#440
Pascal LamachèrePascal Lamachère
Maître des clés

    Bonjour,

    je ne sais si j’arriverai à aborder encore aujourd’hui tout ce que je comptais aborder, avec en plus tout ce qui m’est venu à l’esprit du fait des imbrications entre des thématiques. Je devrais certainement me contenter de synthétiser sans m’éparpiller, d’autant que certaines « thématiques » nécessiteraient de « mettre à jour ses connaissances », de prendre le temps de recherche afin d’écrire le moins de bêtises possible. Pour ne pas faire ce que je serais enclin à reprocher.

    Quand j’écoute des gens relater de leurs expériences, partir de ce qu’ils savent de leur propre vécu, ou de ce qu’ils ont étudié, il arrive qu’ils évoquent de ce qu’ils croient de tel ou tel autre sujet, et relater de ce qui serait des intox à en croire d’autres, ou manquer d’un point de vue un peu plus « holistique », et cela peut décrédibiliser quand bien même de ce qu’ils ont dit serait véridique, ou alors induire en erreur de celles et ceux qui ne savent pas qu’il y a des parties d’intox. Ce que j’aimerais éviter de faire, toutefois, ma curiosité m’a poussé à m’intéresser à diverses matières et disserter autour des faits et l’interprétation des faits est propice à évoquer de tout, je vais donc essayer de le faire, juste que je préviens que j’aurais peut-être tort sur tel ou tel point.

    Au passage, c’est ce que j’apprécie dans la démarche d’auteurs tel que celui du livre « Zones paranormales », livre que j’ai pris en photo : s’intéresser aux faits, aux témoignages, aux interprétations, réfléchir, théoriser, faire un travail d’enquête, mener aussi loin qu’il est possible de le faire une quête de vérité.

    Ce qui m’amène à évoquer ce que j’ai trouvé juste et contestable dans les propos lus de Bill Gates, sur la rationalisation.
    Dans une quête de véracité, d’authenticité, de véridique, de vérité, de compréhension, de conscience par rapport au « réel », les prix Nobel, les diplômes et les études qui vont avec, l’intelligence, le génie, sont des « étiquettes », n’ont pas d’importance si à la base il y a des fausses routes. Et j’ai pas l’impression qu’être qualifié d’intelligent voire reconnu comme un génie selon une certaine norme ne fait pas moins se tromper.
    A mon sens, nul inférieur ou supérieur dans l’absolu, et en matière de quête de vérité il y a juste celles et ceux qui prennent le temps d’essayer de mieux comprendre, d’en savoir plus, en savent plus à un moment donné, connaissent plus de faits.
    Ce n’est pas pour dénigrer ou accorder plus d’importance au savoir théorique, le travail intellectuel, ou les aptitudes au fil de l’acquis. Il y a des notions « fondamentales » que l’on peut qualifier de vraies et importantes à savoir, apprises sur les bancs de l’école ou dans des bons bouquins, comme il y a des erreurs du fait des méconnaissances à l’époque où encrées.
    Aussi, en fait, c’est pour signifier leur relativité, la relativité de ce que l’on pense savoir dès lors qu’il s’agit de comprendre, d’expliquer, d’interpréter, une sorte de critique du recours à « l’argument d’autorité » utilisé par divers camps.

    Je pense notamment aux débats autour de la covid 19 et le dérèglement climatique.

    Pour aller plus droit dans le vif du « sujet », il me semble que la « rationalité » doit se baser sur des « faits », ne pas trop surinterpréter, en cultivant la conscience de ce que l’on sait et pourrait ne pas savoir, la compréhension des limites de notre savoir, comprendre qu’on peut se tromper, réfléchir à ce qui peut nous tromper dans l’interprétation des « faits ». Et si on peut lire tout et n’importe quoi à propos de Bill Gates, écouter des bribes d’entretiens sorties de leur contexte qui lui font dire ce qu’il ne pensait pas tel quel, à relativiser, il y a divers scandales avérés et des « inconnues » qui ont de quoi faire douter de son œuvre de charité et des politiques mises en œuvre, du fait du système capitaliste.

