› Cuisine, Art, Politique et Compagnie › Politique (politique, géopolitique, économie, écologie – articles, documentaires, conférences, docs dédiés à cette « thématique » – Partie réservée à une ligne éditoriale en accord avec certains idéaux) › Politique générale, géopolitique, économie, écologie › Le rendez-vous du vendredi › Répondre à : Le rendez-vous du vendredi
Bonjour,
pour aujourd’hui, je vais encore vous partager de la suite de « Les pages déchirées », la réécriture de la deuxième partie du second chapitre « Au-delà de la brume ». Avant, de la brève réflexion qui m’est venue en réécoutant des chansons de Michael Jackson que je n’avais pas écoutées depuis un certain temps, et de la réflexion étude pour de la « politique de la cause animale » suite à la réception et lecture d’une lettre d’informations de la commune où je réside actuellement.
Concernant de la réflexion raisonnement pour de la « politique de la cause animale » suite à lecture d’une lettre d’informations de la commune, il s’agit d’une question sujet à débat sur le traitement souci que poseraient les pigeons, reflétant la difficulté de cohabiter pour certains avec les animaux liminaires, dans le cadre de la civilisation anthropocène capitalocène spéciste. Il y était informé un traité sur l’interdiction de les nourrir, et une interrogation étude en cours sur le sort à leur réservé, pouvant laisser entendre du mortel, avec une formulation de mobiles contestables de ce que j’ai lu ailleurs.
Bref, la façon de présenter le souci que les pigeons poseraient m’a « titillé ». Parce que doute sur les intentions à prendre acte, et d’autant que seraient basées (pour de l’électoralisme ?) sur quelques préjugés à l’aune de certaines études thèses, et qu’en matière de rapport à l’environnement potentiellement destructeur, dont par du caractère invasif, l’humanité dans le cadre de l’anthropocène capitalocène spécisme se trouve assez hypocrite de le reprocher à d’autres.
Ce qui m’a d’ailleurs fait penser qu’il faudrait un de ces jours que je prenne le temps de lire des conseils de lecture donnés par ChatGpt pour « une posture écosophique, la sagesse de l’habitation du monde, comment cohabiter dans un respect mutuel du vivant ».
Cf. les titres vers le milieu du message pour le 5 septembre de l’année dernière : https://www.cuisine-art-politique-et-compagnie.com/forums/r%C3%A9pondre/570/
Toujours est-il que dans le cadre de la « civilisation » « industrielle anthropocène capitalocène spéciste », entre source origine cause à effets de destruction de territoires, de zoonoses du fait de l’élevage et extinction d’espèces – qui en vie auraient endigué des maladies – à cause du mode de fonctionnement de l’humanité coupable dont de pollutions, et cetera ; et de cause à effets d’extinctions exterminations de masse ; l’espèce humaine est mal placée pour se placer en juge d’autres et s’arroger le droit de vie et de mort alors que pourrait faire autrement que du mortifère. Même si, certes, pas la seule à pouvoir être invasive et être tentée de coloniser tout un territoire, tels que des serpents sur « l’île aux serpents », et que peut se comprendre que les espèces invasives posent souci.
Au passage, quelques liens déjà partagés, mais si pas encore lus :
« Des zoonoses à l’antibiorésistance : bienvenue dans la fabrique des « bombes sanitaires » » : https://blog.l214.com/2020/04/22/zoonoses-lantibioresistance-bienvenue-fabrique-bombes-sanitaires
« À Marseille PETA rappelle que manger des animaux cause des pandémies » : https://www.petafrance.com/actualites/marseille-peta-rappelle-que-manger-des-animaux-cause-des-pandemies/
« Élevage industriel : un désastre sanitaire pour les salariés et les animaux » : https://lareleveetlapeste.fr/elevage-industriel-un-desastre-sanitaire-pour-les-salaries-et-les-animaux/
« Être bienveillant envers les animaux est une garantie d’améliorer la condition de l’être humain. » : https://lareleveetlapeste.fr/etre-bienveillant-envers-les-animaux-est-une-garantie-dameliorer-la-condition-de-letre-humain/
Et pour parler encore plus franchement, du genre, quand j’apprends de l’actu telle que l’embrochement du cadavre d’un animal par des crétins abrutis de mon pays non loin d’une mosquée, telle de la provoc’ en se servant du corps trucidé d’un pauvre animal qui aspirait à vivre, je me dis que nombre de mes contents pour rien et contents pour reine se sont comportés en représentatifs d’une espèce infernale indigne de l’essence des cieux, une bande de dégénérés. A en désespérer de l’humanité.
