#619
Pascal LamachèrePascal Lamachère
Maître des clés

    Bonjour,

    je crois qu’on peut dire que j’ai fait le tour des réflexions contradictions que je souhaitais exprimer. Car si de nouveau lu et entendu des propos où eu à y redire contredire, de la « catégorie » de déjà fait et ne ressens plus l’élan de vous l’exprimer de la sorte, sauf exception(s). Aussi, j’envisage que la « conclusion tentative de synthèse » de ce fil des vendredis soit finalement sûrement assez brève. Et en tout cas, pour aujourd’hui, je vais surtout me concentrer sur de la réécriture de la suite de l’histoire « Les pages déchirées ». Juste avant évoquer de l’exception(s).

    Exception(s), car réflexions contradictions qui me sont venues reviennent à la même « thématique », à la préoccupation pour de l’effectivité pérennité éthique, par rapport à un mode de fonctionnement de l’économie et usages qui devraient être remis en question à cette fin. Si ce n’est que pourrait faire le lien avec d’autres sujets thématiques réflexions, dont la pratique de l’ignorance éclairée / informée, en commençant par l’importance de bien poser les bases des problèmes.

    Car en fait, d’un relatif point de vue, selon un certain repère, dans un certain cadre, des propos où dernièrement trouvé à y redire contredire, on pourrait considérer qu’il y a une part de vérité, c’est moins sur du propos que sur « ce qui n’est pas écrit / dit », le souci du cadre. Encore que, lié à du fond du propos, à part contestable du propos. Du genre, c’est-à-dire, une telle a loué les qualités potentialité d’être de gens spécialisés dans tel domaine dans le cadre de la doxa, pour les défendre face à des gens qui mépriseraient le domaine, tombant dans le travers de l’argumentum ad personam, d’une réflexion digne d’un concours de mauvaise foi (« Petit recueil de 25 moisissures argumentatives pour concours de mauvaise foi » : https://cortecs.org/language-argumentation/moisissures-argumentatives/ ). Et si pas tort de défendre la potentialité d’être, et que de celles et ceux qu’elle visait ont pu être aussi coupables de recours à l’argumentum ad personam, ont pu tenir des propos contestables, c’était faire diversion sur le problème souci, les mobiles de certains : besoin de remise en question de la « doxa capitaliste », d’un mode de fonctionnement. Et sa « défense » assez maladroite est revenue à tenter de légitimer des préjugés contre ce qui n’est pas nécessairement des préjugés, se méprendre. Ce que j’ai trouvé d’autant plus dommage / révélateur du formatage par de la doxa, c’est qu’aux dernières nouvelles, elle est sensibilisée à des causes, dont éthiques et écologiques, n’est pas climato-sceptique, consciente de certains périls civilisationnels, du besoin d’un système en prenant acte.

    Ceci évoqué, il aurait peut-être suffi de lui expliquer les travers liés à un mode de fonctionnement de l’économie, un cause à effets, qu’il fallait qu’elle remette en question le cadre de sa réflexion, « d’où elle pensait », ses propres préjugés. Si ce n’est que c’est compliqué par rapport à / pour de l’effectivité. Même si pas sans solution théorique, pas encore mis en place, à mettre en place. Aussi, il fut un temps où je lui aurais partagé de la doc’ pour défendre le point de vue de celles et ceux qui aspirent à ne pas être liés au cadre de « l’économie de la doxa capitaliste », des pistes d’idées du siècle, voire du millénaire, voire pour l’éternité. Pas fait directement, car quand bien même il y aurait urgence à acter les périls civilisationnels, que savoir comprendre est important, il faudrait / faut pouvoir, passer de la théorie à la pratique. Et tant que pas de l’alternative mise en place prouvée éprouvée, c’est délicat, moi-même je galère, je suis toujours à aspirer à la mise en place d’une sorte de EOTOPIA sans avoir encore concrétisé, tout en invitant à soutenir la REV, le parti « Révolution écologique pour le Vivant ».

    Toujours est-il que sur le plan théorique, considération des soucis, de ce qui devrait être changé, dans un autre genre qui revient un peu au même, au même « mécanisme rhétorique » contesté, à ne pas bien penser aux soucis pour les contemporains, à penser depuis un relatif point de vue cadre contestable / qui devrait être contesté, une autre, une catholique, a évoqué que des d’une catégorie sociale de privilégiés dans « le cadre de l’économie de la doxa capitaliste » iront au paradis. Au sens que là aussi, probable part de vérité, mais là aussi, revient à faire diversion vis-à-vis de ce qui me semble devrait préoccuper et être remis en question, et même à ne pas bien évoquer des fondamentaux pour de l’essence ciel.

