› Cuisine, Art, Politique et Compagnie › Politique (politique, géopolitique, économie, écologie – articles, documentaires, conférences, docs dédiés à cette « thématique » – Partie réservée à une ligne éditoriale en accord avec certains idéaux) › Politique générale, géopolitique, économie, écologie › Le rendez-vous du vendredi › Répondre à : Le rendez-vous du vendredi
Bonjour,
pour aujourd’hui, je vais vous partager de la suite de l’histoire.
Avant, je dois vous avouer que je suis un peu embêté. Car depuis la date où j’avais écrit la première version, il y a eu pas mal de travaux aménagements à Toulouse, et même si histoire imaginaire, quand s’appuie sur du réel, quitte à actualiser, je me dis autant intégrer le réaménagement de certains éléments, le faire pour le tout. Sauf que cela fait pas mal de temps que je n’y suis pas retourné, pas motivé pour y retourner pour l’instant et la panne de la box fait que je ne puis consulter, comme il le faudrait, des photos récentes en ce moment. Et peut-être aussi que de toutes façons, comme c’est surtout un certain état d’esprit, des préoccupations idées idéaux que je tiens à mettre à jour, à y intégrer, pas tellement la peine. Bon, j’essayerai de faire un effort, on verra.
Et si ce n’est que suite à la coupure du net, avec le temps qui passe, la précarité de ma situation qui nécessiterait que j’en prenne acte pour d’autres changements, et du fait d’autres de mes préoccupations, je me dis qu’il faudrait que je change ma façon de « procéder ». A réfléchir et acter, on verra.
Toujours est-il qu’avant, je compte bien prendre le temps d’aller au bout de la compilation des messages du « Le rendez-vous du vendredi » mis en forme, ce qui prendra un certain temps éparpillé sur quelques semaines à l’allure où je vais, du fait que je ne fais pas juste un c/c, et puis pour le moment, voilou.
Ah, ceci écrit, comme la panne de la box est, de ce que j’ai compris, indépendante des possibles interventions du FAI, qu’histoire d’intervention sur le réseau qui ne sera peut-être pas faite avant plusieurs semaines, que lu des gens qui ont eu ce genre de souci et d’attente, j’ai réfléchi, cherché et trouvé tout à l’heure une solution temporaire pour partager du contenu vidéo, entre autres. Bon, la connexion système d est très lente, plus de 3 heures pour charger la vidéo, donc je la diffuserai probablement que sur https://indymotion.fr/c/cuisine_art_politique_et_compagnie/videos
tant que la box est en panne. Il n’en reste pas moins que vous pouvez écouter la première partie lue à cette adresse : https://indymotion.fr/w/p/8AS2zp7TPVxHrQznMy31ZJ?playlistPosition=1
Et en tout cas, voilou la nouvelle version de la suite, la première partie de la suite réécrite :
Les pages déchirées – Histoire à suivre
Suite du chapitre 1 – Greendle et la plume chinée
Sur le chemin de la Place Saint-Sernin, au cœur d’une petite place verte derrière la place du Capitole, alors que les rues commençaient à grouiller de voitures et de jambes alertes, que les ombres de la nuit laissaient définitivement place aux êtres du jour, il s’arrêta devant une « scène de vie » : un vieux monsieur assis sur un banc en train de donner du pain aux pigeons et non loin, près d’un trio de ronds-troncs, un rouge, un bleu et un plus petit jaune, un jeune couple se chamaillant.
L’élan altruiste de la personne âgée le fit penser au souci du traitement mal-traitement – selon des actes de providence ou de cruauté, au gré des rencontres – des animaux liminaires, dont du propos de l’épisode d’un podcast antispéciste qu’il avait récemment écouté.