Et j’ai beau me dire, tenté de me rassurer raisonner qu’à une époque, je n’étais pas encore végan, que nombre de participants à ce genre d’événement évolueront certainement à regretter de pas l’avoir été plus tôt (végan) et d’avoir participé à ce genre de consommation de cadavre tels des sataniques, il n’en reste pas moins qu’à l’aune de mes considérations actuelles, avec en plus souci pour l’état de l’environnement, et cetera, et dont certaines tendances, je me dis qu’il y a un côté infernal dans ces pratiques carnistes non véganes (qui me font penser à ce que deviennent les parents – de ce que je me souviens – au cours du Voyage de Chihiro), que de quoi douter que l’humanité saura prendre acte pour de l’éthique dignité.
Après, je me rassure aussi en me disant que même si y aurait eu un grand nombre de participants à ce repas de « pas glop », pas forcément représentatifs de la majorité ayant à cœur la cause animale à divers degrés ; et que nombre d’entre eux ont peut-être été payés influencés par un lobby think tank de médiocres penseurs d’extrême droite ; et que pourrait y avoir un rassemblement beaucoup plus important pour un repas végan, rassemblant des « végans friendly » en nombre.
Et bref, je me rassure en me disant que si d’aucuns sont capables du pire quand mal influencés, aussi capables d’être meilleurs, qu’en tout cas des humains ont évolué à l’être.
Mais bon, en attendant, voilou.
Aussi, ainsi, je suis embarrassé quand sous prétexte de préjugés dont sur le péril pour la santé publique et raisons plus ou moins spécieuses, il est pris des décisions de restriction contre des espèces liminaires. Et certes, quand leur « développement » est corrélé à de l’interaction avec de l’humanité, peut se comprendre la volonté besoin de l’encadrer par une politique de « gestion de territoire ». Et l’humanité s’étant arrogée certains espaces, dans la civilisation actuelle, se comprend que cherche à jouer le rôle de gardien de « l’écosystème urbain ».
Et reste que si cela se comprend, je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’il y a une certaine hypocrisie de la part d’une espèce qui devrait se donner des leçons et évoluer à prendre acte, pour ne plus être de ceux qui ont mené à de la destruction et à l’extinction d’autres, dont à avoir pollué, torturé, violé l’intégrité d’autres, pratiqué de la « gestion eugénique délétère » de diverses espèces, jusqu’à en massacrer dans les abattoirs par milliards.
« Chaque année, on tue plus d’animaux qu’il y a eu de morts durant toutes les guerres de l’humanité » : https://coteboudreau.com/2014/03/12/morts-danimaux-par-annee-et-morts-durant-guerres/
Bref, la lettre reçue de la part de la mairie sur le souci que poseraient les pigeons m’a semblé mériter une réponse antithèse, de la contradiction.
Bon, je leur ai exprimé le fond de ma pensée de manière plus synthétique, vraiment brève, tout en étant tout aussi franc. Pour le message d’aujourd’hui, j’ai pas mal délayé, notamment du fait de la considérée connerie de franchouillards. Et que ressentant le besoin d’encore un peu m’épancher.
Et à propos de s’épancher, pour plus ou moins en finir avec cette histoire de souci que poseraient les pigeons, m’est venu à l’esprit que pourrait imaginer écrire une lettre similaire si l’humanité dans le cadre de la civilisation industrielle anthropocène capitalocène spéciste était jugée par le comité d’une confédération d’êtres sentients intergalactique ou même juste une espèce en charge de ce que nous avons baptisé la planète Terre, « dans l’ombre du monde ».