    Et puis il y a eu des titres d’articles avec récupération d’éléments de langage à la mode, avec abus du ton d’autorité, qui ont servi une façon de présenter notamment des interprétations d’études à relativiser / relativisables / contestables selon un certain prisme qui me semble plus absolu / plus holistique, qui à mon sens ont reflété une intention contestable, sorte de fuite en avant argumentative par rapport à ce qui devrait être remis en question / évolué / révolutionné d’après certains qui je pense ont raison. Et même si l’intention était plus pour tenter de capter du « temps de cerveau disponible » avec fond d’articles plus nuancés que les titres, m’a semblé revenir au travers critiqué.

    Et si à vos yeux, c’est arrogant condescendant que de critiquer considérer de la sorte, je pense que vous tombez dans le travers de l’argumentum ad personam et que vous ne vous posez pas les bonnes questions, et en tout cas, questions : vous avez bien conscience qu’il y a des périls, dynamique d’extinction de masse, y compris de la précarité mortifère qui pourrait en théorie ne plus être ? Que ce n’est pas parce qu’un politicien, ou une personnalité ayant du pouvoir dans le cadre capitaliste, ferait avancer les connaissances sur un sujet que c’est positif quand sa politique / façon de gérer les affaires reste délétère pour de la population, est considéré(e) nuisible sur d’autres sujets, et que faudrait du concret en solution qui ne se fera pas en servant sa légende personnelle, de la sorte ? Avez-vous bien conscience du cause à effets ? Que proposez-vous comme solution sur la plan systémique qui ne reviendrait pas à « tout changer pour ne rien changer », ne fasse pas le jeu du capitalisme anthropocène capitalocène spécisme ?

    Aussi, en bref, si l’ultracrépidarianisme peut être considéré un souci / contestable au cas par cas, je pense qu’on ne peut faire l’économie d’un aspect pluridisciplinaire, que de ce qui participe du souci est quand il est pensé des « problèmes » et « solutions » selon un certain plan lié à sa « spécialité » / sujet d’intérêt, sans prise en considération d’une problématique d’ensemble. Où me semble que faut se poser les bonnes questions par rapport aux enjeux de notre ère et par rapport à des idéaux, de ce qui pourrait faire solution, être pérenne de cause à effets.

    Aussi, c’est un peu le principal essentiel du propos avec lequel j’envisageais et envisage d’écrire le dernier message de ce fil des « Le rendez-vous du vendredi », on dira que je l’évoquerai tel un rappel, et pour le moment, me semble à propos de le re-évoquer :

    étant donné que la dynamique d’extinction d’espèces, diverses pollutions, divers soucis nécessiteraient des changement dans la façon de faire fonctionner l’économie (cf. notamment « L’économie pour les nuls » de la websérie « Culture en déclin » et l’article « L’urgence climatique rend caduc le réformisme ») ;

    étant donné que des conflits et périls ne devraient se résoudre / prendre fin sans une approche / mode de fonctionnement prenant acte ;

    et cetera ;

    je pense que comme dirait l’Einstein :

    « Nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes avec la même pensée que nous avons utilisée lorsque nous les avons créés »

    et qu’il ne faudrait pas être fait « l’économie » de prendre en considération les divers soucis de « menace existentielle directe », la prise en compte des divers soucis, dont écologiques et éthiques, plutôt que de faire dans le court-termiste ou prétention à des plans prétendus long-termistes (telle la colonisation de l’espace ou développement de technologies) sans résoudre les soucis sur terre par un système adapté (plutôt que proposer de soigner des gens au Groenland, ne faudrait-il pas commencer par un système adapté dans son propre pays, pour l’accès aux soins, et cetera ; des bonnes bases pour de la dignité pour tous et toutes ?).

