#458
Pascal LamachèrePascal Lamachère
Maître des clés

    Bonjour,

    pour aujourd’hui, ce sera lecture de trois poèmes avec improvisation musicale en accompagnement, un peu beaucoup à l’arrache. J’aurais certainement mieux fait d’accompagner sans impro, de la sorte, on va dire que c’est pour faire mumuse.

    A ce propos, je pense entre autres à la thèse du « jeu comme outils de résistances pour contourner ou surmonter le cadre imposé ». Cela mériterait d’être explicité, d’y consacrer un « message ». Peut-être que je le ferai au cours d’un vendredi, si ce n’est que j’aurai rien à vous dire de plus que de ceux qui ont fait des conférences, exprimé de l’historique et des réflexions, tel qu’au cours des vidéos partagées sur :

    Conférence gesticulée : Capitalisme et Sport : jeu, set et match ! : https://www.cuisine-art-politique-et-compagnie.com/forums/sujet/conference-gesticulee-capitalisme-et-sport-jeu-set-et-match/

    Aussi, si vous voulez par avance comprendre, avoir de mon et de leur point de vue, si vous souhaitez être proactif(ve), à écouter notamment la vidéo titrée : « Le jeu comme outils de résistances pour contourner ou surmonter le cadre imposé ».

    Ceci écrit, avant de prendre la guitare puis le micro et de faire travailler ma voix, il y a récemment eu la mort d’un « opposant » au président russe qui a fait pas mal de vagues sur les réseaux, et diverses sortes de réactions m’ont de nouveau amené à me requestionner sur les partis pris, le lien entre les médias regardés et les considérations, les variations de points de vue. Aussi sur ce qui semble être en trame de fond de leurs préoccupations, ce qui fait réagir, et ne fait pas réagir, un certain nombre, pas que eux, comme eux.

    Et en fait, c’est surtout de constater une tendance sur des comptes « d’influenceurs(euses) », qui m’a amené à me requestionner à ce propos. Notamment des publications d’une auteure à succès connue pour certains engagements, de ses « marottes », et vertement conspuée par une communauté. Au passage, cela m’a aussi fait penser à des critiques qui pourraient être émises contre certaines stratégies militantes, par rapport au fait qu’on pourrait considérer que certains militants ont été contre-productifs vis à vis d’elle, s’en faisant comme une antagoniste pour le moment. Encore que, pour être juste, bien juger de l’efficacité, c’est à voir sur le long terme.

    Toujours est-il que cette auteure et d’autres « influenceurs(euses) » dont j’ai zyeuté les publications sur des réseaux sociaux, ont le courage de leurs opinions, de s’engager pour certaines causes, si ce n’est qu’ils semblent plus sensibles à la fin tragique d’un « opposant » au président russe qu’au peuple de Palestine, ainsi qu’à la cause animale, qu’à l’extinction de masse, qu’à ce qui provoque des écocides. Comme des féministes et autres -istes qui chercheraient à être « capitaliste compatible », ne remettant pas en question le paradigme « économique non économique », et semblent ne pas se préoccuper des soucis écologiques, des écocides, des effets du réchauffement climatique et de la cause systémique. Et je trouve donc de leur « communication » (et non communication) critiquable par ce prisme.

    Et que cela m’a mené à ce genre de réflexion : « Dites-moi quel média vous lisez et / ou regardez (et ce que vous partagez / retenez en tant que personnalité publique sur les réseaux), et je vous dirai ce que vous ignorez, que vous ne savez pas encore, ce que vous auriez à apprendre et à comprendre. »

    Cela peut paraître arrogant, mais d’un point de vue critique des médias et puis sociologique, il me semble qu’il y a de quoi faire ce genre de déduction, avoir ce genre de considération, de constat critique.

    Alors certes, on pourrait considérer qu’il est normal que chacun prêche pour la chapelle, le paradigme dans lequel il croit. Si ce n’est que si on prend du recul sur nos croyances (et c’est aussi valable pour les adeptes de la zététique qui prétendent exercer de la méthodologie), pour certaines, pour certains sujets, il y a l’importance de la « matière à penser », et quand on prend le temps d’approfondir se constate les bases solides de départ et / ou les carences, les préjugés, les intox, les biais, l’ignorance de faits ou de versions plausibles.