Je ne vais pas la reprendre reformuler dans son entièreté, juste une bribe :
« Par Le comité de la gestion de la Terre
Sujet : Gestion de l’espèce humaine
Message : Par le pouvoir que nous a octroyé l’Élohim Yahvé en son absence pour veiller sur l’équilibre de l’écosystème Terre,
Étant entendu qu’avec son économie non économique l’humanité a exterminé d’autres espèces ;
Étant entendu que l’humanité est coupable d’avoir été nuisible, invasive, et d’avoir exporté des espèces invasives dans des territoires ;
Étant entendu que l’humanité a provoqué des pandémies, favorisé de l’antibiorésistance, des soucis sanitaires en exploitant d’autres espèces ;
Étant entendu que l’humanité a semé de la mort dans des vastes régions, provoqué de la perte de biodiversité, de ce qui faisait la richesse spirituelle de la planète ;
Nous avons décrété de limiter leur développement d’une manière ou d’une autre, dont d’empêcher qu’ils puissent coloniser d’autres planètes et faire en sorte qu’ils ne puissent plus nuire aux autres espèces, et donc interdisons d’en nourrir et encore moins d’en sauver.
Et puis nous sommes à étudier diverses pistes pour que la planète puisse retrouver de sa splendeur. Peut-être favoriserons-nous l’autodestruction des humains. Nos services de gestion des espaces verts sont sur le coup.
Toujours est-il que pour le moment, nous vous informons du décret interdisant de les nourrir et d’en sauver.
Cordialement,
Le comité de la gestion de la Terre »
Ceci écrit, si je pense que c’était un peu une connerie la façon dont l’a évoqué la lettre reçue, qu’il y aurait du contestable, des assertions relativisables contestables, que d’aucuns considèrent que des préjugés dans façon de présenter, dont le souci pour les maladies et qu’en tout cas pas de quoi les trucider, pas de quoi envisager une solution létale ; je comprends que délicat, souci, et représentatif de certaines difficultés de cohabiter avec des espèces liminaires.
Si ce n’est qu’il y a des solutions non létales, plus dignes, des thèses contredisant des préjugés sur risques sanitaires et en tout cas des études respectueuses sur du droit de vivre qui auraient été éprouvées. Cf. notamment ces liens :
« Les Pigeons Urbains : Nos Nouveaux Alliés Écologiques ? » : https://www.pandathlon.fr/ecologie/les-pigeons-urbains-nos-nouveaux-allies-ecologiques/
« Cohabiter avec les pigeons » : https://www.lpo.fr/decouvrir-la-nature/conseils-biodiversite/conseils-biodiversite/accueillir-la-faune-sauvage/cohabiter-avec-les-pigeons
Et le programme de la « Révolution écologique pour le Vivant », la partie « Cohabitation homme/animal » : https://revolutionecologiquepourlevivant.fr/blog/municipales-20-engagements-pour-2020
Voilou pour ce qui est de la réflexion étude pour de la « politique de la cause animale ».
Concernant la brève réflexion qui m’est venue en réécoutant des chansons de Michael Jackson, c’est notamment suite à l’écoute de « We Are the World » retrouvée écoutée en faisant une recherche pour « Heal the world ».
C’est une « chorale » qui m’a semblé exceptionnelle, « U.S.A. For Africa – We Are the World » : https://www.youtube.com/watch?v=9AjkUyX0rVw
Représentative de la potentialité des talents et du bien dont est capable de l’humanité, par le « cœur à l’ouvrage », l’empathie, l’altruisme, des « valeurs constructives », la capacité de transcender à se défaire dans une certaine mesure des mauvaises influences d’un système mortifère. Et c’est ce qui me semble transparaître dans nombre des créations de Michael Jackson, de « Heal the world » à « Earth Song » évoqué notamment au cours du message pour le 23 janvier de cette année https://www.cuisine-art-politique-et-compagnie.com/forums/r%C3%A9pondre/610/ . Et que donc de quoi y considérer un bon cœur qui avait à cœur un mieux être collectif, des intentions nobles, dignes. J’espère que l’humanité saura ne pas l’oublier et en tout cas prendre acte des messages constructifs et bonnes idées pour idéaux à mettre fin aux guerres, à mettre en place un système – autant que faire se peut végan anticapitaliste antispéciste, dans l’état d’esprit de la zoopolis – potentiellement pérenne qui en prendra acte pour elle et les autres espèces, avant qu’il ne soit trop tard dans cette « dimension incarnée ».