    Alors, j’ai bien conscience qu’à titre individuel, de quoi se sentir démuni, à être désespéré face à la tendance quand conscience et sensible aux périls. Et certes, pendant ce temps, il faut bien joindre les deux bouts (debout ?! Fait ! Humour sans cynisme), tout un chacun a ses soucis quotidiens. Et je me la jouerais bien Neo à la fin du premier Matrix où il dit d’une certaine façon, de ce que je me souviens, ne pas avoir de solution toute faite pour la suite à suivre, si ce n’est inviter à s’émanciper de la matrice pour premiers pas. Mais pour que ne pas « tout changer pour ne rien changer », ne pas s’embarquer sur des méprises fausses pistes, je pense important d’avoir conscience connaissance de certains fondamentaux, un horizon, des idéaux en tête.

    Re alors, dans le postulat, les principes de base pour certains idéaux, tenter de concrétiser un autre système, on ne peut certainement pas « faire l’économie » de prendre en compte certaines contraintes, comprenant les forces en présence, ne serait-ce que par rapport à la stratégie, pour de l’effectivité efficacité concret. Et à titre personnel, j’en ai un peu beaucoup marre de théoriser de la sorte. Quand bien même raison sur ce qui devrait et en tout cas pourrait être fait en pratique.

    Je termine donc la réflexion de ce jour en vous invitant à consulter les divers doc’s suggérés au fil des messages, et je termine le message de ce jour en vous partageant la réécriture de la deuxième suite (troisième partie) du premier chapitre de « Les pages déchirées » :

    • Texte lu : « Suite 2 (partie 3) du chapitre 1Greendle et la plume chinée »

    A même le sol, au milieu de bric et de broc, au milieu de ce qui était, pour lui, des babioles, trônait un porte-plume en verre torsadé, cristallin, pouvant faire penser à une baguette magique selon la manière tenue. Elle sembla l’appeler comme la mer attire le regard du marin, comme le rêveur sous le dôme étoilé se tourne vers la lune. Il ne put résister à s’y attarder plutôt que reprendre son allure pressée et s’approcha.

    – « Beau jour monsieur ! N’est-il pas ?! Je m’appelle Shakire Jackson », informa le découvreur de merveilles ! « J’vous fais une ristourne si vous m’prenez cet’amante de la page avec cette sculpture du 19ème qu’mon arrière grand-père maternel a obtenu en travaillant auprès du grand Rodin en personne ! », proposa d’emblée le drôle d’antiquaire qui avait remarqué la direction du regard de Greendle.

    Ses paroles exprimées d’une traite par un souffle exotique, sa tenue digne d’un fakir, la peau ridée au teint rosi de ses mains et de ses avants bras dénotant avec la peau hâlée de son visage, laissant à penser du fait des années passées sous le ciel français, enlevaient – préjugea notre jeune reporter anglais – un peu de crédibilité au sens des mots du vendeur dont l’âge apparent avoisinait les quarante ans. Greendle esquissa néanmoins un sourire amusé tout en restant bouche bée sur l’instant.

    – « Oh, je sais, je fais un peu boutiquier des milles et une nuit ! », répliqua le vendeur à l’air lourd de sens de l’homme devant lui. « Mais j’vous garantis la provenance de ce qu’j’vends ! », ajouta-t-il sans se dépareiller de son sourire.

    Son aplomb ne con-vainquit pas les préjugés de Greendle. Il se hasarda cependant à rentrer dans l’échange vocal. Après un signe de tête entendu à l’intention de Shakire Jackson, il reporta son regard intéressé sur la baguette porte-plume tout en formulant quelques sons.

    – « J’aurais préféré acheter uniquement cette sorte de porte-plume. Combien… »

    – « Oh, maille lord ! », coupa le vendeur. « Uniquement cette merveille pour auteur ? J’ai bien vu qu’elle vous intéressait, mais si j’vous ai fait cette proposition, c’est qu’elle a une grande valeur, et accompagnée d’un trésor de plus grande valeur, ça vous aurait fait un prix d’ami ! »

    L’aspirant auteur lui lança un regard légèrement exaspéré à la mention de lord, exaspération qui s’intensifia devant la volonté manifeste de lui soutirer beaucoup de ses euros, y compris de ceux qu’il n’avait pas sur lui.

    – « Pour tout vous dire, ce porte-plume a appartenu à un alchimiste du moyen-âge, enfin deux. Elle aurait été faite par Saint Thomas d’Aquin puis se serait retrouvée, deux siècles plus tard, aux mains de Paracelse. Si vous… »

    – « Je suis désolé, je crains de ne pas avoir la bourse et je n’ai plus le temps de… bavasser. Je dois y aller. Serez-vous là demain ? », interrompit Greendle.