Tout en y pensant, Greendle se posa discrètement sur un point de vue qui lui permettrait de capturer l’orage fugace au sein de ce qu’il appelait le « kitsch toulousain », puis, après avoir appuyé sur le déclencheur, s’approcha du monsieur comme si de rien n’était, ou presque. D’un regard en coin, il vit un dernier éclair briser les cieux du couple. Ils devinrent deux personnes s’en allant dans une direction différente, du moins pour le moment. Un peu honteux de son délit d’image, il adressa un sourire pincé à Gustave sur qui il reporta toute son attention. Il se présenta à son tour et lui demanda permission de prendre quelques photographies de son « occupation nourricière ». Après explication de la destination des clichés, en promettant de respecter son souhait qu’on ne le reconnaisse pas, il se mit à l’œuvre, se focalisa sur le geste, les pigeons, les miettes. Une fois assez satisfait, il remercia son mannequin humain d’une poignée de mains, les pigeons d’un coucou de la main, et remit un pied devant l’autre à l’allure de footing.
Le long de la rue du Taur, il repensa à la dispute. Il se fit un instant la réflexion que si la communication à brûle-pourpoint permet en théorie une certaine spontanéité vérité d’être, en pratique, c’est plus complexe, dont par le conditionnement, le jeu d’ego, où s’éloigne parfois de soi et des autres d’une manière ou d’une autre. Il débattit ensuite en son for quelques instants sur le cause à effets pour le cas particulier du couple.
« Entre les parvis,
course du temps
des êtres à vie,
sens en questionnement. »
Bien vite, les premiers étals se profilèrent parmi les fourmis matinales, au croisement des pavés de la rue à moitié piétonne et de l’asphalte qui en tapissait une autre. Greendle quitta ses pensées pour humer l’atmosphère. Le jeune anglais se mêla aux Toulousains, aux badauds, aux travailleurs en marche vers leur terrier, aux étudiants à laboure sortant du Crous et courant vers leur bus, aux gens venus simplement flâner de bonne heure. Il regarda sa montre. A l’instar des autres pressés, il n’avait plus trop le temps de prendre son temps.
Arrivé sur la place, notre bien que pressé oublia presque aussitôt le monde qui l’entourait. L’espace réservé au marché aux puces qui fleurait les alentours de la basilique, débordant à peine sur les ruelles ; la place qui était meublée d’étals à auvents décorés de diverses marchandises, de camionnettes, de « tablées » en hauteur et à même le sol ; s’effacèrent dans ses noisettes verdâtres. Celles-ci s’étoilèrent, se tapissèrent de vieux parchemins ; de livres décatis et de livres quasi neufs ; de livres faméliques et d’ouvrages volumineux ; de couvertures glacées et de recouvertes de liège, écornées à différents degrés. Le presque, ou plutôt ancien amateur de littérature en tout genre en oublia même les marchands à la sauvette en train d’alpaguer le premier badaud, le premier passant venu.
Presque, ou plutôt ancien amateur, car depuis quelques années, il a été amené à mettre fin à sa dissonance cognitive entre son souci pour les animaux et son mode de vie, à se véganiser, et par soif de cohérence, faisant le lien entre les massacres d’animaux et ce qui y contribue d’une manière ou d’une autre, donc y compris par ce qui n’est pas « végan friendly » dans la matière de certaines couvertures et sujets principaux de livres, il en est venu à revoir son sens des priorités et à tenter de les occulter de son esprit, quand il ne leur lançait pas un regard d’agacement désapprobateur s’il n’arrivait à détourner son attention.
Pour le moment, son attention, après s’être portée sur des livres, se porta sur des libraires discrets assis au fond de leur siège qui attendaient patiemment – en lisant un bouquin – que l’on vienne à eux, et sur d’autres – les plus tardifs ? – qui s’occupaient à arranger la disposition de leurs « trésors ».
Tout en effleurant des yeux les paysages lettrés qui offraient leur surface, notre Anglais commença à déambuler d’un pas nonchalant. Il savourait cet instant qu’il ne tarda cependant pas à échanger contre un autre. Une pancarte de fortune « Les plus grands auteurs du 19ème » semblait lui faire de l’œil. Il s’arrêta devant une pile dédiée aux poètes.