Au passage, à propos de souci d’influences par système, de système qui prendrait acte, je vous invite à écouter ou lire le nouvel épisode du podcast « Révolution Now ! » de Peter Joseph, le 60 : https://www.revolutionnow.live/episode-60/
Résumé de l’épisode : « Dans l’épisode 60, Peter Joseph poursuit son exploration d’Integral, module par module, en présentant le Système de conception en accès libre (OAD) – l’un des cinq sous-systèmes d’Integral et l’intelligence collective du réseau en matière d’ingénierie, d’architecture et de création.
L’OAD remplace la fonction R&D des entreprises privées par un espace commun de conception mondial, où chaque conception est ouverte, chaque amélioration profite à tous et les implications écologiques, de cycle de vie et de main-d’œuvre sont calculables en amont.
En parcourant les dix modules du pipeline OAD – de la soumission structurée à l’archivage mondial, en passant par le perfectionnement collaboratif, l’analyse des coefficients de matériaux et écologiques, la modélisation du cycle de vie et de la maintenabilité, la simulation de faisabilité, la décomposition du travail, l’intégration des systèmes, l’optimisation, la certification et le développement d’un espace commun mondial –, l’épisode montre également comment l’OAD génère l’intelligence de conception structurée dont COS et ITC ont besoin pour la coordination de la production hors marché et l’évaluation de l’accès. Enfin, il explique comment l’ensemble du pipeline fonctionne comme un organisme de conception auto-correcteur qui apprend des retours d’expérience des déploiements concrets. »
Et pour rappel, pour le côté pratique du véganisme, cf. notamment : https://vegan-pratique.fr
Et divers liens partagés au fil des semaines.
Et je termine le message de ce jour en vous partageant la nouvelle version de la deuxième partie du second chapitre « Au-delà de la brume » du roman « Les pages déchirées » :
Les pages déchirées – Histoire à suivre
Suite 1 du chapitre 2 – Au-delà de la brume
La Mondine bascule de telle sorte qu’elle est dos au vide. Un cercle noir composé de grêlons s’est formé autour. Le temps semble s’être suspendu, ou plutôt le corps de la créature au-dessus du vide. Elle profite de cet instant de répit pour ouvrir ses mains comme pour une obole. La masse argentée palpite et scintille vert, les globes oculaires au bout de filaments suivent le rythme des ondulations. Greendle se sent attiré, aspiré par les tréfonds, les abîmes contenus dans cet étrange regard. Il a l’impression de quitter son corps, que son âme s’engouffre par une brèche brumeuse diaphane et se perd dans celle de Corianthe. Dans la foulée impalpable, les lois de la gravitation ont de nouveau cours, le cercle des grêlons de jais montent, fusent et deviennent une sphère, un tapis d’obsidiennes qui épouse les contours de la bulle translucide de l’humain. Elle se contracte et…
– « Noon !!! », se prit à crier Greendle en se réveillant… au pied du lit, une dizaine de minutes avant que l’application réveil ne devait ouvrir les écoutilles musicales.
L’explorateur de rêves resta un instant comme sonné, allongé sur le flanc droit, sans draps pour le couvrir, en tenu d’Adam dans le jardin d’Eden. Un arrière goût amer sembla s’entêter à le troubler. Il ne sut si c’est parce qu’il n’avait pu agir dans son rêve et s’était trouvé spectateur d’un drame, si c’est parce qu’il était tombé et n’avait pas bien dormi ou si c’est parce que des désagréables pans de son passé avaient ressurgi des tréfonds des oubliettes de sa mémoire.
Le fraîchement réveillé se releva et se hâta d’ancrer avec le calame cristallin les bribes, tentant de garder le fil, puis de le retrouver jusqu’à ce qu’il ait le sentiment d’avoir réuni autant qu’il lui était possible – en l’état d’éveillé – l’écume de l’univers des esprits de cette nuit.