    – « Une bourse ? Vous en avez pas deux, comme tout le monde ? Eh oui, je serre bien la main ! », taquina Shakire Jackson qui tendit la main.

    Greendle fit de gros yeux éberlués. Interloqué le temps de deux battements de cœur, il finit par tendre la main à son tour pour une poignée vigoureuse.

    – « On se voit donc demain ?! Au fait, moi c’est Greendle ! », lâcha-t-il avant de tourner les talons et d’être prêt à ainsi prendre congé.

    – « Enchanté, Greendle ! Que les portes du jour qui s’ouvrent à vous le soient vers une prairie clairsemée de fleurs enivrantes ! », lui souhaita l’antiquaire sur un ton amical.

    – « Oh ! Euh, j’aurais une petite question, peut-être difficile à savoir du fait de la date de fabrication, toujours est-il que je suis végan, souhaite l’être autant que possible, et si c’est du verre, a priori sans colorants qui pourraient avoir une source non végane, dans son processus de fabrication, je me demande ? », s’inquiéta le végan en s’arrêtant, retournant la tête vers l’aspirant vendeur.

    – « Oh, vous voulez savoir si des produits non végans ont été utilisés pour sa fabrication ? Euh, même à cette époque, le combustible était d’origine vegan-compatible. Donc pas de soucis à vous faire, me semble bien. Et cela tombe bien, j’ai une encre végane parfumée au cacao qui irait très bien avec. Elle doit être rangée par là », assura-t-il en montrant un tas composé de petits objets en bois et de quelques petites fioles.

    – « Oh ?! Génial, juste que cela peut attendre. A demain ! », répondit l’aspirant acquéreur sur un ton enjoué et avec un air un peu taquin en levant ses deux mains.

    – « Ah ah ah ! Cela va être notre salut ?! A demain ! », répliqua Shakire Jackson en levant aussi ses mains, avant de tendre la main droite vers une fiole et la poser à côté du porte-plume.

    « Alchimie à la portée,
    hors du temps
    pour un instant
    de souffle à graver. »

    Notre jeune photographe-reporter sourit, se retourna dos à la brocante et commença à tracer sa route avec une démarche altière, qu’il changea en allure de footing de très pressé, à la limite de la course, lorsqu’il mit les pieds sur le trottoir du boulevard de Strasbourg. Il s’était plus attardé que prévu, sa journée de travail avait virtuellement commencé et il lui aurait fallu pouvoir pagayer plus vite sur le cours du temps pour en rattraper. Il faut dire que le menu de son temps, son emploi du temps était bien chargé : séances photographies ; scribouillage d’articles ; corrections ; réunions avec les collègues ; échanges de mails avec le responsable éditorial du journal anglais ; et cetera. Toutefois, la seule conséquence de son retard fut qu’il ne put se faire la séance de cinéma qu’il espérait et il rentra plus tôt que prévu dans son appartement pour se faire à manger, en commençant par effeuiller une salade, éplucher des légumes, les déposer dans une poêle chauffée pour les cuire quelques minutes, puis y ajoutant des haricots rouges cuits la veille pour les réchauffer, avec en fin une sauce végane épicée.

    Après avoir rassasié l’appétit de son ventre, il mit la vaisselle dans l’évier et alla consulter sa boîte mail. Un message de son amie Personne l’y attendait. Elle lui confiait son humeur du moment et un nouveau poème sur l’éclosion des étoiles dans l’univers et leur destinée, une allégorie avec les fleurs d’un jardin paradisiaque. Il en apprécia la lecture mais ne se sentit pas de lui répondre dans la foulée, d’autant plus que la lecture d’un troll sur un blog de poésie dédié à Abu-l-Ala al-Maari, un poète et philosophe ayant vécu de 973 à 1057, défini aussi comme végan, le fit sortir de ses gonds et accapara toute son attention. Bien que peu habitué à rentrer dans la polémique amorcée par des provocations, la considérant futile, « phagocyteuse » de temps et d’énergie, il se sentit obligé de réagir pour défendre ses idéaux et celles et ceux qu’il aimait lire, dont surtout en pensant à son amie-du-net qu’il considérait comme une digne poètesse contemporaine.

