité de la série évoquée, en question, c’est qu’elle suscite inspire de l’Agapè, à l’envie d’être en cohérence état d’être altruiste au service d’idéaux pour du mieux être personnel et « civilisationnel », à faire mieux, ne plus se faire la guerre, trouver des solutions plutôt que de causer des problèmes.

    Et bref, en tout cas, ce serait bien que cessent le guerres et qu’on s’applique à être à la hauteur des enjeux civilisationnels, à des solutions aux périls, concrétise des idéaux par un système adapté. Aussi, je participerai certainement au projet « Integral Collective » de Peter Joseph quand il sera opérationnel. Et cf. le programme de la « Révolution écologique pour le Vivant », la REV.

    Et pour finir le message d’aujourd’hui, je vous partage la nouvelle version de la « Suite 3 (partie 4) du chapitre 1 – Greendle et la plume chinée ». J’essayerai de monter et mettre en ligne l’audio-vidéo dans la journée.

    Les pages déchiréesHistoire à suivre

    Suite 3 (partie 4) du chapitre 1Greendle et la plume chinée

    Greendle se laisse aller un instant. Derrière-lui, une autre vague déferle. Devant-lui, la situation n’est guère plus… paisible.

    A peine réalise-t-il la situation, qu’il se retrouve dans les étoiles. Il a l’impression d’être devenu une constellation.

    – « Aye, no, oh ! »

    Sa vue se fait plus claire, telle une mise au point. Il est sur une sorte de sol, une surface où une myriade de constellations de plusieurs galaxies sont accolées les unes aux autres. Est-il face à des pans de l’univers, la robe surface de l’univers, une vue depuis une dimension transcendantale ? Les yeux un instant ébaubis se remplissent d’une légère frayeur lorsqu’il les lève.

    Des pirates de l’espace tentent de débarquer sur sa sorte de rive…, sabres lasers à la main. Derrière eux, des arbalétriers fagotés un peu de la même manière. Des ombres dansent au bout de leurs carreaux, des éclairs fusent de leurs yeux et… leurs chapeaux lévitent au-dessus de leurs têtes ? Ou c’est leurs cheveux qui se hérissent et chacun de leurs sauts d’êtres assoiffés d’essence de vie d’autrui qui fait tanguer ?

    Le scribouillard se sent comme paralysé. Il donnerait cher pour troquer le porte-plume qu’il… Il a un porte-plume de cristal à la main, maintenant ?! Il n’avait rien l’instant d’avant…

    Greendle ferme les yeux, puis il inspire, expire, inspire, expire.

    Lorsqu’il rouvre les yeux, notre rêveur constate la situation critique dans laquelle il se trouve : il a le pied droit et la main gauche enfoncés dans la terre, enchaînés pour l’un à un piquet au niveau du mollet et pour l’une au niveau du poignet, et le pied gauche et la main droite comme empêtrés dans une sorte de nuage de poussière qui gravite à 1 mètre. En face de lui, juste à l’orée du nuage, non loin de la grotte dont l’antre est devenue lumineuse, le diablotin du début de son rêve est entouré de toute la smala armée. Celle-ci semblerait presque sage comme une image à qui on aurait pas jeté de sort pour qu’elle vous dévore s’ils n’avaient pas de dents affûtées et des armes pointées, et celui-ci semblerait… Il est très inquiétant avec sa tête levée dévoilant un air sarcastique et des dents jaunies – dans lesquelles sont venus se ficher quelques bouts d’os de corps étrangers -, et avec sa brochette tendue – comme si il donnait un ordre d’assaut – vers le cœur du rêveur qui commence à paniquer.

    – « No ! You can’t, i’m in a dream… if i want, i can… », amorce Greendle qui tente de secouer tous ses membres.

    – « You can, but i will come back ! », réplique sur un ton menaçant le diablotin, qui n’a pas changé de posture.

    – « Noooo ! Fichez-moi la paix ! »

    Greendle se sent submergé d’un mélange de terreur et de défiance. Il ouvre la bouche comme pour faire déferler un flot qui engloutirait la menace, mais elle s’évanouit en un battement de cils. La scène cauchemardesque s’évapore dans la pénombre.

    La respiration haletante, un arrière goût trouble dans la bouche jusqu’aux tréfonds de l’esprit, le réveillé avant l’heure prévue, le cœur battant la chamade, secoua la tête pour tenter de chasser les bribes, les relents sensoriels du cauchemar, et prit quelques profondes respirations pour s’apaiser. Il médita dans la foulée sur la signification de ce qu’il venait de vivre chez Morphée.

    « Par l’inconscient,
    ballant,
    quand le feu féroce prend la nuit,
    les ténèbres du carnisme, le jour,
    les beaux rêves s’enfuient,
    se jouent des vilains tours. »

    A la suite de son oraison, il se défit du mauvais rêve jusqu’à la pointe du stylo en se saisissant de son calepin de chevet et en y ancrant ce dont il se souvenait.

    Le dernier point marqué, le jeune anglais retrouva son flegme. Nonchalamment, il entreprit le reste de sa routine d’après réveil.

    Paré pour entamer sa matinée, sur l’écran de son ordinateur portable, assis bien au fond de son siège, la tête penchée légèrement en avant, il fit défiler la liste des messages qui l’attendaient. Il eut la surprise d’en avoir reçu un nouveau de Personne. Elle s’inquiétait de ne pas avoir eu de réponse de son ami-du-net, lui d’habitude si prompt à le faire, et confiait son désarroi de ne pas avoir réussi à écrire un nouveau poème.