Ceci fait, notre jeune anglais poursuivit son rituel matinal.
Face à l’ordinateur, il savoura une lettre électronique de Personne. Quelques vers amicaux à son intention accompagnés d’une invitation à se rencontrer à une séance cinéma suivi d’un concert en hommage à leur défunte étoile chanteuse commune :
« … En parlant de concert, je me suis dis qu’on pourrait se retrouver pour voir le film documentaire « This Is It » suivi d’un concert en hommage à Michael Jackson ? J’ai réussi à avoir un billet pour ce qui aura lieu le jour « anniversaire » de sa montée au ciel, mais je puis le revendre et en acheter pour une autre date. Tu me feras visiter Londres ? Je pourrais peut-être ensuite venir quelques jours à Toulouse, si tout se passe bien ! Et je promets de faire l’effort de me véganiser !
Ton amie,
Personne »
Greendle lâcha un « Yes ! » de joie et se dodelina sur sa chaise. Trop timoré, bien qu’il la savait aussi fan du roi MJ alias Bambi, il n’avait pas jusqu’alors osé lui proposer cette possibilité, ni même tout simplement l’inviter. Il s’empressa de lui répondre que l’idée le faisait être en joie, qu’il se débrouillerait pour trouver un billet de concert le même jour pour être côte à côte, et qu’il lui concocterait un séjour londonien de rêve.
Imprégné de bonne humeur, il enleva la chemise bleue foncée qu’il avait mise avant de lire le message, vêtit une jaune canari à la place et mais son état de tête en l’air fit qu’il oublia sa veste lorsqu’il quitta les lieux d’un pas guilleret. La suite de la journée ne fut pas en reste de surprises, bonnes, mauvaises et juste… surprenantes.
Sur le chemin d’un reportage autour des artistes de rue, aux bords d’une berge du canal du midi, le photographe-reporter crut halluciner lorsqu’une grenouille s’étala sur sa chaussure de ville végane gauche…
– « Oh my god ! Qu’est-ce qui t’arrive ? C’est un français carniste qui te course, pour que tu ne fasses pas attention où tu bondis ? ou une princesse a croisé ta mire et mais tu joues les farouches timorés ? »
… Et encore plus lorsqu’il se prit à lui faire à peu près la même conversation que celle qu’il avait écrite la veille et qu’il eut l’impression de comprendre ses « coâ coâ! ».
En sortant de son état de délire spontané, il secoua la tête, se pinça, invita gentiment l’amphibien à aller voir ailleurs et remit un pied devant l’autre. Et accéléra le pas lorsqu’il entendit de nouveaux coassements. Pas par peur instinctive de l’animal qui aurait repris le dessus. Cette étrange scène aurait pu lui faire l’effet d’une gaudriole du destin, d’une synchronicité clin d’œil de la source de l’univers, ce qu’il se dira plus tard, si ce n’est le caractère légèrement effrayant du fait que perturbant à ses yeux de vivre une partie de ce qu’il avait imaginé. Greendle éprouva d’ailleurs le besoin d’en parler à un collègue ami, au dîner, dans une brasserie végane en face de la place du Capitole, sous les arcades en brique ocre.
– « Gri-gri, c’est une synchronicité de Jung. C’est un sujet très intéressant, mais ne te prends pas la tête dessus. Même si tu sais faire la part des choses, on peut voir des signes partout dès que la cervelle se met en mode… euh… corrélation, association… et surtout, je ne pense pas qu’il faille les interpréter ! »
– « Hmm… tu as raison. Mais dis-moi, Jolan, y a plusieurs types de syn… chronicité ? », demanda Greendle à son pair, l’air un peu ailleurs, le regard perdu dans sa salade végane composée entre autres de vraimage de cajou fermenté, flanqué de son smartphone à gauche, au bord de la table.