    Dans le genre des scandales, connaissiez-vous l’histoire du scientifique qui avait promu l’essence au plomb ? Je sais plus si dans ma jeunesse j’avais demandé des explications aux parents du label « essence sans plomb » quand ils allaient remplir le réservoir de la voiture, j’ai récemment appris ou réappris une anecdote qui reflète un des soucis du pouvoir financier, de l’influence sur de l’éthique. Qui dit « essence sans plomb » dit qu’à un moment donné il y a eu du plomb. Et cela s’est avéré nocif, et l’on trouve sur wikipedia :

    « En 1924, Thomas Midgley Jr. lui-même dut prendre du repos à cause de sa propre intoxication, mais il garda cette information secrète et participa à une conférence de presse visant à démontrer le caractère inoffensif de cette substance. Pour ce faire, il respira une grande et longue bouffée d’essence plombée pendant près d’une minute et déclara qu’il pourrait faire cela chaque matin sans soucis pour sa santé. »

    J’évoque pas cela pour distiller le doute à l’égard des vaccins, pas pour encourager une fronde de covido-sceptiques. Il y a un concept de « bénéfices / risques ». Et de ce que je sais, y a aussi matière à critiquer les discours des « pro Raoult », des sceptiques et covido-sceptiques. Et c’est le genre de dossier qui mériterait le développement d’une thèse plutôt que d’être abordé de la sorte. Mais en bref :

    – un des soucis autour de la covid 19 me semble venir du manque de recul, avec forte possibilité de contagion quand bien même vacciné, même si les personnes très exposées, âgées et à risques ont sûrement intérêt à se faire vacciner (mais bien s’informer sur les types de vaccins, avec données à jour) ;

    – je me souviens avoir lu et entendu de ce qui m’a semblé quelques « énormités », des assertions contestables de la part de Raoult et de covido-sceptiques, laissant à penser à un manque de nuances, de précautions, une certaine inconscience en matière pharmacovigilance et un manque de connaissances, par rapport au protocole et aux interprétations. Dans le genre, les effets indésirables d’un médicament tel que l’hydroxychloroquine varient, sont majorés dans certains cas, et il n’est certainement pas sans danger, et interpréter, disserter sur la mortalité, surmortalité d’une maladie contagieuse, des « faits », des chiffres connus, a peu de sens, n’est pas pertinent quand il y a eu des mesures sanitaires prises ;

    – qu’une pandémie, risque de pandémie soit prise au sérieux, c’est « normal », toutefois il n’y a pas qu’une gestion possible, cf. le livre de Michel Collon « Planète Malade. 7 leçons du Covid, L’urgence de repenser le système » : https://investigaction.net/les-sept-lecons-du-covid-a-une-planete-malade/

    et COVID, BILAN APRÈS 500 jours. QUEL AVENIR POUR LE VIRUS ? : https://www.facebook.com/39804752934/videos/589164378711955/

    et quid de la prise aussi au sérieux du risque d’extinction de masse, de l’extinction en cours, de l’écocide en cours, de la planification d’une « économie » adaptée ?

    C’est ce qui m’a laissé le plus perplexe vis à vis de la gestion de la crise, les discours des VRP vaccinaux, les agitations politiques autour de la peur du virus, les bénéfices privés des labos et dettes publiques (à ce propos : La science n’est pas capitaliste, mais son usage l’est : https://www.investigaction.net/fr/la-science-nest-pas-capitaliste-mais-son-usage-lest/ ),

    mais ne semblant pas prendre autant ou plus au sérieux ce qui mettrait en péril toute vie sur terre (« Sixième extinction de masse et inégalités sociales sont liées » : https://www.revue-ballast.fr/jean-marc-gancille-sixieme-extinction-de-masse-et-inegalites-sociales-sont-liees/  ),

    et même si l’effort collectif à faire est plus compliqué que proposer des médicaments, la pandémie aurait pu être une opportunité de révolution paradigmatique, de changement de système anticapitaliste, ne pas se contenter de rêveries pendant le confinement pour repartir plus ou moins comme avant au niveau collectif, sachant que le fait qu’un certain nombre aient changé radicalement de mode de vie ne provoque pas par ce simple fait un changement de système, en tout cas pas pour le moment ;

    Aussi, vous aurez sûrement compris en partie là où je veux en venir concernant la critique de la critique de Bill Gates, sur la rationalisation.

