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Pascal LamachèrePascal Lamachère
Maître des clés

    J’ai récemment écouté un entretien où un auteur de « best-seller » philosophait avec ses connaissances scientifiques sur des mystères de l’univers et à un moment donné il a évoqué avec le présentateur le souci du dérèglement climatique. Certains propos m’ont fait « bondir », l’échange m’a semblé symptomatique du mauvais traitement de l’information liée au dérèglement climatique et d’une certaine ignorance du cause à effets. Une partie à cause du présentateur, de l’intervieweur, et l’autre à cause de l’auteur. Assez cocasse sachant qu’ils ont évoqué le film « Déni cosmique » qui met en scène le problème du mauvais traitement médiatique.

    Bref, le réchauffement climatique, le Capitalocène plus exactement, est un sujet à la fois simple et complexe.

    Simple, d’autant de nos jours avec le lien en général compris entre des faits, l’activité humaine, et les effets, le dérèglement climatique, le dérèglement du système Terre.

    Complexe, car s’ajoute des phénomènes de rétroactions, des sortes de synergie destructrices, et il peut y avoir parfois des mauvaises interprétations, pour ne pas dire de la désinformation de climato-sceptiques financés ou ayant gobé la première version intox venue.

    Et puis surtout, de ce que j’ai compris, que cela ne se résume pas à telle ou telle activité qui serait la plus polluante et qu’il suffirait d’arrêter ou d’en changer la source d’énergie, d’apporter des solutions « techniques », même si pour diminuer de la pollution, des « actions », des changements peuvent grandement participer à limiter de l’impact, telle que végétalisation de l’alimentation :

    Animaux, environnement, santé, humains : 4 bonnes raisons de faire le choix vegan ! : https://vegan-pratique.fr/pourquoi/devenir-vegan/

    il faudrait pouvoir faire en sorte que cela soit collectif, planétaire, et cela ne suffit pas, le problème est un tout, avec lien systémique, de fonctionnement politique, économique, où les efforts individuels jouent leur rôle mais un souci dans le cause à effets est un mode de fonctionnement global de la civilisation humaine non adaptée aux problèmes environnementaux et la « solution » serait un mode fonctionnement, un système qui serait adapté, avec éthique, « justice sociale » liée. Impression que j’en ai, j’en suis arrivé à cette conclusion.

    Toutefois, un souci étant qu’il a été si tardé à agir en conséquences, du fait des rétroactions et qu’il s’agit pas de juste appuyer sur un bouton, qu’il faudrait d’après certains pas mal de temps pour qu’il y ait des résultats conséquents, qu’il y aura quand même des drames, des effets dévastateurs. A ce péril qui devrait suffire à motiver une révolution paradigmatique, s’ajoute le fait que malgré les alertes des scientifiques, les politiques continuent leurs « bêtises », collectivement nous ne sommes pas à la hauteur, il est continué de renforcer l’impact humain et non pas en mode « Ok, l’environnement est mal en point, et cela risque d’empirer, c’est acté, nous avons compris qu’il faudrait que nous changions nos mauvaises habitudes et le mode de fonctionnement économique par rapport aux enjeux écologiques et éthiques, ne pas rajouter du mal ».

    Jusqu’à quand ?

    • A propos des réformes « économiques » (chômage, santé, retraite), pour les revendications sociales, comprendre le cœur de bataille de l’âge retraites et le chiffon rouge autour du sort de l’âge des retraites : https://youtube.com/watch?v=dd8s5OUHCc8
    • Conférence « Une société viable » (a viable society) : https://www.youtube.com/watch?v=8RSZMVxfv38
      A partir d’environ 23 minute il évoque des pistes pour amorcer de la transition, avant il synthétise des arguments critiques contre ce qui est appelé « l’économie de marché ».
      La conférence est en anglais mais elle peut être traduite avec l’option de traduction automatique de youtube (activer sous-titres, cliquer sur l’engrenage, puis sur “Traduire automatiquement” et puis sur “Français”).

    Vous pouvez aussi traduire la transcription complète qui a été publiée sur : https://peter-joseph.medium.com/a-viable-society-full-transcript-ac12c123fa53

    • “Presque toutes les conversations que nous avons en 2019 sur le changement climatique se tenait en 1979. Cela inclut non seulement les prédictions sur les degrés de réchauffement, l’élévation du niveau de la mer et les conflits géopolitiques, mais aussi les spéculations sur la technologie de géo-ingénierie, les appels à aider les pays en développement à surmonter la famine et la maladie sans s’appuyer, comme nous l’avons fait, sur des augmentations massives de la consommation de charbon et sur des analyses coûts-avantages qui semblent toujours favoriser l’inaction. Il y a quarante ans, les politologues, économistes, théoriciens sociaux et philosophes qui étudiaient la menace lente du changement climatique a généralement convenu qu’on ne pouvait pas compter sur nous pour nous sauver.”

    Citation tirée du livre ‘Losing Earth: A Recent History‘ (page 200) de Nathaniel Rich.

    Trouvée sur : https://twitter.com/EliotJacobson/status/1650835729545834496