Jolan, un peu plus âgé que notre scribouillard, la barbe d’un baroudeur pendue au visage, s’était pris de sympathie au point qu’il jouait le rôle de « protecteur » avec celui qu’il aimait surnommer son « gri-gri vivant », et de temps en temps « véganisateur exporté » lorsqu’il voulait le charrier. Parfois un peu trop au goût du « gri-gri ».
– « Euh… non, enfin, pas à ma connaissance. J’ai parlé de synchronicité de Jung parce qu’il a développé toute une thèse dessus. Quoique, de ce que je me souviens, il lui est reproché d’être resté un peu flou. Et, euh, ah !, en y réfléchissant, cela me fait penser que j’avais entendu parler d’un concept controversé, comme nombre de thèses pourrait-on considérer, nommé Double Synchronicité, ou euh, peut-être plus Double Causalité ? Tu pourras en savoir plus sur le net ! », lui répondit l’ami Jolan sur un ton empli de bonhomie à son égard, les yeux vifs tournés vers une serveuse qui s’était approchée d’une table voisine occupée par un couple de personnes âgées.
Un léger sourire amusé se fendit sur les lèvres de l’Anglais. Il fit un signe de tête entendu, et tout en hésitant à expliquer qu’il avait récemment lu un bref article sur ce sujet mais n’avait pas encore approfondi, il posa les mains sur son smartphone… mais n’alla pas plus loin dans son élan. La télévision de l’établissement avait attiré son attention. Des images d’un volcan en éruption défilèrent, puis celles d’un village qui avait été dévasté par le déchaînement de dame nature et dont quelques bâtiments étaient en feu.
« Comme dans mon rêve… », se dit Greendle dont l’air était devenu grave.
– « Gri-gri ?! Tu devrais finir ta salade avant que les volcans du Massif Central ne se réveillent ! Sinon, ce n’est plus de la magie végane que tu vas manger mais… », commença à taquiner son comparse.
– « C’est juste une nouvelle… truc de Jung ! », coupa le rêvasseur éveillé, agacé, le regard lourd de reproches face à cette insoutenable légèreté par rapport à ce qui lui tenait à cœur et pendant que du drame rapporté.
Jolan fut décontenancé et se contenta de hausser les épaules pour toute réponse, avant de se tourner vers la serveuse et de lui demander l’addition, tout sourire.
Greendle, dont l’assiette n’était qu’à moitié entamée, n’y prêtait déjà plus attention, la tête levée pour voir la suite et fin du « reportage sensationnel » qui se clôtura sur la communication autour d’une jeune femme entourée de flammes qui avait été contrainte de sauter entre un plancher cramé. Là encore, le « véganisateur exporté » fit le parallèle avec son rêve, et sa bonne humeur fut achevée pour le reste de la journée, du moins jusqu’à la fin de soirée.
Un peu avant de se coucher, après la lecture d’un message laconique de Personne :
« Okii, super !
Bises,
@ + »
notre reporter retrouva un semblant de septième ciel grâce à celui-ci et, après la consultation d’autres, se stabilisa au dernier. Le rédacteur en chef du journal anglais pour lequel il était correspondant lui proposait de remplacer un journaliste sur la couverture de l’événement en hommage à mister Michael Jackson, dont il le savait grand amateur. Cela sous-entendait un billet gratuit. Il ne se fit pas prier et répondit immédiatement par la positive.
Ainsi, aussi souriant que s’il avait été invité à se rendre à une soirée végane présidée par la royauté d’Angleterre dont il aurait convaincu l’intérêt de se véganiser à appliquer en politique les idéaux végans anticapitalistes antispécistes, Greendle rejoignit la dimension de Morphée sur un petit nuage.
Un « I said i will come back ! » résonne dans la brume.
L’humain sursaute, puis se sent pétrifié. Des bruits de pas courant bruissent à leur tour, dans un souffle. Quand il retrouve l’étincelle pour se mouvoir, un diablotin prend forme devant lui, en lieu et place d’une zone de vapeur.
– « I said i will come back ! », déclare-t-il comme si victorieux, avec le ton et la manière, fourche à pleines mains tendue vers le haut.
À suivre.
Voilou pour aujourd’hui,
Merci de votre attention,
Bon courage,
Bonne journée,
Bonne fin de semaine.