    J’aime bien les exercices de l’esprit, réfléchir à ce qui peut invalider tel ou tel raisonnement, mais ce n’est pas évident de le faire pour tout, et même avec Internet, une facilitation de l’accès à une sorte « d’esprit collectif », du fait de la tendance au regroupement par préjugés même dans le virtuel, des thèses diverses et variées, contradictoires, des propagandes, de la tendance aux biais de confirmation et du temps nécessaire et des limites à pouvoir savoir, il est « normal », d’autant dans le paradigme capitaliste, qu’il n’y soit pas plus cultivé à moyen terme un consensus de connaissances qui favoriserait une quête de vérité où tout le monde serait d’accord ou comprendrait bien comme il faut ses démarches philanthropiques. Et puis quand on sait que des « milliardaires américains financent discrètement des campagnes de désinformation en Europe », divers lobbies font des intox, on s’étonne moins du degré de mal-information. Et puis de la tendance à la mauvaise foi de certains pour chercher à se donner raison, sans la raison.

    Un épisode du podcast « Révolution Maintenant ! » de Peter Joseph qui évoque le fait qu’avoir tort devrait être « célébré », qu’on ne devrait pas se sentir déprécié du fait d’avoir dit ou écrit des faussetés (tel que je le comprends, au sens de prise de conscience, de l’acceptation à en témoigner, de la difficulté de le faire, de la lutte contre la tendance à la mauvaise foi pour se donner raison dans une discussion en s’arrangeant parfois avec les « faits » et leur interprétation), et le rôle de « l’ignorance informée » en science, des degrés d’ignorance :

    Traduction française de la transcription de l’épisode 36 du podcast « Revolution now ! » de Peter Joseph (la traduction de la transcription se trouve après la vidéo, si ce n’est que à savoir que la traduction automatique de google ne traduit pas complètement certains passages, pour une traduction complète, traduire à partir de la page d’origine, chapitres par chapitres) : https://www-revolutionnow-live.translate.goog/episodes/episode34-staycationing-9jlk7-kbr23-98fgl-fngdf-jn9pp-zsp5y-mzpbc-8yztc?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=wapp

    L’article d’origine : https://www.revolutionnow.live/episodes/episode34-staycationing-9jlk7-kbr23-98fgl-fngdf-jn9pp-zsp5y-mzpbc-8yztc

    Aussi, par rationalisation, la « rationalité » voudrait qu’au niveau politique, économique, on cherche à mettre en place un « fonctionnement » « pérenne ». C’est plus que délicat du fait du stade du Capitalocène, où nous en sommes, probablement mission impossible, il est déjà trop tard pour éviter ou limiter certaines catastrophes, mais c’est ce qu’il faudrait faire.

    C’est ce qu’avaient été plus ou moins amenés à encourager, à prescrire à leur époque des scientifiques comme Carl Sagan, et ce qu’il faudrait faire d’une certaine façon à notre époque.

    Un extrait de son propos : « J’aimerais conclure en disant simplement quelques mots sur le type de perspective que ce problème, en tant que problèmes connexes, nous pose. Voilà un problème qui transcende notre génération particulière. C’est un problème intergénérationnel. Si nous ne faisons pas ce qu’il faut maintenant, nos enfants et nos petits-enfants seront confrontés à des problèmes très graves. C’est aussi un problème mondial. »

    A lire un épisode avec réflexions où il est évoqué certaines difficultés  (la traduction de la transcription se trouve après la vidéo, si ce n’est que à savoir que la traduction automatique de google ne traduit pas complètement certains passages, pour une traduction complète, traduire à partir de la page d’origine, chapitres par chapitres) : https://www-revolutionnow-live.translate.goog/episodes/episode34-staycationing-9jlk7-kbr23-98fgl-fngdf-jn9pp-zsp5y-mzpbc?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=wapp

    L’article d’origine : https://www.revolutionnow.live/episodes/episode34-staycationing-9jlk7-kbr23-98fgl-fngdf-jn9pp-zsp5y-mzpbc