    Et si en matière de sujets non traités, divers camps pourraient se renvoyer le balle, que malheureusement il n’y a pas qu’en Palestine où des atrocités sont commises sur de la population (condoléances aux familles de victimes), sur des êtres vivants (voir entre autres divers conflits considérés peu traités ou mal traités par des médias, évoqués au cours de l’émission « Le monde vu d’en bas », émission d’analyse de l’actualité par le sociologue Saïd Bouamama : https://www.youtube.com/playlist?list=PLKRJPEdkidUou8Wd8_hhRa9u6vkGmUmp_ ),

    il n’en reste pas moins que je trouve que des « influenceurs(euses) » évoqués se trouvent une ou des causes à défendre en passant à côté du « cause à effets », ne militant pas pour une solution systémique, d’un point de vue plus ou moins holistique ; quand ce n’est pas faire le jeu d’une certaine propagande contestable ; quand ce n’est pas semblant ignorer des soucis qui concernent tous (y compris les animaux non humains) et donc semblant ignorer de la solution qui devrait être systémique, paradigmatique.

    Et que la façon dont certains évoquent la mort de Navalny tout en se souciant peu ou pas d’autres cas, des imbrications entre sujets qui devraient les faire s’en soucier et les évoquer aussi à un moment ou un autre, sans le faire, à en être – au moins en apparence – dans une certaine ignorance ou forme d’inconscience, reflète ce genre de souci, de problème, je pense.

    Un point de vue à ce propos : La mort de l’opposant russe Alexei Navalny : https://investigaction.net/la-mort-de-lopposant-russe-alexei-navalny/

    Extrait introduction : « La mort de l’opposant russe Alexei Navalny dans une prison de l’Arctique vendredi a été immédiatement incorporée à une vaste campagne de propagande anti-russe menée par le gouvernement Biden et ses alliés de l’OTAN, et par les médias qui leur sont associés. Sans autopsie, et encore moins d’analyse factuelle des circonstances de la mort de Navalny, la position unifiée des puissances de l’OTAN est: « Poutine a tué Navalny ». »

    Aussi, cela m’amène à la façon dont les opinions se forment, ce qu’on sait et ne sait pas, peut et ne peut pas savoir.

    Thèse : à brûle pourpoint d’une actualité, on pourrait considérer qu’il est normal de réagir à chaud, d’autant quand s’abreuve « d’infos instantanées ». Sauf que bien souvent, dans ce cas, l’inconscient collectif passe d’un drame à l’autre, et il y a alors beaucoup de préjugés, de mal-information. Et dès lors que se gobe des intox, que commence à y adhérer, on aurait tendance à se construire des barrières, des « logiques idéologiques » pour tenter d’invalider ce qui pourrait venir contredire nos croyances, ou de ne pas tenir compte de « nuances », avant tôt ou tard remise en question.

    La guerre en Ukraine et ce qui est arrivé à Alexeï Navalny (paix à son âme) me semble être un cas d’école. On peut déplorer la guerre et ce qui arrive à des « opposants » dans un pays, sans pour autant prendre parti pour certaines forces, un camp, et chercher à comprendre des mobiles, des motifs d’un pouvoir sans pour autant soutenir des gouvernements belligérants, sans pour autant faire dans le « pro » ou « anti ».

    Pour le signifier autrement : qui parmi les « influenceurs » qui ont évoqué le cas de Navalny en relayant des articles d’un média de masse, a pris du temps pour investiguer et se poser des questions du genre : « Pourquoi est-ce que je relaye cette information et pas une autre ? » ; « Que sais-je vraiment de ce qui s’est passé ? » ; « Quels sont les divers points de vue existants sur ce sujet ? » ; « Les arguments sont-ils fiables ? » ; « Quelle propagande je sers par ma communication ? ».

    En général, j’aime bien les exercices de l’esprit, réfléchir à diverses théories, contradictions, à en faire un jeu d’esprit, de l’esprit. Par pour prétendre, pas pour signifier que j’ai la prétention d’avoir atteint un niveau 100 % objectif dans mes considérations, dans mes convictions. C’est peut-être mission impossible d’échapper à toute composante arbitraire. Encore que, à voir au cas par cas.

    En tout cas, je pense important d’exercer son esprit critique, de réfléchir à ce qui nous fait défendre ou pas telle ou telle cause, et de ne pas s’abreuver d’un seul média.

    A ce propos, dans mon entourage, il y a des gens que je qualifierais d’intelligents, ayant diverses formes d’intelligence, dont l’intelligence pratique, du concret. Mais quand je réfléchis à ce qui a été mes préjugés et des leurs, je me redis que la matière à penser est importante, et que même en sachant faire la part des choses, en gardant son « libre arbitre », du recul, de sa réserve, de son quant-à-soi, les informations dont on s’abreuve façonnent un prisme sur les événements, l’histoire du monde, les problèmes et potentielles solutions, et que tout le monde n’ayant pas le temps d’approfondir certains dossiers / sujets, que pour certains sujets il est contenté d’une version superficielle en ignorant de possibles contradictions, ou nuances, du fait du fonctionnement de certains médias critiqués par ACRIMED (lire entre autres : Démocratiser les grands médias : https://www.acrimed.org/Democratiser-les-grands-medias ), il en résulterait des partis pris pouvant être « inconscients » / pas tellement « en connaissance de cause » sur le plan politique.