    Le trublion, le provocateur avait traité les poètes de parasites, les végans de satanistes, et les poètes végans des pires engeances du néant du malin, évoquant – pour alimenter sa généralité trollage – une théorie du complot se faisant passer pour de la spiritualité et détournant la biographie du poète à l’honneur. Par la raison, Greendle voulut s’efforcer de ne pas être trop cinglant, de ne pas être trop agressif dans sa réponse, mais il eut du mal à réfréner son envie de piquer dans le vif l’auteur du message.

    « Il faut être un pantin de la doxa, un barbouze des mauvais, je dirais même, être possédé par la conscience du malin et pétri par sa mauvaise foi pour se permettre de traiter les poètes de parasites et de véhiculer un tel préjugé sur des gens qui font de leur mieux pour ne pas être complice d’un système délétère. En tout cas, à mon sens, un poète digne du terme donne de lui sur le papier, il met de son regard, de ses tripes, de son âme, du monde. Quand bien même il dépend d’autres, comme tout un chacun d’une certaine façon. Et l’être végan, c’est un peu plus compliqué, selon les mobiles. Si ce n’est que pour Abu-l-Ala al-Maari et ses pairs, c’est par altruisme, au service de l’essence ciel, ils ne sont pas coupables ni complices de ce que vous les accusez. Contrairement à vous par votre inconscience.

    Clairement, si il a pu tenir des propos controversés, dont que son point de vue sur les religions se discutent, les textes de Abu-l-Ala al-Maari sont en général des envolées pétries de sagesse visant à un mieux être collectif, civilisationnel. Et si vous étiez prêt à transcender vos préjugés, vos mauvaises influences, votre mauvaise foi, les lobbies que vous servez consciemment ou inconsciemment, quand ce sera le cas, ses textes devraient vous parler, trouver écho dans vos grottes, vos profondeurs jusqu’à vous sortir de votre carcan, et il devrait ainsi vous transporter vers un horizon d’idéaux.

    Bref, c’est un travailleur de l’essence de vie. On ne peut pas en dire autant de certains exploiteurs ultra-riches et encore moins de certaines entreprises qui font leur fortune de manière discutable, d’un point de vue philosophique idéal ou juste pratique considérant ce qui est délétère ou non, éthique ou non. Quoique, même pour eux, taxer de parasitisme ce serait ignorer le sens du mot et se prendre pour dieu le père. Du moins, pas sans évoquer que c’est une problématique systémique dont ils sont, dans leur potentialité d’être altruiste, aussi victimes.

    Green, l’anglais scribouillard expatrié en France »

    Il se relut et cliqua sur « Send / Poster ».

    Un peu soulagé d’avoir pu exprimer son point de vue mais toujours un peu échaudé, il éteignit son ordinateur et prit l’air en compagnie du livre qu’il avait acheté au bouquiniste en début de matinée.
    Il élut temporairement domicile non loin du jardin du Grand-Rond qui venait de fermer ses grilles, sur un banc de pierre où il commença à feuilleter le livre de Victor Hugo. Bien vite, les yeux ne pouvant plus faire leur office comme il faut sous la lumière évanescente, peu aidé par les lampadaires pour luter contre le voile de la nuit, Greendle se choisit un bar où il y dévora une trentaine de pages avant qu’il y ait trop d’affluences pour lui. Il termina dans son lit sa tranche de lecture, le chapitre qu’il avait entamé, et rejoignit la rive de l’impalpable en se laissant bercer par les vagues d’une mélodie lancinante…

    La brume se lève sur une île, au point d’envelopper les étoiles dans le ciel. Seule la vue d’une grotte persiste. Elle semble loin et proche à la fois. Greendle avance vers elle. Étrange. Il a l’impression de ne plus sentir le sol, ce n’est même pas comme si il s’était dérobé. Vole-t-il ? A peine s’est-il posé la question qu’il se retrouve nez à nez avec un diablotin qui allume un feu au-dessus d’une brochette de cœurs verts. Le diablotin, au nez gros comme un pif, aux noisettes globuleuses et aux oreilles pointues, lui est étrangement familier. Et malgré son rituel macabre, il ne le sent pas menaçant, du moins ne lui prête-t-il pas attention et intention à en avoir peur. L’anglais poursuit sa route vers l’antre de la grotte lorsque, soudain, une vague le submerge…

    A suivre.

    Voilou pour aujourd’hui,
    Merci de votre attention,
    Bon courage,
    Bonne journée,
    Bonne fin de semaine.