    Présentation : « Dans cet épisode, nous continuons à démystifier la mythologie pro-marché, en nous concentrant spécifiquement sur la véritable structure du capitalisme ainsi que sur les trois boucles de rétroaction les plus destructrices qui s’y trouvent. La paralysie inhérente causée par le système, limitant le progrès social et la résolution des problèmes, est également explorée. »

    Au passage, avec Internet, si il est possible et facilité de suggérer tel ou tel doc, telle ou telle thèse, il faut que les gens prennent le temps de le faire, et un des arguments de la démocratie directe et où je pense que ses adeptes ont raison, c’est que si on mettait / quand on met autour d’une table des citoyens pour prendre une décision après discussions, après étude sur un sujet dont ils n’ont pas forcément bien connaissance au départ, avec de « l’information de qualité », s’assurant qu’ils prennent le temps d’y réfléchir, il se dégagerait sûrement une certaine « rationalité ». Jacques Testart en a considéré la notion d’Humanitude d’expériences et un « protocole rationalisé et reproductible pour ces procédures disponible sous le nom de convention de citoyens ».

    Ce qui m’amène à penser que le principal souci vient d’un manque de disponibilité, de temps nécessaire, de soucis quotidiens, de la facilité de se contenter d’informations superficielles par manque de temps et / ou de courage pour approfondir et défier ses propres préjugés, sa propre doxa, et que si on mettait des climato-sceptiques à la même table que des catastrophistes, que des « chercheuses et chercheurs de solutions », il en ressortirait probablement des propositions constructives, que les climato-sceptiques ne le seraient plus. Pour que cela soit appliqué, c’est une autre histoire. Dans le genre il serait ressorti de bonnes idées de la « Convention citoyenne pour le climat » mais il n’y avait pas de garantie d’application, et c’est pas les critiques de la politique du gouvernement qui manquent.

    On pourrait synthétiser le problème au manque de rationalité d’un système, qui favorise le manque de rationalité en terme de pérennité, influence un état d’esprit avec des externalités destructrices, qui favorise une « rationalité relative à un problème particulier et de l’inconscience par rapport au problème holistique ». Et que si nous étions rationnels, nous dirions collectivement stop au Capitalocène et aux diversions tant que le péril persiste, nous ferions front pour mettre en place une révolution de paradigme en prenant en compte divers soucis, pour les résoudre au mieux.

    Cela me fait penser à une parole qu’aurait eu Jésus immédiatement après son crucifiement : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ».

    Les chefs d’entreprise comme Bill Gates, Elon Musk, et cetera, et même tout un chacun car le souci, le tort est général, collectif, systémique, pensons savoir ce que nous faisons par rapport à des impératifs, par rapport à la relativité, la contextualisation de l’existence, par rapport aux « règles du jeu en place », aux « cartes en main » pour prendre des décisions, et cetera. A quel point sommes-nous certain de ce que nous faisons ? Bien conscient du cause à effets, des influences que nous subissons, et cetera ? Étant donné la catastrophe planétaire, de quoi en conclure que Jésus avait raison, que c’est encore valable de nos jours même pour bon nombre de « savants », des prix Nobel et compagnie.

    Et si certains seraient tentés d’excuser par « réalisme » vis à vis des forces en présence et de la difficulté, des politiciens, des belligérants, l’excuse n’enlève rien à la critique d’un point de vue connaissances sociologiques, d’études des systèmes et civilisations. Et avoir des stratégies plus ou moins complexes prétendant servir un dessein plus grand ne fait pas plus « savoir ce que l’on fait » du point de vue de ce qu’on ignore ignorer, si je puis dire.