    Bref, je pense important d’exercer son esprit critique, ou tout du moins de réfléchir, se poser des questions, et aussi s’informer au mieux, sachant qu’avoir du recul sur les informations diffusées par un média de masse (et même alternatif) ne suffit pas forcément pour bien comprendre certains cas traités.

    Cela peut paraître purement ou trop théorique expliqué de la sorte, mais je me suis déjà exprimé sur des sujets concernés par la discutabilité du traitement par de nombreux médias (pour évoquer le souci pour la Palestine, le sort des Palestiniens ; l’intérêt de la philosophie végane, antispéciste, anticapitaliste ; par rapport au réchauffement climatique contre les climato-sceptiques ; le souci et idées systémiques, de paradigme), et vous avez plus haut une thèse d’exemple concret avec l’article – évoquant la façon dont d’aucuns ont réagi à la mort de Alexeï Navalny – et des vidéos publiées sur Investig’Action, et voilou.

    Ceci écrit, cette histoire de savoir ou / et ne pas savoir ; de réfléchir à ce qui fait que les gens militent et ne militent pas pour telle ou telle cause ; de s’exercer à analyser ce qui participe des considérations, à ce qui validerait ou invaliderait telle ou telle considération ; les infos-rouages pouvant manquer ou compléter, à composer de nouveaux prismes / un nouveau prisme sur le monde ; à en faire un « jeu de l’esprit » ; me fait repenser au concept de « l’ignorance éclairée ». Dont une thèse, un épisode du Podcast de Peter Joseph où il l’explicite, explique de son importance dans la quête du savoir, de la compréhension de la « réalité ».

    Si vous n’aviez pas encore pris le temps de l’écouter ou de le lire, revoilou le lien, avec le passage où je l’évoquais :

    « Un épisode du podcast « Révolution Maintenant ! » de Peter Joseph qui évoque le fait qu’avoir tort devrait être « célébré », qu’on ne devrait pas se sentir déprécié du fait d’avoir dit ou écrit des faussetés (tel que je le comprends, au sens de prise de conscience, de l’acceptation à en témoigner, de la difficulté de le faire, de la lutte contre la tendance à la mauvaise foi pour se donner raison dans une discussion en s’arrangeant parfois avec les « faits » et leur interprétation), et le rôle de « l’ignorance informée » en science, des degrés d’ignorance :

    Traduction française de la transcription de l’épisode 36 du podcast « Revolution now ! » de Peter Joseph (la traduction de la transcription se trouve après la vidéo, si ce n’est que à savoir que la traduction automatique de google ne traduit pas complètement certains passages, pour une traduction complète, traduire à partir de la page d’origine, chapitres par chapitres) : https://www-revolutionnow-live.translate.goog/episodes/episode34-staycationing-9jlk7-kbr23-98fgl-fngdf-jn9pp-zsp5y-mzpbc-8yztc?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=wapp

    L’article d’origine : https://www.revolutionnow.live/episodes/episode34-staycationing-9jlk7-kbr23-98fgl-fngdf-jn9pp-zsp5y-mzpbc-8yztc »

    Et enfin, au passage, je n’ai pas encore pris le temps de re-lire en entier cet autre article, je n’ai lu pour le moment qu’environ le premier tiers, mais je trouve très intéressant la réflexion et puis c’est à propos de ce qui façonne nos points de vue, les croyances, considérations, convictions : Notre réalité post-vérité (Croyances non fondées sur des preuves, culture du complot et limites du débat) : https://peterjoseph-substack-com.translate.goog/p/our-post-truth-reality?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=wapp

    L’article d’origine : https://peterjoseph.substack.com/p/our-post-truth-reality

    Maintenant que c’est exprimé, comme promis, lecture de trois poèmes (de ceux écrits au fil des vendredis : « Prières pour la paix » ; « Réflexions cathartiques » ; « Ère – d’instants – critiques ») avec improvisation musicale en accompagnement : https://www.youtube.com/watch?v=xVk87zJWeUM&list=PLWG3MhJ7E0kiAZOzNc9-0czU5hIvYrM6_&index=1&pp=gAQBiAQB

    Bonne journée, à la semaine prochaine !