– « Bonjour monsieur ! », salua le bouquiniste. Il poursuivit sans attendre qu’un mot ne sorte de la bouche de son potentiel client. « Vous avez l’embarras du choix, que des chefs d’œuvres ! »
– « Bojour ! Est-ce que vos aïvez un Victor Hugo à me conseiller ? », demanda Greendle avec son accent anglais tout en tournant la tête vers son interlocuteur à qui il adressa un léger sourire. « On me l’a souvent conseillé pour parfaire maille culture sur votre littérature. Et un qui soit un minimum végan friendly, ou à défaut, n’escagasse pas trop un végan. Ce qui, du fait de l’époque, est peut-être mission impossible ? »
– « Oh, un lord ! », dit le vendeur avec une pointe d’humour. « Oui ! J’ai, et on vous a bien conseillé. Enfin, si ce n’est pour le caractère… euh… végan friendly ? Cela risque d’être en effet un peu compliqué, tout dépend de la marge que vous êtes prêt à accepter ? Et puis, vous voulez de la poésie ? ou des histoires épiques ? », questionna-t-il en commençant à manipuler les livres. « Quoi que je demande, mais de lui, j’ai surtout des romans à vendre… »
– « Hmm… Je… Une des histoires alors ? »
– « Si vous voulez, la semaine prochaine je pourrai vous dégoter un recueil de poèmes et un de ses plus grands classiques que j’ai vendu il y a peu. Mais si vous avez les moyens, j’ai cette superbe édition de Quatrevingt-treize. Sur la couverture, il y a une magnifique héliogravure. Sinon, L’homme qui rit pourrait vous intéresser si vous êtes prêt à lire de ce qui n’est pas bien végan friendly. C’est inspiré d’un pan de l’histoire anglaise. Et ça tombe bien, vous êtes Anglais, si je ne m’abuse ?! Mais certainement plus difficile à lire que Quatrevingt-treize. Alors, adjugé pour Quatrevingt-treize ? »
Le bouquiniste lui tendit un volumineux livre tout de liège vêtu. Il sentait bon l’arbre. Après avoir esquissé une grimace à l’évocation de la seconde suggestion, en prenant en main la première, Greendle hocha positivement la tête, ses lèvres se fendirent en un fugace large sourire en en appréciant le contact, avant de prendre un air interrogateur.
– « Vous m’avez dit si j’ai les moyens ? », s’inquiéta l’éventuel acquéreur.
Une brève négociation s’ensuivit, puis, les deux parties satisfaites des termes de la transaction qui tenaient en deux beaux billets de vingt euros, il mit la main dans sa besace, paya, rangea, salua et reprit sa déambulation. Il n’avait plus vraiment le temps, ni plus trop d’argent, il continua néanmoins à chiner. D’autres merveilles lui tendaient les pages et il ne voulait pas louper celle qui le ravirait. Il enchaîna ainsi quelques instants les étals des bouquinistes.
Différentes trouvailles ; un livre sur les globe-trotteurs d’une plume vagabonde ; un d’un autre romancier célèbre ; un sur une pièce de théâtre d’un auteur-comédien tout aussi réputé ; attirèrent son attention, le tentèrent. Il se retint en repensant à ses idéaux, à ce qui pourrait le rebuter, et puis au fait qu’il n’avait plus trop de quoi faire d’autres achats.
Dans un virage, alors qu’il avait presque fait le tour du marché aux puces ; de l’offre de ces vendeurs de vagues d’encre d’hiers ; de voyages intemporels en périphérie, en long en large et au travers l’âme humaine ; et alors qu’il s’apprêtait à sortir son appareil photo pour graver la place dans les octets, garder une trace des autres chineurs qui brassaient des livres et d’autres marchandises, avec pour certains une conviction semblant proportionnelle à leur prix dans le cadre de la doxa, c’est parmi un des rares vendeurs de brocante non littéraire et non vestimentaire – le samedi étant plus ou moins consacré aux livres et aux ajouts de « voiles » – que Greendle posa instinctivement ses yeux sur ce qui aurait pu être sa plus belle acquisition du jour.
A suivre.
Voilou pour aujourd’hui,
Merci de votre attention,
Bon courage,
Bonne journée,
Bonne fin de semaine.