    Cela me fait penser à une critique des écrivains et artistes que j’avais lu alors que j’avais cherché à comprendre diverses thèses « complotistes », à tenter de démêler « le vrai du faux ». Je ne me souviens plus exactement du propos. Je crois me souvenir que je l’avais trouvé en partie « recevable » tout en étant contestable. J’y voyais une certaine pertinence, mais très relative. Et je ne sais pas si il y a plus de climato-sceptiques et covido-sceptique parmi les auteurs et artistes, il y en a bien qui comprennent la problématique écologique, sociale, et je trouve dommage que nombreuses personnalités aient une tendance « apolitique ». Je comprends qu’ils et elles préfèrent ne pas trop se mouiller, mais ils et elles pourraient s’inspirer de leur pair, avoir le courage de leurs opinions, ou s’en forger une, mieux s’informer. Après, il y a plusieurs façons de faire de la « musique politique », d’être politique via la musique ou de s’engager par la plume, et une musique qui vous donne des frissons, vous remonte le moral, une création qui vous change les idées, vous inspire quand vous déprimez peut être plus constructif à un moment donné. Ainsi, il me semble que toute création n’a pas à être idéologique pour apporter sa pierre à l’édifice. Et puis nombre d’écrivains et d’artistes sont des « éponges », des créateurs influencés par une culture, une époque, pas plus à les critiquer que les autres « influenceurs », que tout un chacun.

    Aussi, un prisme critique, réflexions que je trouve plus à propos : Garantie économique générale et production culturelle : https://blog.mondediplo.net/garantie-economique-generale-et-production

    C’est aussi ce que je trouve contestable (prétendre savoir sans pouvoir être assuré de savoir, de bien comprendre le « Tout », sans pouvoir avoir un point de vue holistique) dans les concepts tel que le karma et autres thèses prétendant « rationaliser » le sens de l’existence, prétendant être une clé de compréhension du sens de l’existence, de la part de mystère, de l’extrapolation de « l’inconnaissable » se basant sur une rationalisation / des explications contestable/s d’un certain point de vue.

    Non pas que je les trouve insensés, mais relatifs, contestables suivant le « plan » considéré, sachant qu’étant donné les contraintes de l’existence, les influences paradigmatiques, « qu’on ne nous dit pas tout », de la même façon qu’il y a des « circonstances atténuantes » dans les jugements humains, ce serait d’autant plus vrai dans l’absolu si on croit qu’il n’y a pas de mort mais seulement des stades de la vie. Et par rapport à cela je suis dubitatif à l’écoute de la plupart des explications prétendant extrapoler une facette transcendantale, ne serait-ce que de notre point de vue de « simple mortel », de présent « ici et maintenant », interprétant ce qu’on ne peut connaître assurément, savoir, tant que nous sommes dans cet état.

    Et si vous êtes de celles et ceux qui pensent avoir la réponse au « mystère de l’existence », essayez de faire un exercice de l’esprit, de réfléchir à ce qui peut invalider le raisonnement sur lequel vous basez votre certitude, aux informations qui pourraient venir vous éveiller à un autre niveau de conscience, à changer de prisme, comprendre le vécu autrement.

    Et si vous avez la foi, tant mieux ! Cela me semble décalé tant l’actualité est un « crève cœur » (une prière pour les êtres vivants en Palestine et d’autres lieux de conflits et en péril du fait de l’extinction d’espèces), démoralisant, mais je reconnais que la « vie incarnée » est belle, qu’il y a de quoi être émerveillé, ainsi que sur le plan de l’esprit, par la potentialité. Juste que je vous invite à réfléchir à de vos croyances, de la remise en question, surtout si vous sous-estimez le problème de paradigme. Car même si vous croyez aux notions de bien et de mal, d’ange et de démon, de positif et de négatif, de bien et de mal, de sincère et de malin, ou que sais-je de notion duelle, il me semble objectivable du point de vue incarné, des connaissances sociologiques, qu’il y un problème systémique, et qu’une évolution à la hauteur d’idéaux ne viendra pas tant d’un éventuel sauveur ou sauveuse, d’effort à faire en soi, par soi, plus par une révolution collective, de paradigme. Et ce n’est pas une ode à ne rien faire, car certes, pour y arriver il faudrait bien des gens conscients, ayant un point de vue holistique, comprenant divers soucis, cultivant un état d’être pour être constructif, déterminé, impulser de l’évolution, surtout pour signifier que c’est histoire de collectif et non pas tant et certainement pas que par l’individuel, avec importance des notions telles que luttes des classes et plan pour en sortir, compréhension sociologique, « faits » que me semblent sous-estimer les adeptes du « développement personnel » et croyants qui théorisent l’état du monde le reflet de notre « intérieur » en semblant occulter le jeu des influences extérieures.