    « Chère amie auteure d’île, chère Personne,

    Je suis désolé. J’ai savouré ce que tu m’avais envoyé comme un doux nectar, mais mes pérégrinations sur le net avaient un moment englouti ma bonne humeur. Rassure-toi, c’était une peccadille.

    De même, j’imagine que le silence de ta muse est juste histoire de pause, qu’elle s’amuse derrière la page blanche, attend un instant à venir. Un pas sur le côté, ou disons de plus sur le chemin, et tu te retrouveras de nouveau submergée à vivre et puis encrer des envolées. Non que je minimise l’importance d’une journée sans écrire et que je sois un expert de solution au syndrome de la page blanche, c’est juste que… je pense que plus tu te focaliseras sur ton blocage, plus il sera important.

    Quoique, bon, je dois avouer que j’écris ça alors que je ne sais pas trop comment te rassurer, t’aider, ne pas être trop maladroit, que j’ai beau pouvoir théoriser… J’ai conscience que les « y a qu’à », « faut qu’on », sont faciles. Mais là tout de suite, je ne sais pas trop quoi t’écrire qui pourrait t’aider, d’autant que, de mon expérience, je perçois l’écriture un peu tel un cheminement personnel individuel suivi par l’être soi au monde. Où le monde, l’environnement, ce qui se passe sur les diverses dimensions de l’univers jusqu’aux sens, à effleurer l’âme, à imprégner, a son rôle, mais où le résultat peut être considéré relatif aux exigences de qui écrit. On pourrait le considérer, pour métaphore, un peu tel lié à l’humeur d’un chef d’orchestre face à un orchestre qui n’est pas toujours – voire rarement bien – à ses ordres ? De ce que j’avais lu, c’est – l’exigence envers soi et le résultat – en théorie une des raisons de la panne d’écriture. Et de ce côté, je ne sais si je puis trouver les bons mots pour faire redémarrer l’orchestre qui te conviendrait, raviver le moteur ou y apporter de l’essence-ciel, ton élan. D’autant que je pense qu’il ne faut pas forcer, qu’il n’y a pas de solution toute faite. En tout cas, le fait est que je n’ai pas réussi à garder bien vive, prolixe, la verve poétique qui animait mes mots il y a quelques années, que j’en étais venu à être un peu fataliste.

    Après, cela se discute. Sûrement relatif à l’envie d’écrire. Que j’avais plus trop l’élan. Que la panne d’écriture peut se surmonter avec des efforts, d’une manière ou d’une autre, jusqu’à retrouver le souffle porteur.

    Et par rapport à cela, si j’avais un conseil à te donner, c’est que si le souffle qui a fait ton calame s’envoler pour des poèmes devait avoir du mal à revenir, à s’assoupir plusieurs journées, tu devrais peut-être voir si avec une histoire, selon ce que tu souhaiterais raconter, exprimer, ton encre ne coule pas plus facilement. Bon, j’imagine que tu y as déjà pensé, alors euh…

    Toujours est-il que je suis prêt à tenter de t’aider d’une manière ou d’une autre. Ah, si besoin de thème pour de l’inspiration, de mots clés tel pour un jeu d’écriture, ou que sais-je ?

    Re ah, en parlant de ça, tant que j’y pense, si tu veux, on pourra essayer d’écrire en duo ? Parfois, on se transcende, on écrit plus facilement lorsque des inspirations (s’)animent (s’)inspirent l’une pour l’autre.

    En tout cas, j’espère que tu pourras passer une bonne journée.
    Que les souffles des muses Érato et Calliope soient avec toi !

    @micalement,
    Greegree »

    Après un premier « claviardage », Greendle se relut et étoffa plusieurs passages. Lorsque assez satisfait, il envoya son message. Il s’attaqua ensuite à des correspondances plus « solennelles », dans le cadre de son travail, avant d’ancrer un bout d’histoire, de lire un bref article traitant de la thèse de la Double Causalité et puis de consulter son compte en banque.

    Lorsqu’il fut assuré de ce qu’il pouvait dépenser, ou plutôt ne pas pouvoir dépenser pour chiner le porte-plume admiré la veille, notre amateur de brocante fit le tri dans sa bibliothèque en bois d’ébène. Celle-ci s’allongeait sur tout le mur en face de la fenêtre de la pièce principale de son appartement et débordait sur celui de gauche, à côté de son petit bureau. Notre livrivore en sortit des livres de valeur qu’il avait déjà lus, en vue de les vendre ou troquer. Il hésita un instant à le faire, surtout avec les moins « végan-friendly », mais se dit qu’il ne voulait pas participer ainsi à alimenter des esprits de lectures qui heurtaient ses idéaux, la qualité de sa conscience actuelle. Une fois le pour et le contre pesés sur le pincement de cœur à l’idée de s’en séparer ou de ce qu’il encouragerait en faisant en sorte que d’autres s’y abreuvent, il n’y avait plus que trois livres qui avaient quitté le bois pour se retrouver dans sa besace.

    Au moment de sortir, Greendle eut un sourire amusé en imaginant la probable négociation qu’il devrait mener avec Shakire Jackson. Il regarda l’heure affichée sur son poignet. Il était 10 h bien entamées, il ne fallait pas qu’il traîne plus.

    « Si, en s’efforçant de suivre le courant, le porte-plume
    devient le prolongement de la lumière d’âme,
    alors le passé et l’avenir se compriment et s’enflamment
    dans une goutte d’encre qui ancre tout depuis le posthume ? »

    A suivre.

    Voilou pour aujourd’hui,
    Merci de votre attention,
    Bon courage,
    Bonne journée,
    Bonne fin de semaine.