    Et en fait, ce que je conteste surtout c’est les justifications contestables à tel ou tel drame, le mauvais sort fait à telle ou telle population, telle ou telle espèce, un système qui pourrait être autre. Qui me semble refléter une certaine inconscience, ignorance des causalités, du cause à effets.

    Je ne connais pas bien toute l’histoire des religions, des spiritualités, des variantes. De ce que j’ai compris, j’ai certainement un penchant gnostique, du moins j’étais pas loin d’avoir une telle conclusion, mais comme expliqué, je pense que le souci c’est plus un système qui pourrait être autre, et qui n’est pas tel qu’il pourrait être non pas à cause de la « matière » ni d’un « mauvais esprit » mais d’une forme d’inconscience engendrée par un système difficile à révolutionner en l’état.

    Et je n’ai pas la prétention de parler au nom de la « Justice divine », de prétendre ce qu’elle serait même si j’ai ma croyance, encore que je trouve plausible diverses théories sur ce que nous appelons l’existence, et le Justice serait relative à ce que serait le Dessein, l’au-delà. Du genre si nous vivons dans une sorte de « réalité virtuelle », l’existence serait comme un apprentissage, et mis à part les regrets « d’avoir mal joué » si fait beaucoup d’erreurs, de ce que nous nous infligerions à nous-même, il n’y aurait pas de « Justice ». Encore que si l’objectif serait d’apprendre pour favoriser une certaine prise de conscience, la « Justice » serait d’en prendre acte, de comprendre les « erreurs ». Si ce n’est que je suis sceptique à l’idée qu’une entité ou civilisation d’esprits puisse avoir besoin de ce genre d’expérience à des fins « pédagogiques ». Et comme je considère la relativité du libre arbitre, je pense que la « Justice » serait plus dans la prise de conscience de notre inconscience, si je puis dire.

    Toujours est-il qu’en terme de « Justice humaine », j’écrirais bien que la justice a des progrès à faire, si ce n’est que de ce que j’ai appris, au cours de l’histoire, il y a eu des périodes où de la justice était plus soucieuse des écosystèmes, des autres êtres vivants. A écouter cet épisode du podcast « Comme un poisson dans l’eau » : Les animaux sont-ils des personnes ? : https://www.youtube.com/watch?v=_NMT6TpRB7w

    Un article où une dame évoque le souci des injustices envers d’autres êtres vivants et sa notion de la justice : Dalila Awada, sur sa foi et sa militance pour l’abolition de l’exploitation animale : https://www.revue-ballast.fr/dalila-awada-si-la-justice-exclut-les-animaux-elle-demeure-partielle/

    Et pour celles et ceux qui se soucieraient sincèrement des plantes, croiraient que « l’univers est conscience », que les plantes, les pierres, tout est lié à une forme de vie consciente que serait l’univers ou la planète Gaïa, est-ce une raison pour tuer des animaux ?

    Certains me semblent faire la confusion entre « sensibilité » et « sentience », conscience de sa souffrance, interprétant de manière contestable, à faire des sophismes, de ce qui est perçu de l’étude des plantes.

    J’ai une citation en tête d’un poète philosophe, du moins l’idée, je ne me souviens pas de la formulation. Il est question de faire attention à ne pas surinterpréter, des risques à trop laisser vaquer ses suppositions. Ah, j’ai un doute que cela soit celle-ci, mais une pensée de Blaise Pascal qui s’en rapproche : « L’imagination est la maîtresse d’erreur et de fausseté, d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours. »

    Aussi, si il y a des cas qui laissent à penser qu’il faudrait mieux appliquer la principe de précaution et ne pas manger ce dont nous n’avons pas besoin, tels que les poissons qui, de ce que j’ai aussi appris il y a quelques temps, ont longtemps été sous-estimés (Les poissons : une sensibilité hors de portée du pêcheur : https://www.cahiers-antispecistes.org/les-poissons-une-sensibilitehors-de-portee-du-pecheur/ ), ce n’est pas une raison pour se soucier de la sensibilité des plantes qui justifierait la tuerie d’animaux dont la sentience est prouvée. Je vous invite à écouter des épisodes du podcast « Comme un poisson dans l’eau » pour le détail des arguments sur la sentience, de la philosophie antispéciste.

    Et admettons que les plantes seraient aussi liées à une forme de conscience, que leur souffrance et mise à mort serait ressentie par un être conscient, dans ce cas, il y aurait la possibilité de favoriser le frugivorisme pour celles et ceux dont la croyance serait de bonne foi et non pas un prétexte pour fuir ses responsabilités et se donner pas trop mauvaise conscience à l’égard des animaux, du mauvais sort qui leur ait fait subir. Et il serait en tout cas fait moins de mal en se nourrissant directement aux plantes.

    Ceci étant écrit, précisé : Quelques réflexions au sujet de la sensibilité que certains attribuent aux plantes : https://www.cahiers-antispecistes.org/quelques-reflexions-au-sujetde-la-sensibilite-que-certainsattribuent-aux-plantes/

    Ce qui m’amène à évoquer le souci autour de la rationalisation à la Descartes, et autre partie de là où je voulais en venir, par la critique de la critique de Bill Gates, de ce qui m’est venu à l’esprit en lisant le regret de Bill Gates, même si ce n’est pas tant ce genre de « rationalité » qu’il évoquait.
    Il est peut-être impropre de l’évoquer comme tel, de la critiquer de la sorte, je ne suis pas un spécialiste de la pensée de Descartes, je n’ai pas lu attentivement de développement de sa philosophie, juste pour évoquer l’erreur du concept de « l’animal machine » qui lui est attribué. L’excuse du manque de connaissance éthologique de son temps peut expliquer son ignorance, son mauvais jugement envers des animaux, comme de ceux qui sous-estimaient les capacités et la sentience des poissons jusqu’à il y aurait quelques décennies (et encore de nos jours pour ceux qui ignorent les études réalisées, la mise à jour des connaissances), mais il illustre parfaitement le souci de disserter à partir de préjugés, de l’erreur de se croire rationnel du fait du recours à un raisonnement, le souci des prémices pouvant paraître sensées mais qui ne le sont pas quand on prend le temps d’approfondir, le souci d’extrapoler par la seule théorie, le souci des mauvaises interprétions et de l’importance de faits du point de vue holistique, du cause à effets du point de vue holistique, de s’assurer de ne pas mal les interpréter plutôt que de fonder des théories sur des parts d’ignorance, où Descartes aurait dû pouvoir comprendre qu’il faisait des sophismes, que son interprétation était douteuse.

    Et certains appliquent à eux mêmes, et de fait à l’espèce humaine, le mauvais jugement de Descartes aux animaux. Si vous vous définissez comme athée, vous pourriez considérer ce sujet plus irrationnel que le covido-sceptisime ou climato-sceptisime, et pourtant ! Et pourtant il illustre aussi parfaitement les limites du rationalisme à la Descartes, de celles et ceux qui se croient rationnels. Je pense à l’âme, à l’esprit que d’aucuns attribuent aux êtres humains et à diverses formes de vies animées de « conscience éveillée », et à des « signes », des « faits » qu’ils et elles considèrent comme une preuve.

    Alors pour être plus précis, certains s’intéressent aux « faits », aux témoignages autour sans forcément chercher à les interpréter pour y trouver matière à foi dans l’au-delà, suspendant leur croyance dans l’attente de plus de certitudes, réfléchissant à plusieurs interprétions possibles en attendant. Et je puis comprendre qu’on soit sceptique sur des interprétations, en revanche, je suis très sceptique vis à vis des « interprétations » de certains qui se prétendent zététiciens, de « scientifiques » qui préjugent sur des expériences tel que les NDE et autres « phénomènes mystérieux ».
    J’écris cela car je me souviens avoir vu passer sur un moteur de recherche, ou au cours de la lecture d’un article, une publicité pour un livre d’auteurs présentés comme « journalistes scientifiques » et censé être un condensé des connaissances actualisées sur l’étude du fonctionnement du cerveau. De la même façon que le jugement de Descartes sur les animaux apparaît irrationnel au regard des connaissances actuelles, je trouve certaines interprétations assez irrationnelles de la part de gens prétendant l’être. Limite plus que ceux qui ont gobé des canulars tel que les Ummites et les fausses momies extraterrestres qui avaient des raisons d’y croire. Je veux dire, qu’on doute de l’interprétation que de celles et ceux qui ont fait des NDE y donnent, soit, mais certains « phénomènes » ont de quoi chambouler des certitudes, notre interprétation du « réel », et faire croire qu’une interprétation de mesures prouverait que ce serait un « subterfuge » du cerveau juste avant l’expiration, cela me semble être une carence de philosophie, une sorte de sophisme, du scientisme au sens péjoratif prétendant actualiser des connaissances avec des interprétations dépassées, une certaine malhonnêteté intellectuelle faisant fi que d’autres interprétations n’en sont pas moins valables, voire plus, les mesures pouvant être comprises autrement.
    Et j’ai récemment écouté une conférence et lu des critiques de prétendus zététiciens qui me confortent dans l’idée qu’ils cherchent à se donner un genre mais se font plus avoir par des biais de confirmation et mauvaises interprétations qu’ils semblent le croire. Si vous voulez approfondir, vous trouverez des articles à ce sujet sur ce groupe Facebook : Phantasmagoria : paranormal, hantises, poltergeists et apparitions : https://www.facebook.com/groups/1192040898138293

    Enfin, un article exemple de ce qu’une science « rationnelle », ou plutôt des scientifiques me semblent devraient faire (à chercher à comprendre plus que de pondre des thèses autour d’une seule interprétation de faits, assez douteuse eut égard aux témoignages) :

    Les ondes cérébrales se synchronisent lorsque les gens interagissent : https://www-scientificamerican-com.translate.goog/article/brain-waves-synchronize-when-people-interact/?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=wapp

    L’article n’est pour le moment pas en ligne au moment où j’écris, alors extrait traduit que j’avais mis de côté : « La neuroscience collective, comme l’appellent certains praticiens, est un domaine de recherche en pleine expansion. Une découverte précoce et cohérente est que lorsque les gens conversent ou partagent une expérience, leurs ondes cérébrales se synchronisent. Les neurones situés aux emplacements correspondants des différents cerveaux s’activent en même temps, créant des motifs correspondants, comme des danseurs se déplaçant ensemble. Les zones auditives et visuelles réagissent à la forme, au son et au mouvement de manière similaire, tandis que les zones cérébrales d’ordre supérieur semblent se comporter de la même manière lors de tâches plus difficiles telles que donner un sens à quelque chose de vu ou d’entendu. L’expérience d’« être sur la même longueur d’onde » qu’une autre personne est réelle, et elle est visible dans l’activité du cerveau.

    Un tel travail commence à révéler de nouveaux niveaux de richesse et de complexité dans la sociabilité. Dans les salles de classe où les élèves sont engagés avec l’enseignant, par exemple, leurs schémas de traitement cérébral commencent à s’aligner sur ceux de cet enseignant – et un plus grand alignement peut signifier un meilleur apprentissage. Les ondes neuronales dans certaines régions du cerveau des personnes écoutant une performance musicale correspondent à celles de l’interprète – plus la synchronie est grande, plus le plaisir est grand. Les couples présentent des degrés plus élevés de synchronie cérébrale que les couples non romantiques, tout comme les amis proches par rapport aux connaissances plus éloignées.

    Mais comment la synchronie se produit-elle ? Une grande partie du phénomène reste mystérieuse – même les scientifiques utilisent parfois le mot « magie » lorsqu’ils en parlent. Une explication simple pourrait être que la cohérence entre les cerveaux est le résultat d’une expérience partagée ou simplement un signe que nous entendons ou voyons la même chose que quelqu’un d’autre. Mais les recherches les plus récentes suggèrent que la synchronie est plus que cela, ou peut l’être. Selon le neuroscientifique Weizhe Hong de l’Université de Californie à Los Angeles, ce n’est qu’en examinant le cerveau de tous les individus impliqués dans une interaction que nous pouvons commencer à “comprendre pleinement ce qui se passe”. »

    J’imagine que vous aurez du mal à trouver le temps de lire et écouter tout ce que j’ai écrit et tous les liens partagés aujourd’hui, j’ai hésité à l’étaler sur au moins deux autres vendredis, mais c’est écrit pour aujourd’hui, alors voilou.

    Bon week-end, à la semaine prochaine !